18 mai 2009
Ronde de nuit
Danse avec moi !
Brûlons nos corps de sulfureux accords.
Valsons comme les mots que l’on s’échange
Puis laissons les flammes verticales d’un langoureux tango nous embraser…
Ici, ma nuit n’a pas de feu.
Parfois l’attente s’épuise à raviver les sons ou les couleurs.
L’arythmie affolée de nos cœurs me manque, je ne sens que ce métronome lapidaire qui dépose et impose la veille.
J’emprunte tes mots, je les noie de vapeurs de souvenirs. Je les colore des pigments d’or et de bleu volés à ton corps.
J’empreinte ma peau d’une écriture à l’encre fantasque, évitant les ombres caverneuses trop vite jouissives, dessinant les trajets brûlants de notes lascives.
Je suis ta partition désormais vierge, tremblante du désir d’être marquée, jouée, exaltée dans le lyrisme d’une nouvelle symphonie.
J’ai froid.
Je me souviens d’une danse volée à nos fantaisies.
La musique déborde de mes hanches à mes bras, lancinante, harmonie liquide, flamme intérieure.
Je me glisse, serpente et me love vers la douce chaleur que tu m’offres au refuge désiré.
Contre-courant, contre-jour, contre et parti…
A rebours de l’absence, ce sont nos corps enchâssés, ondulant éternellement, qui exulteront.
Je cueillerai du bout de la langue les perles de la jouissance, celles qui chuchotent au sommeil, celles qui lui prodiguent les sourires de l’abandon au Nous.
Cara Mia
17 février 2009
Fille de joies
« Pourquoi aime-t-on ? Est-ce bizarre de ne plus voir dans le monde qu’un être, de n’avoir plus dans l’esprit qu’une pensée, dans le cœur qu’un désir et dans la bouche qu’un nom… » (Maupassant)
Elle cherchait à se fabriquer un visage parfait, séduisant, attirant.
C’était à grands renforts de brosse chauffée qu’elle lissait sa longue chevelure, avec application qu’elle traçait le sillon noir au ras de ses paupières rehaussées d’une poudre légère et dorée.
Des « ailes au coin des yeux », luisants comme des escarboucles, un grain de beauté au coin de l’un, comme une étoile sombre, couleurs de feu des sous-vêtements qu’elle avait choisis pour l’occasion, éclat vermeil de ses lèvres impatientes.
Et au milieu de cette âme ardente éclataient seulement ses yeux brûlants de ce désir qui l’avait toujours animé, qu’elle ne pouvait maquiller, qui engloutissait l’ombre comme le rayon vert précédant la nuit.
Une vamp, parlons-en ! Tout au plus une starlette qui aime jouer à l’amante religieuse… une fois oubliées les parures de nuit, elle ne rencontre au miroir qu’un sourire de rasoir.
Et lorsque le champagne s’évapore dans le temps feutré de sa solitude, seul le bourdonnement de la télévision lui cogne encore à la tête… ça, et son prénom, inlassablement.
Elle ne serait jamais sur les photos… du moins pas celles de son album de famille. Peut-être sur des clichés volés, parmi ses potes, ceux de la nuit.
Elle ne serait jamais sur des cartes postales, celles qu’elle brûle d’envoyer. Son nom déguisé, son prénom seul, sur des notes d’hôtel, celles qu’il vaut mieux brûler ou confier à des corbeilles, sur des aires d’autoroute…
Elle ne pourrait jamais lui offrir de bijou, s’enchaîner à son cou ou sertir son doigt, comme elle le rêvait à l’âge où elle jouait à faire des gâteaux de Peau d’Âne.
Elle se glissait encore contre lui, image persistante dont elle se délecte. Son corps ophidien frôlant le sien, aimanté, recréant le cocon éthéré d’une union qui jouait à l’éternité, jetant la pierre de la marelle jusqu’au ciel, à chaque fois. Elle sentait les battements de son propre cœur, obstinés, répercutés par sa poitrine à lui, puissante, impénétrable… la chambre sentait bon la fleur d’oranger, ouverte qu’elle était sur la grande salle de bains, et la chaleur suave des radiateurs les enveloppait de traces de caresses encore palpables.
Il avait eu soif d’elle, dès le début. Et elle s’était liquéfiée, offerte comme un breuvage exquis et délicieux, comme une unique fois, comme les autres fois… comment savoir que ça durerait ? Elle lui avait tout donné parce qu’il y avait urgence à vivre, à jouir, à être heureux, tout simplement. Et puis il était revenu. Elle était revenue.
Hier encore, elle l’avait suivi patiemment le long de cette route sinueuse, le long des trottoirs, à cinq pas en arrière, discrètement, volant plus que marchant jusqu’à son bureau, repaire improvisé de plaisirs rapides.
Collision sauvage. Après avoir tant donné, elle prend aussi… un peu.
Ils se connaissent par corps. Son cœur à elle détale vers l’heure qui suit. Ils vont jouer.
Comme elle a déjà joué à être sa femme, elle joue aujourd’hui à être sa collaboratrice.
Dans ce joli petit restaurant, ils déjeunent du bout des lèvres, des lèvres qui se retiennent de rire, qui mélangent le « tu » et le « vous », qui se taisent sous des yeux qui se dévorent.
Plus tard, l’hôtel, une sieste d’après-midi, comme s’en offrent les amants…
Des moments de paresse tendre entre les draps blancs chiffonnés, comme s’en offrent les amoureux… des instants de grâce. Les seuls.
Et après…
La nuit leur appartient.
Enfin, au moins jusqu’à trois heures du matin !
Elle avait osé désirer vivre d’autres moments, des sorties publiques, des matchs, des dîners… Il les lui avait offerts petit à petit comme un don émouvant, un simulacre de bonheur. La promesse mort-née d’une vie à deux.
Peut-être était-ce aussi un jeu dangereux… parce que chaque départ était un vrai, aussi douloureux que l’ultime. Parce que les rires, la complicité et même les jalousies ne faisaient que les rapprocher davantage.
Et puis demain… elle retrouverait le glas du départ, le silence d’un téléphone qu’elle préfèrerait couper, comme à chaque fois.
Et un jour ou une nuit, elle lui rendrait tout. Elle se rendrait.
Solde de tout compte.
Chacun sa place.
Mais demain, ça peut être encore loin !
Alors fermer les yeux, sourire, aimer, gémir, hurler, jouir, se faire une seconde peau de caresses…
La porte qui claque, ses pas qui s’estompent, étouffés par la moquette du long couloir.
Au creux de son ventre, le plaisir ne se dilue pas, lui. C’est une épine qu’elle s’est enfoncée elle-même, lui semble-t-il.
La fille de ses joies, peau arrachée, première, seconde ? Pauvre sourire,
Perdue dans ce lit soudain trop grand, elle sait pourquoi elle dort seule.
Elle se souvient…
Elle n’a pas été celle qu’on étreint au petit jour… ou si peu.
Celle qu’on regarde dormir.
Celle qui peut tout partager, bon ou mauvais.
Elle n’aura pas été une fille de joie non plus… il aura été le seul.
Elle effleure distraitement l’étoffe sombre de la robe jetée au sol, le cadeau qu’il vient de lui faire. Elle n’en a pas reçu beaucoup de lui, mais à chaque fois, elle a senti qu’il n’aurait pas fait cela pour n’importe qui.
Non, elle n’aura pas été n’importe qui.
La fille de ses joies.
Pour le moins…
Cara Mia
03 octobre 2008
Chut !
"C'est un jeu de liens..." m'as-tu soufflé !
Et avec mes mains, je parle ta langue, toutes les langues.
Je peux mener la danse.
Alors cette nuit, tu me voulais soumise... Oh ! le gros mot !
Sourire...
Je t'ai offert des images, longtemps.
Et ce que je ne pouvais faire, tu l'as lu dans mes yeux...
Cara Mia
08 septembre 2008
Parce que...
J’ai vécu dans un antre de maux, où la musique ne vibrait qu'au sol...
Papillon apparemment volage, pourtant épinglé,
Sur un tableau de mots chamarrés,
En vapeurs de désirs et d'amour mêlés,
En promesses d'harmonie, une danse en haut vol,
Emmène-moi danser
Dans les dessous
Des villes en folie
Puisqu'il y a dans ces endroits
Autant de songes
Que quand on dort
Mais on n'dort pas
Alors autant se tordre
Ici et là
Et se rejoindre en bas
Puisqu'on se lasse de tout
Pourquoi nous entrelaçons-nous ?
Parce que chaque espoir crée des écueils
Tant de voyages à double-tranchant, vertiges et deuils
Sur les doigts de l’amant, restent si jolies
De fines poussières d’ailes meurtries...
Parce qu’il palpite encore ce fragment d’éternité
Même au cœur des écorchés
Serre-moi encore
Étouffe-moi si tu peux
Toi qui sais où
Après une subtile esquisse
On a enfoncé les vis...
Doux leurres des tendresses rêvées
Douleurs des caresses solitaires
Douce heure des mots échangés
Douceur des gestes éphémères
Oh mais non rien de grave
Y a nos hématomes crochus qui nous sauvent
Et tous nos points communs
Dans les dents
Nos lambeaux de peau
Qu'on retrouve ça et là
Dans tous les coins
Parce que…
Je ne cesse pas de trembler
C'est comme ça que tu me reconnais.
Cara Mia
Et quelques mots d'un Noir Désir...
04 août 2008
Stand-Bye
Un cri décrit...
A quoi ça sert ?
Juste à lui rendre un peu de mon chagrin, à vous soulever un coin du voile sur ma peine, un peu des raisons qui me font m’effacer.
Une soirée d’été, une nuit qui devait durer toute la nuit.
Un cri silencieux, quelques mots affutés, un silence béant.
La foule, le moteur de ce bus qui ronfle, qui emporte nos sons avant d’emporter la dernière image que j’aurais de toi. Je sais que c’est la dernière cette fois.
Peut-être le sais-tu aussi.
C’est pour ça que tu me l’arraches si vite d’ailleurs.
Ton sourire face à mon désarroi, mes larmes de désespoir et de colère mêlées… ton sourire est une injure, une injure cruelle.
A cet instant précis, je te hais.
Je me hais surtout…
Je me hais d’avoir aimé, pardonné, espéré, d’être venue sans la moindre confiance alors qu’elle est indispensable. Je l’ai perdue par trois fois, c’est limite biblique, ça en deviendrait presque drôle.
Et cette nuit, je me ferai mal, seule, encore… je m’étourdirai de foule et d’idées noires… je chercherai, je guetterai, ce sera facile, je suis chez toi, tu ne me verras pas… j’aurai le temps, je suis un oiseau de nuit. Non, plus d’image d’oiseau bleu ou d’oie blanche ! Je serai le vautour, le charognard de ce qui reste de nous… ça a tant nourri ma plume !
Mais je t’aime.
Mais je me hais.
Comment pourrait-il en être autrement ?
J’ai attendu, tant attendu mais en vain, des mots, des gestes qui auraient dû naître naturellement, comme avant.
Des mots, des gestes, des tendresses que tu as eus.
Des mots, des gestes, des initiatives que tu as oubliés.
Ou choisi d’oublier ce soir. Hier soir.
Je ne serais jamais importante, tu n’auras jamais besoin de moi.
Comme lui, le premier qui m’a abandonnée, délaissée, tant de fois…
Celui qui m’a donné la vie.
Face à toi, face à moi, la vitre de l’engin vrombit aussi, froide, infranchissable, elle me détache de nous comme au scalpel. Tu as choisi de me laisser comme ça, sur le pavé, comme une putain à son bitume. Elle a triste mine la putain, plus rien de somptueux. Les yeux hagards de doutes et d’incompréhension, fixés sur un geste fantôme, celui que tu lui voles. Les lèvres pincées, mordues jusqu’au sang, fixées sur le baiser manquant, figées sur ces maudits mots non-dits. Tu sais que tu ne me reverras pas puisque je pars le lendemain.
Comme lui.
Il partait vers ses plaisirs, ses priorités, chaque soir, chaque nuit, sans se retourner. Ma mère pleurait. Moi, j’avais peur qu’il ne rentre pas, jamais, que la nuit l’efface, nous le vole à jamais.
Je me haïssais de n’être pas assez ceci… trop cela… je ne sais quoi… de ne pas savoir le retenir tout simplement. Insignifiante, indigne d’être aimée.
Ça a toujours été comme ça. Ça sera toujours comme ça.
Suis-je donc si effrayante ?
Je n’ai plus que des pourquoi…
Je m’insurge de pas grand-chose ??? Non, je ne crois pas. Parfois, il ne manque qu’une goutte d’eau… et ce fut ma dernière larme, celle de trop, celle qui n’aurait jamais dû monter au terme de ce tourbillon de joie. Un goût amer, trop indigeste pour moi.
J’exagère sans doute. Car c’est tout moi, j’exagère toujours. N’est-ce pas ?
Je m'accroche à mes démons griffus et je cherche cet ange sombre que j'avais aperçu comme un faisceau salvateur sous tes paupières mi-closes. Je te voyais comme ma lumière.
J’y croyais…
Bien que tout le monde m’ait mise en garde, bien qu’on ait rit de ma naïveté, de ma passion… je parlais d’amour, d’idéalisme.
Mais je ne crache pas dessus, c’était vrai, c’était fort. Je rêvais, tu m’accompagnais…
Et puis, ça a sonné faux pendant quelques jours, quelques heures…
Et j’ai l’oreille musicale, ou l’œil pour ça… Parlons peut-être de « deuxième vue. »
J’ai longtemps cherché mon sourire ce soir pour le fixer en images, pour être celle d’avant.
Mais le miroir m’a effrayée au terme de mon périple.
J’avais passé la journée à mettre de la distance entre nous au prix d’efforts surhumains pour rester éveillée.
Je me suis effrayée.
La boule dans la gorge, les pleurs qui ne viendraient qu’avec l’autoroute, au petit jour.
Au matin d’une nuit sans sommeil.
Le parking désert.
Je pars.
Bonne route.
Je plaque les vitres de mes lunettes noires pour que mon fils ne voie pas que mon été est pluvieux, que le soleil déjà timide a définitivement déserté mon cœur.
Ce regard terrorisé, déçu, terriblement blessé ne m’a pas quitté.
Je le hais aussi.
Je croyais l’avoir jeté aux oubliettes pour toi, grâce à toi… Et je le reçois en pleine gueule ! Ce masque pitoyable. L’amour me donnait des ailes, je ne craignais plus les flashes, tu voulais que je sourie sous l’œil des photographes et j’aimais ça.
L’indifférence, c’est pire que tout. Je suis défigurée.
Je les feuillette encore ces instantanés, les photos de mes sourires pour toi, celles que j’ai retirées peu à peu de nos pages secrètes. Je ne peux plus rien faire d’autre. J’aimais être celle-là.
Après tout, Cara Mia, c’était aussi moi, elle n’est peut-être pas tout à fait morte. C’est un souvenir dans un album, comme ceux que tu fabriquais pour moi, voilà tout. Il reste ça, c’est dérisoire.
Suis-je effrayante ?
Ou juste pathétique ?
Souviens-toi donc de moi allongée et offerte sous les premiers rayons du printemps, lyres mélodieuses des anges, tu dressais déjà une ombre sur mon corps impatient...
Non, il n’y a que moi que j’effraie en fait.
Pathétique, c’est pour les autres.
Pour toi, pour vous tous.
Humaine ?
Si c’est souffrir alors oui, je suis humaine, je vomis ma souffrance maladroitement, sans construction ni littérature désormais.
« Il va falloir vivre avec… »
La seule petite phrase qui me mange le cerveau de sa voix d’insecte. Et cette idée…
« M’as-tu seulement aimée ? »
Je ne sais pas ce qu’il adviendra de moi, de tout ça…
Je ne connais plus le chemin.
Alors pardonnez-moi.
Je ne dirai plus rien, je ne sais combien de temps, je ne veux pas défigurer aussi cet endroit que j’ai aimé, le rendre aussi triste qu’un caveau. Je ne veux pas vous imposer mes états d’âme, c’est la première et la dernière fois.
Mais je vous en prie, je ne veux pas entendre que la vie est belle, qu’il faut avancer, que je suis quelqu’un de bien, je n’y crois pas et ça rajouterait de la colère à mon chagrin et à mon dégoût de moi.
Je me rends à l’ombre d’où on m’avait extirpée, tout doucement.
Je suppose que là est ma place.
Je n’ai jamais su aimer sans feu et sans larmes.
Lourd, le cœur est lourd
Toutes ces alarmes à l'amour
ça larsen
Il faut qu'on reprenne forme humaine
…
Regarde où ça nous mène
…
Sourd, on reste sourd
Il suffit qu'un peu d'amour
Nous revienne
Pour qu'on reprenne forme humaine
…
Je voudrais entendre un jour :
...
Je te jure que l'amour
En vaut la peine
Cara Mia
2 août 2008
Ajout du 6 août 2008 :
Comme les mauvaises choses vont souvent par paire, j'ai appris que j'avais été plagiée, non seulement sur deux de mes textes mais cette personne ignoble a même volé une de mes photos.
Malgré mes demandes, le modérateur comme le bloggeur font la sourde oreille, ignorent et suppriment mes commentaires, à croire que les conséquences de la loi sur la propriété intellectuelle et le droit à l'image n'effraient plus personne.
Mais voici les liens des deux blogs de cet homme, je vous invite à constater son immonde culot :
http://www.orangeblog.fr/web/jsp/blog.jsp?articleID=16964248&blogID=60862&pos=0&cpi=5
http://www.orangeblog.fr/web/jsp/blog.jsp?articleID=16964462&blogID=66769&pos=0&cpi=2
02 avril 2008
Murmures
A ceux qui me demandent où je suis...
Pour l'instant, je suis moins ici que là...
Et demain, on verra bien.
Je sourirai peut-être.
18 mars 2008
Veiller tard

Tant de choses à taire... plus de mots.
Je les emprunte :
Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève
La plainte douloureuse d'un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde disparu l'on est face à soi
Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent
Le noir où s'engloutissent notre foi nos lois
Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies
Ces visages oubliés qui reviennent à la charge
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces paroles enfermées que l'on n'a pas su dire
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris
Ces appels évidents ces lueurs tardives
Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit
Ces solitudes dignes au milieu des silences
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés
Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Jean-Jacques Goldman
16 janvier 2008
Le miroir et la poupée
"Ne couvrez pas de voiles sinistres tout ce qui brille. Scrutez le miroir pour découvrir le fantôme qui s'y cache." (Anne Rice. Le Violon.)
« Miroir, ô mon miroir, suis-je toujours la plus belle ? » (rire cynique...)
Me pavanant devant la face froide et vierge d’une longue psyché, j’y cherchais mon présent mais c’est le passé que j’entrevis par les fenêtres mouillées de mes yeux
Echappée saine et sauve de ce monde qui glisse lentement vers demain,
Dans un songe, sanctuaire figé en dehors du temps,
Une enfant, aux prunelles brillantes, songeuses, boudeuses,
Reflet de son père, cherchant ce père.
Bâton de misère d’une mère-enfant qui refaisait le chemin à l’envers.
J’y cherchais alors la malaimée, l’enfant repoussée, grandie trop vite par l’absence et la culpabilité.
Disparue. Reléguée dans un angle mort.
Derrière un reflet mouvant, j’aperçus enfin la bête, la jeune fille animale, changeante, si pâle et trop maquillée. Vénéneuse fleur aux sombres pétales qui croyait cacher son cœur dans une prison de rêves maudits, de jouissances vaines et d’apparences trompeuses.
La poupée, je la revoyais alors avec colère et désespoir… poupée cassée, maintenue, saccagée, bâillonnée, livrée aux assauts du sourd monstre qui hante encore les cauchemars de ses quinze ans.
Encore floue, à travers le vaporeux fluide de larmes naissantes, j’entrevis la future mère modèle. Cristallisée dans un monde où tout désir d’écart est coupable. Transformation.
Ma volonté s’est heurtée au métal froid des convenances.
Toujours une poupée… mais corps exsangue et cœur en carence, une chose glacée et futile, instrument mécanique enserrant mes chairs et mon âme.
Que suis-je devenue ?
En ce tête-à-tête ténébreux et limpide avec mon reflet, je voudrais revenir vers Moi.
Purifiant tout ce que je suis aujourd’hui. Purifiant la plaie qui m’empêche d’aimer…
La Trahison !
Pourrais-je avoir encore la Beauté de la Bête ?
Pourrais-je émouvoir sans briser malgré moi un être éperdu dans mon décor intime ?
Pourrais-je encore supporter ce doigt sur ma bouche qui intime le silence à des cris sans voix ?
Diaprée de lumière lunaire, je crûs soudain vieillir de cent ans, et c’est en me raccrochant à ces yeux familiers sans visage que je ne sombrais pas dans le vertige éternel, celui de la Peur ancestrale de notre finitude. Je n'étais que le jouet du temps et du mensonge.
Fermant, puis rouvrant mes paupières fatiguées, je détachais mon regard de lui-même et le laissait reconstruire le monde autour de nous. Tout était à sa place. Mais quelque chose avait changé pourtant : je connaissais la Vérité…
Je me contemplais à nouveau, moi, seules, dans ce miroir.
J'ai mal...
Les plaies d'aujourd'hui viennent jeter du sel sur celles d'hier et les larmes sont le sang de notre terre. Laisser passer cette pluie, je sais... Merci à vous.
Cara Mia
14 décembre 2007
Pause-moi

"D'être hanté par mes vieilles obsessions, cela me rassure.
Mieux vaut un cauchemar apprivoisé que la blessure à vif d'un souvenir récent."
(Daniel Sernine)
J'ai besoin d'une pause... la nuit m'a rattrapée.
Désolée...
Et pour ceux qui sont venus déposer leur clarté, merci d'être là...
Cara Mia
== Publicité ==








