Bain de Mes Nuits

Cara Mia vous invite à découvrir la douce chaleur du Bain de ses Nuits et parfois les souvenirs de ses jours à travers ses textes, poèmes et photos érotiques soft.

28 avril 2008

La Belle s'est réveillée

belle_au_bois


Les frous-frous prénuptiaux et les rêves de contes de fées vous émeuvent-ils encore ?
Avez-vous un conte de prédilection ?

J‘ai pris un livre de contes de Perrault et j’ai lu :
« Il était une fois un roi et une reine qui n’avaient pas d’enfant et qui en étaient fort désolés… »
Inquiète pour la présumée stérilité de ce couple, qui sans nul doute en ces temps reculés serait attribuée à la reine, j’imaginai les pires tourments s’abattre sur cette pauvre femme et me décidai à lire toute l’histoire par solidarité.

Passons sur la naissance miraculeuse (ouf ! pas de petit pois, pas de pomme empoisonnée, pas de panier avec galettes et beurre, pas non plus de construction périlleuse qui se termine en festin de jambonneau bien gras… moi qui suis sensible aux descriptions festives, je n’avais pas encore mal au cœur.)
Evidemment, la plus belle jeune fille du monde grandit et nous est présentée avec force détails comme si elle avait inventé la perfection physique, agaçante au plus haut point car elle aura non seulement conditionné les garçons au fantasme de l’Inaccessible mais aussi complexé les filles à vie.
Elle n’a pourtant pas inventé l’eau tiède et même si elle n’est pas sans savoir que les hommes ont découvert le feu, elle n’est pas encore capable de jouer avec !
C’est donc un ange de candeur et d'innocence, forcément aimable car silencieuse. *
Quand va-t-elle enfin me ressembler ?
A seize ans, je parlais plus souvent à mes parents qu’à ma quenouille (j’avais une quenouille ?) et pas seulement pour leur confier la recette de la tarte aux framboises.
Enfin ! Il se passe quelque-chose : la méchante sorcière qui n’a pas reçu de faire-part, la malédiction, les trois fées protectrices et, ô comble de merveille, le vrai, le fabuleux, le promis, le parfait car motivé au-delà du possible à donner sa vie pour une fille qu’il n’a non seulement jamais vue, mais surtout jamais entendue ! Le bellâtre fort et courageux qui délivre de son sommeil de cent ans une adolescente vêtue et coiffée comme sa grand-mère.
J’aimerais cependant la prévenir : il lui enverra certainement en pleine figure et à perpétuité « N’oublie pas que tu me dois la vie et que toi, tu t’es contentée de dormir ! » et ce, à chaque fois qu’elle lui reprochera d’avoir laissé traîner ses culottes (et oui, ses culottes) ou laissé tomber des poils dans le lavabo (auront-ils un lavabo ?)
Outre sa coiffure indestructible (vous savez, comme James Bond), Monsieur Charmant est assez sûr de lui, forcément, sa Belle ne se demande pas (et ne lui demande pas) s'il est bien membré... condition sine qua non selon moi (et mes contemporaines... avouez, les filles !) à une vie de couple qui durera plus de vingt minutes.

Bref, je passe outre ces questions existentielles et je constate, atterrée, que l’histoire ne se termine pas cette fois-ci par la sempiternelle formule « Et ils vécurent heureux, etc… » mais continue après le mariage.
Véridique.
Etait-ce une provocation de la part de Perrault que de vouloir montrer ce qu’il se passait ensuite ? Louable intention au demeurant car, en principe, on le découvre lorsqu’on le vit soi-même ! (voilà pourquoi ces faits "anecdotiques" ne sont pas dans les contes en principe... mais bon, aucune référence à leur vie sexuelle non plus, mystère.)
Donc là, la princesse devient mère de famille, terrorisée de surcroît par une ogresse, sa belle-mère. Elle appelle son petit garçon « Jour » (laissez-moi deviner, sa fille est baptisée « Nuit » ou « Ténèbres » ?) et, misère, misère, elle a à peu près textuellement « la peau un peu moins fine et la chair un peu moins ferme. »
Hébétée et fébrile, je cherche à savoir ce qui a bien pu lui arriver : A-t-elle fait la vaisselle ? Récupère-t-elle trop vite les cent ans qu’elle a passé à fainéanter au lit ? Après Jour et Nuit, elle n’a plus rien à faire de son corps et a arrêté la gym comme l'équitation, faute de monture ? Je ne peux pas compter sur elle pour me l’expliquer, elle est toujours aussi loquace…
Retour rapide, j’ai lu quelque-chose qui ne m’avait pas frappée au fil des pages. Ça y est, je l’ai trouvée, l’Infamie, c’est pire que tout ce que j’aurais pu imaginer... Devinez : elle a vingt ans !
Terrible malheur, non ? Je découvre alors amère, déçue (et en même temps ravie qu’elle ait enfin des défauts) que la « Belle au bois dormant » ne peut faire rêver qu’avant seize ans.
Je vais devoir renoncer à attendre Lancelot, je crois qu’il me trouverait un peu défraîchie…
Mais attendons la suite !
Foutu syndrome...


Cara Mia

* Erratum : autant pour moi, il est vrai qu’elle chante et parle aux oiseaux, aux écureuils, aux hiboux, aux lapins, aux arbres, aux abricots…

Posté par Cara Mia à 22:34 - En eaux claires - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 avril 2008

Closed


closed1

Cher toi,
Où es-tu ?
Que fais-tu ?
Mon corps blessé s’est refermé, ma fleur sélène est muette.
Je n’ai envie de rien…
Ou plutôt si, j’ai envie de tourner ces pages si moroses ou pleines de tâches, de larmes, de longs traits d’amertume.
Retrouver cette page blanche, celle qui manque à ma vie et qui se balade, petit papier plié, au creux de mes poches, où que j’aille, comme un espoir.
J’attends d’y poser les premiers rayons, te laisser entrelacer nos calligraphies peut-être pour écrire à deux cette histoire qui a tant de fois commencé…

Cher toi,
Je me sens si fermée que j’ai envie de me coller aux barreaux, me liquéfier pour passer au travers. Passer par-dessus le temps, oublier ce dernier sang…
M’ouvrir à toi comme tu t’ouvres à moi, pousser toutes les portes qui nous emmurent, me dire et te dire que rien n’est infranchissable.
Me libérer des entraves que la morale enchaîne et traîne si facilement
Te laisser dévoiler l'étoffe qui me couvre pour redécouvrir mes courbes et cheminer d’abord doucement, de tes doigts légers comme une caresse du vent...
Ouvrir ma bouche, lentement. Lui offrir à nouveau la douceur de la tienne, sa langue habile qui l’a tant de fois affolée.
Ouvrir mes lèvres frémissantes de crainte d’une douleur possible, d’envie renaissante aussi. Laisser mon ventre s’apprivoiser à nouveau puisqu’il le faut…
Oui, j’ai envie de toi en fait, de partager un petit bout de présent, un cadeau entre demain et hier. Après avoir fait tomber ces barrières qui me gênaient, j’ai envie d’écrire ces mots rien qu’à nous… ça fait trop longtemps que je n’ai plus pensé « nous » !
Je suis tant de fois devenue transparente, je me mirais dans des miroirs factices, les yeux des ombres passantes qui venaient s’abreuver de moi.
Besoin, envie, désir, tout se mélange et se bouscule sur le seuil de mes pensées...
Seras-tu doux ?

closed2

Cher toi,
Je suis si fermée que je voudrais que tes mots écartent encore mes réticences.
M’ouvrir comme ce soir car j’ai envie d’être juste moi, parce que c’est à toi que je m’adresse, pas à je ne sais quel fantasme.
Tu regardes mes images, je le sais…
Je sens que l'inspiration te titille ou je me trompe ?
Peut-être sont-ce les prémices d’une lettre qui chatouillent ta plume ou bien juste une idée qui ne concerne que nous… ?
Voilà que je me surprends à rêver de cette lettre car je n’ai si souvent eu que le bonheur de te lire et te relire.
Décacheter cette enveloppe virtuelle, m’enivrer de graphes choisis, de mots colorés qui se crient au cœur de la nuit et se répètent à l’envi, s’adoucissent à la lumière du soleil.

Cher toi,
Je ferme.
Je te laisse un moment mais ne t'y trompe pas, pas très longtemps car je n'ai que ma vie et c’est bien peu. Je compte t'accaparer égoïstement et viscéralement pour vivre encore les mêmes sourires.
Nous n’avons pas le temps, jamais, et ce temps que nous avons parfois, je veux le saisir sans concessions, je veux en extirper l’or…

Je t’embrasse.
Et je ne reçois tes baisers virtuels qu’avec la promesse que me souffle le vent : celle de les retrouver un jour ou une nuit.

Cara Mia

closed3

Posté par Cara Mia à 01:17 - En eaux claires - Commentaires [48] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 avril 2008

Elles

friends_by_Mejjad

Des ombres de silence habillaient parfois mon âme
Je n’entendais plus les feux ni les vents ni les prières
Les froissements de satin sur des corps de fer
Les angoisses dévidaient en boucles sombres leur trame

Puis une douceur tiède vint toucher mon cœur
Je la croisais, elle, au fil hasardeux de mes errances
Elle brisait déjà les silences et les intolérances
Entière et touchante, éternelle Victorieuse des peurs

Tous les maux endormis donnèrent aux mots leur poids
Entre nous, échos et différences pouvaient se blottir
Les murmures se crier, les intrigues se dévêtir
Parfois quelques silences dont nous saisissions la voix

J’ignorais que l’amitié était à l’horizon de ma nuit
Je semais mes cailloux de tendresse ça et là
Elle essaimait sa douce chaleur pas à pas
Ses rires, ses blessures, ses forces, sa Vie

N’oublie jamais qui tu es et ce que tu as bâti
Dans la tourmente, tu étais là et je le suis aujourd’hui

Pour toi, V.

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 00:32 - En eaux claires - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 février 2008

Nue et crue

Moi_jme_nourris_a_l_Art_by_MilkyBerry

Les yeux baissés...
Ça commence toujours comme ça.

J’entends le froissement du papier, les bruits de sacs qu’on fouille, les conciliabules entre étudiants. J’essaie de ne pas écouter leurs conversations, je n’aimerais pas savoir qu’ils parlent de moi.
Puis les sons s’estompent, je sais qu’il va venir me chercher. Le rideau s’entrouvre. « Vous êtes prête ? » J’acquiesce. Je garde les yeux baissés. Ma peau est moite, chaude et transie à la fois sous le peignoir d’éponge, mes pieds nus glacés sur le sol froid. Légers tremblements d’attente, d’excitation, de honte mêlées. Ça va passer, je le sais. Ce moment est le pire : le silence, j’envahis leur espace, j’entre sans les voir et bénis le ciel qui m’a faite myope. Dans un brouillard que je force un peu, je me hisse sur la table au centre de la salle de classe, je laisse glisser sans attendre le peignoir à terre et le pousse du pied. Inspirer, redresser la tête, offerte, nue et crue.

J’entends battre mon cœur dans mes tempes douloureuses : c’est l’heure du jugement. Même court, même inconscient, il est là, son poids m’écrase. Ils me voient femme et je ne veux pas rencontrer le miroir de leurs yeux saisis. Je fixe un point au loin sur le mur et fermement, choisis ma première pose : c’est moi qui décide et donne le départ. Alors, j’entends le frottement des mines et des fusains sur le grain du papier, les regards ont dû se baisser. J’expire enfin. L’écran entre nous s’est dressé, le jeu peut commencer. Dans ma nudité dressée sur ce piédestal de fortune, impudique, j’offre l’image de la femme, de toutes les femmes, je ne suis plus moi. Il m’est bien arrivé parfois de saisir un chuchotement, un ricanement, surtout chez les « première année », vite désamorcé par un geste du professeur. Ils connaissent les règles comme je les connais, j’y suis passée moi aussi, de l’autre côté de cet écran, un crayon à la main. Mais aujourd’hui, ma toile est vide, les bases sont jetées, digérées, tournées, détournées… je ne saurais peut-être jamais créer de mes mains. Je préfère m’offrir.

Vertige esthétique de Narcisse, bienheureuse parenthèse.

Découvrir mes multiples reflets, mes artefact à travers leurs regards, leurs interprétations, leurs gestes, leurs talents.

J’ai chaud maintenant, une goutte de sueur descend le long de mon dos, les projecteurs braqués sur mes jambes me brûlent les chairs. Les fourmillements se font plus intenses. Je vais changer de pose. Ne pas oublier que c’est moi qui décide. Qui pourrait assimiler ça à du plaisir ?
L’exhibition n’excite pas mes sens. Elle les apaise et élève mon esprit au-dessus de toute la boue dont mon corps de femelle se couvre si souvent.
Et ce silence ! Froid, implacable et rassurant à la fois : j’appartiens à cet instant, il me fige à jamais.
L’Eternité s’introduit dans le fil des secondes par cet instant, immobilité hors du temps, vide et mémoire du monde.
Leurs multiples représentations m’instrumentalisent, me déforment, me reforment, me fragmentent et me complètent, m’absorbent et me détruisent… elles fixent ma trace, mes avatars en deux dimensions, elles m’éloignent du monde, me libèrent du réel pour mieux le retrouver, me retrouver.

Je ne veux pas voir ce qu’ils tracent, appliqués, sur leurs planches, encore moins garder les exemplaires qu’ils m’offrent parfois à la fin du cours. Je me fiche qu’ils me rendent plaisante, je veux qu’ils me rendent présente ! Nue et crue…
Je veux seulement des regards aiguisés, mon corps rendu objet, intellectualisé par cet intérêt anatomique dépourvu de toute pulsion animale, de tout désir de l’un à l’autre.
Elévation : hors corps, in-hymen, je n’existe plus que par le lien ténu qui me relie à leurs esprits. Qu’il peut être puissant et salvateur le regard humain !
Ni belle, ni laide, ni bonne, ni mauvaise, je suis, tout simplement.
J’aime être ainsi, prisonnière de mon enveloppe, plantée, enracinée, terrifiante de mutité : une chose.

Anesthésiée, je sens enfin que je ne sens plus rien.

Nature morte.

Une voix s’élève : « plus que cinq minutes ! » le réel va nous rattraper, nous happer à nouveau dans sa sarabande aveugle.

Une fois encore, je baisse les paupières et ramasse le peignoir que je vais tenir fermement serré jusqu’à mon cou pendant qu’ils défileront devant la table. J’ai à nouveau des yeux, une voix, un sourire. J’ai le sentiment de m’éveiller d’un songe, encore engourdie. Leurs regards tout à l’heure pénétrants et crus sont si timides et fuyants maintenant qu’ils croisent le mien… se souviennent-ils qu’ils m’ont possédée, dévorée, incorporée ?

Sacrifice, muse vénale, prostitution… je les ai entendus maintes fois ces termes qui qualifiaient ce que je me plaisais à faire. Même au moment où le professeur laisse tomber dans une large enveloppe les pièces sonnantes, leur musique n’engendre aucune honte. C’est plutôt un chant de victoire : ma nudité exposée peut tuer le désir primaire, tuer l’amour naissant, se pervertir, se représenter mille fois pour atteindre peut-être l’image d’un Idéal.
Pause-pose, tension, déséquilibre dans ma vie de mortelle.

Etat de grâce que ce douloureux et délicieux temps de pose… plus de passion, plus de pleurs, plus de regards brûlants, juste une bulle, une carapace autour de mon cœur mutilé.
Avant que le voile ne se déchire à nouveau sur la trivialité des choses, mon esprit s’abreuve, se nourrit et s’élève. Mes fleurs les plus belles n’éclosent que dans ce que certains nomment la décadence.

Cara Mia

nus_a_la_lune

Posté par Cara Mia à 09:51 - En eaux claires - Commentaires [36] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 janvier 2008

Le miroir et la poupée

Child_Bride_by_BlueBlack


"Ne couvrez pas de voiles sinistres tout ce qui brille. Scrutez le miroir pour découvrir le fantôme qui s'y cache." (Anne Rice. Le Violon.)

« Miroir, ô mon miroir, suis-je toujours la plus belle ? » (rire cynique...)

Me pavanant devant la face froide et vierge d’une longue psyché, j’y cherchais mon présent mais c’est le passé que j’entrevis par les fenêtres mouillées de mes yeux
Echappée saine et sauve de ce monde qui glisse lentement vers demain,
Dans un songe, sanctuaire figé en dehors du temps,
Une enfant, aux prunelles brillantes, songeuses, boudeuses,
Reflet de son père, cherchant ce père.
Bâton de misère d’une mère-enfant qui refaisait le chemin à l’envers.
J’y cherchais alors la malaimée, l’enfant repoussée, grandie trop vite par l’absence et la culpabilité.
Disparue. Reléguée dans un angle mort.

Derrière un reflet mouvant, j’aperçus enfin la bête, la jeune fille animale, changeante, si pâle et trop maquillée. Vénéneuse fleur aux sombres pétales qui croyait cacher son cœur dans une prison de rêves maudits, de jouissances vaines et d’apparences trompeuses.
La poupée, je la revoyais alors avec colère et désespoir… poupée cassée, maintenue, saccagée, bâillonnée, livrée aux assauts du sourd monstre qui hante encore les cauchemars de ses quinze ans.

Encore floue, à travers le vaporeux fluide de larmes naissantes, j’entrevis la future mère modèle. Cristallisée dans un monde où tout désir d’écart est coupable. Transformation.
Ma volonté s’est heurtée au métal froid des convenances.
Toujours une poupée… mais corps exsangue et cœur en carence, une chose glacée et futile, instrument mécanique enserrant mes chairs et mon âme.

Que suis-je devenue ?
En ce tête-à-tête ténébreux et limpide avec mon reflet, je voudrais revenir vers Moi.
Purifiant tout ce que je suis aujourd’hui. Purifiant la plaie qui m’empêche d’aimer…

La Trahison !

Pourrais-je avoir encore la Beauté de la Bête ?
Pourrais-je émouvoir sans briser malgré moi un être éperdu dans mon décor intime ?
Pourrais-je encore supporter ce doigt sur ma bouche qui intime le silence à des cris sans voix ?
Diaprée de lumière lunaire, je crûs soudain vieillir de cent ans, et c’est en me raccrochant à ces yeux familiers sans visage que je ne sombrais pas dans le vertige éternel, celui de la Peur ancestrale de notre finitude. Je n'étais que le jouet du temps et du mensonge.

Fermant, puis rouvrant mes paupières fatiguées, je détachais mon regard de lui-même et le laissait reconstruire le monde autour de nous. Tout était à sa place. Mais quelque chose avait changé pourtant : je connaissais la Vérité…

Je me contemplais à nouveau, moi, seules, dans ce miroir.

Forgotten_Fairytales

J'ai mal...
Les plaies d'aujourd'hui viennent jeter du sel sur celles d'hier et les larmes sont le sang de notre terre. Laisser passer cette pluie, je sais... Merci à vous.

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 22:34 - En eaux claires - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 janvier 2008

Il était une fois, commencer comme ça

___desire____by_thewolf15

Finir l'année
Sur ce lit qui nous a déjà naufragés , berceau d’un amour volcan
Mon corps repu mais avide n’aura pas su se reposer longtemps
Ma peau se souvient de chaque connexion, chaque mise à feu
Mes doigts sont tes doigts, mes mains te feraient bien l’aveu
Des trajets répétés que je trace tels d’électriques sillons
Infligés en mémoire de toi sur ma chair et au plus profond

J’avais soif de ces baisers aujourd’hui et en cette nuit
Mes mains ont caressé, agrippé sans aucun bruit
Les stigmates brûlants que tes gestes m’ont laissés
En guise de relique, j’y suis revenue comme l’animal blessé
Rafraîchir mes songes de tes mots, de ton goût sur mes lèvres
Lovée au creux de ton absence, je te rejoignais dans mes rêves

Commencer l’année…
Sur ce lit qui nous accueille à nouveau, berceau d’une nudité rapace, échevelée et vibrante, nos corps voulaient s’ouvrir, s’offrir à ces envies les plus folles. Tant de temps perdu, enfui, à rattraper ! Il y a bien longtemps que les douze coups ont sonné. Cendrillon a balancé elle-même ses escarpins, cul par-dessus tête et les yeux perdus, bandés de désir sous-peau… Se manger du regard, mêler leurs deux nuances. Les aveux silencieux qui bourdonnent sur nos lèvres gourmandes ne peuvent s’échapper de leur humide étreinte. Enfin les bouches ne disent plus le manque ni le venin. Le silence s’offusquerait presque de leur folle sarabande, symphonie de gémissements, de souffles et de succions.  La mienne saisit doucement ton sexe fier et érigé, l’étendard de ta virilité que tu aimes arborer sous mes yeux gourmands. Je suis à l’affût, tu le sais. Ton envie de moi, la première de l’année, perle déjà sous la chaleur de ma langue. Avant même d’appuyer ce baiser si spécial, je guette le détonateur : ce grondement d’impatience qui sourd du fond de ta gorge et qui exprimera mieux que les mots toute la puissance de ce désir, le désir d’entrer en moi, d’être à moi… Mes lèvres charnues rougissent de passion et de chaleur, elles se carminent du désir de toi, fleurs écarlates sur ma peau blanche neige. Mes mains caressent et exercent de légères pressions sur tous tes points sensibles, toutes concentrées sur ce feu que je veux faire jaillir de toi. Du bout de la langue et du bijou inquisiteur dont elle est ornée, j’effleure, je taquine, j’agace… puis je te saisis et tu t’empares dans un râle et un souple coup de hanches du chaud refuge de ma bouche, un fourreau mouvant que tu as tant de mal à quitter.

Mais tu veux faire durer le plaisir… La Belle au bois s’est réveillée de la plus douce et fébrile manière qui soit… elle a faim, penses-tu. Les minutes lacunaires qui tombent et meurent, si vides, s’étirent au frontières de ce qui n’est pas quantifiable : j’ai dormi cent ans, mille ans j’en suis sûre ! Reprends l’année à l’envers, je ne comprends rien aux chiffres. Une nouvelle année, c’est pire qu’un jour de plus sans toi, un jour de trop…

Reprends-moi aussi à l’envers ! Tu me vois frémir sous ta langue agile qui dessine la carte du tendre à même ma vertigineuse chute de reins. Je me cambre davantage et t’offre enfin ces murmures que tu attends, ces mots plus doux, plus précis, plus électriques… Sous ma chevelure féline qui vient camoufler légèrement mon visage, je darde les rayons verts de mon regard vers toi, une invite coquine non déguisée qui en profite pour caresser l’objet arrogant et à vif de ma convoitise. Tes mains polissent mon corps, encore… tes doigts s’abreuvent à tant de sources qu’ils m’enduisent sans peine comme pour éteindre la flamme qui me consume les chairs. Fausse intention, voyons, tu m’allumes de douceurs liquides et tu sembles attendre.

Oui, je veux, ô insensé ! ô insensée…
Si tu m’aimes, je veux te sentir te perdre dans mon antre le moins lisse, celui que tu aimes tant et que je n’offre qu’à toi. Me posséder comme je te possède en cet instant, m’emplir en une profonde et païenne communion.
Et laisser notre plaisir exploser à la face du monde, car notre monde se résume à ce lit, notre île perdue de naufragés volontaires. Puis rester là, indéfiniment, nos corps enchâssés, nos sourires rivés, nos yeux peut-être clos d’amour contenu.

Il s’en est fallu de peu pour que cette année ne commence jamais.
Pour que je ne croie plus aux contes de fées… du moins à ce qu’il se passe après, vous savez bien, ces histoires de grandes personnes.

Cara Mia

ainsi_soit_il

Posté par Cara Mia à 01:31 - En eaux claires - Commentaires [38] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 décembre 2007

Pause-toi

pause

Pose-là
Sur le velours de ma peau...
De toi, je ne connais que de multiples visages qui ne sont pas le tien,
Ceux que tu veux bien livrer, mille avatars d’un inconnu qui leur ressemble un peu…
De moi, tu ne sais rien.
Ne sommes-nous vraiment que ces images ?
Changeantes au gré des humeurs et du paraître…
Ne sommes-nous que ces pantins obéissant à nos propres jeux, nos propres codes ?
Les mots sont peu lorsque tu es près de moi.
L’éternité n’est que caresse…
Pose-toi un peu près de moi.
Le temps de perdre du temps, d’arrêter nos courses folles et nos manèges imbéciles, d’effleurer nos songes aux goûts ambrés de miel et de d’iode.
Allez, pose-là.
Est-elle aussi caressante que ta voix ?
Joueuse autant que ton rire ?
Peut-elle serrer et faire mal ?
Peut-elle aimer et dessiner les contours du plus sensuel des ballets ?
Allez, pose-là.

Ne dis plus rien, tout n’est que mensonge
Entre nos multiples personnages, les mots virevoltent, luttent et se perdent
Vains, veules, vides
Nous n’arriverons pas à nous connaître, pas aujourd’hui.
Mais nous pourrions peut-être nous reconnaître ?
Allez, pose ta main…
Sur moi… Enfin !

Cara Mia

En souvenir de ce jour d’hier et des jeux à venir…

Posté par Cara Mia à 12:18 - En eaux claires - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 décembre 2007

Efferverrance

other_world_in_autumn

Moi, j’aime l’automne comme la plus sensuelle des saisons, je la trouve sublime de par les leurres et les parures dont elle fait don à la Nature pour mieux la dévêtir ensuite aux premiers émois de l’hiver…

Après les moiteurs violentes de l’été, un audacieux amant qui sait si bien réveiller ce qu’il y a de plus superficiel en nous parfois, je sais me réjouir de cette montée douce-amère de mélancolie au changement de saison.

Contemplative…

On parle plus bas, les sons se font plus gracieux.

On s’aime plus seul ou simplement à deux…

On aimerait emprunter ce sentier parsemé de fuites vers de possibles et discrètes offrandes.

Je marche, lentement, près de toi.

L’impression d'entendre le crissement de mes pas, l'odeur fraîche et enivrante de la mousse, le parfum subtil de la nature qui se dénude doucement, qui offre patiemment sa chair d’écorcée à la morsure du froid pour mieux se laisser enrober d'hiver, peut-être d’une douce et blanche toison d’hermine…

L’automne n’existe pas, il est la charnière hésitante, le basculement fugace des errances du temps d’un bout à l’autre de nos perceptions franches… du chaud au froid, de l’expansion au repli.

Ce qui survit n'est pas palpable mais tout ce qui apparaît est une trace de l'indicible...

J’aimerais l’emprisonner dans un précieux flacon.

Je saisis cette senteur délicate et éphémère du changement, elle envahit doucereusement ma bouche, mon palais, saisit ma gorge en une caresse éthérée, papillonne mon ventre de mille frôlements, étoile mon cœur autour de ces mots non-dits…

La si belle dénudation de la nature, Salomé artificieuse se délestant de ses rougeoyants voiles me suggère un don. S’offrir au dard cuisant et à l’étreinte glacée du Seigneur hivernal… Je me fais rousse nymphe des bois et m’abandonne à cet intime instant.  Effeuillée sur un autel de pierre, prête à basculer dans des draps de feuilles mortes.

Cara Mia

for_t

Posté par Cara Mia à 00:31 - En eaux claires - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2007

A l'heure qu'il est...

dormir


C'est samedi soir...

La toile est vide, la pièce aussi... je ferme à demi les yeux pour convoquer ton fantôme, tes gestes, ta voix, les poses que tu as prises, ici, dans mon décor...
C'était hier, non ?

A l'heure qu'il est, tu dois être encore "en société", revêtu de tes habits de comédie du monde et j'aimerais être la petite mouche, que dis-je, le petit papillon de nuit qui glisse le long de ton épaule, qui s'agrippe, aimanté par ta lumière...

Moi je ne suis que moi, j'ai retiré mes longues bottes que tu aimes tant, ma robe que tu n'auras pas vue, dénoué mes cheveux qui chatouillent mon dos... plus rien à retirer, comme tu me l'avais demandé ce matin.

A l'heure qu'il est, j'ai revêtu ma peau de petite fille qui s'en va rêver de son prince charmant.

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 00:50 - En eaux claires - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 novembre 2007

Vertige

chat_gris« Je suis là… tu m’ouvres ?
- … Non ! »

Vertige…

Pas déjà !
Sa voix est chaude, vibrante, sensuelle, plus que d’ordinaire… Je me doutais bien que quelque chose était différent dans ses inflexions. Un ‘je ne sais quoi’ qui devait le faire sourire tout en me parlant. Depuis de longues minutes déjà nous parlions au téléphone. Il était en route vers moi. Des semaines que nous les attendions ces retrouvailles d’inconnus qui se ressemblent. L’impatience était montée, fébrile, exaltante et dangereuse. Je n’étais plus moi-même depuis la veille. La tête ailleurs, je préparais son arrivée comme un rite : la place des choses, l’ambiance, tout ce qui allait constituer notre bulle pendant ce week-end. Et… il devait arriver à midi. Je regarde la pendule : neuf heures, il avait roulé de nuit pour me faire cette surprise qui devait être longuement préméditée.
Ma tête tourne… je suis en t-shirt, nue en-dessous, ‘nature-peinture’ comme je dis.

« Alors, tu m’ouvres ce portail ?
- Non, ce n’est pas possible, tu n’es pas en bas, tu me fais marcher… !
- Si je te dis que tu as une voiture blanche garée à droite dans l’allée et un chat gris sur les escaliers, tu me crois ? »

Une nuée d’insectes vibrant envahissent mon bas-ventre… je ne réponds pas.
Me déshabiller précipitamment, chercher n’importe quoi dans mon tiroir à fanfreluches et puis hésiter…
Le silence… Ecouter les bruits de la maison, une main caressant le mur, attendre que ma respiration se calme, que les battements de mon cœur la suivent.
Je savais que j’aurais pu patienter jusqu’à l’affolement des sens toute cette matinée. Mais là, je suis heureuse, tellement, de savoir qu’il n’est qu’à quelques secondes, quelques mètres de moi… et tellement effrayée !
Sentir cette peur de déplaire me vriller l’esprit, le doute me vriller les tempes.
Respirer. Doucement. Les yeux fermés pour calmer mes frayeurs.

« Si tu ne m’ouvres pas, je saute le portail ! »
Monsieur n’aime pas que je tienne la laisse (sourire), il va monter à l’assaut de ma tour d’ivoire !
« Et bien saute, je ne t’ouvre pas la porte… »

Il l’ignore mais elle est déjà ouverte…
J’ai entendu son escalade en bas, il a raccroché.
Et je me réfugie dans ma salle de bains, essoufflée comme après une longue course, enfiévrée comme à l’issue des étreintes les plus sauvages.

Et cette envie de sa peau qui balaye tout : elle est fulgurante ! Sous ma main, les carreaux froids deviennent vivants, vibrants, la pulpe de mes doigts les caresse nonchalamment.
J’imagine alors des gestes qui en entraîneront d’autres et je n’ose pas ouvrir les yeux.
J’ai peur de briser cette fragile exaltation qui vient de naître en moi : l’attente est brûlante et extatique, mes reins papillonnent encore de ce vertige inattendu.

Où me touchera-t-il d’abord ? Cette montée de sexe en appellera une autre… Nous n’allons pas parler, je le sais, c’est trop fort. Electrisée, je crains d’exploser à l’instant s’il me touche… ou s’il ne me touche pas.


C’est alors que j’entends ses pas. Surtout, ne pas ouvrir les yeux et croiser mon visage dans le miroir, un regard qui briserait la magie.
Il se profile dans l’entrée, je le sens, il fonce vers moi comme un rapace avide trop longtemps contenu… puis son souffle chaud dans mon cou : je l’attendais !

Mon corps tendu comme un arc se libère enfin et peut s’amarrer à lui, déjà humide et labouré d’attente cruelle.
Il s’assoit sur le rebord de la baignoire, relève mon visage empêtré dans une masse de cheveux indisciplinés et me dit quelque chose sur ma moue dépitée, mon naturel… quelque chose que mes lèvres boivent à même les siennes lorsqu’il m’attire doucement à lui, ses mains audacieuses s’encombrant peu du t-shirt qui a fini je ne sais où… La matinée ne serait pas si longue après tout.

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 11:56 - En eaux claires - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »