13 mai 2008
Evidence
Sors, sors de moi !
Sourire…
Tu as pénétré en moi avec tant de douceur et de violence que chacune de mes cellules en frissonne encore…
Tu poétises ma vie
Faire l’amour n’est plus à la nuit
C’est l’évidence qui me lie à toi, chaque heure est perdue sans un encore…
Cara Mia
01 mai 2008
Partir
Partir dans ce rêve… avec toi.
J’y étais toute la journée, la nuit d’avant, dans les rayons du jour d’hier et des jours précédents, je t’emporte avec moi, entre mes draps, à chaque fois…
Dis, pars-tu aussi comme ça ?
Partir pour se retrouver, nous deux, pour se retrouver, soi-même, chacun… quand on s’est trop oublié, depuis trop longtemps… Les rêves savent voyager au plus secret de nos cœurs, je les emporterai.
Dis, partageras-tu mes rêves ?
Partir vraiment, demain matin, boucler mon sac, y déposer mes trésors de fuite, ceux qui ont toujours accompagné mes écoles buissonnières… Oublier le téléphone, les cartes et les écrans froids, franchir l’espace pour ces éternelles retrouvailles.
Dis, es-tu impatient ?
Partir, peu importe la destination, ce fut chez moi, ce sera chez toi, pourvu que l’on chemine à deux, redécouvrir le monde et ses simples plaisirs avec des yeux malicieux d’enfants grandis trop vite.
Emporter cette nouvelle bougie d’anniversaire pour souffler mon vœu sous tes yeux…
Dis, es-tu un cadeau ?
Partir s’isoler dans la foule, enfin inconnus, enfin libres… puis s’isoler pour de bon, dans un port lumineux ou une clairière complice, explorer nos accords pour que nos corps s’épousent à l’unisson de nos cœurs désaccordés.
Dis, te souviendras-tu de mes lèvres ?
Partir et errer aux soleils de nos intimes décors, laminés d’étoiles et de nectars soyeux, ombragés par le seul répit de nos jeux… puis oublier de revenir, oublier le passé et le futur, s’offrir le plaisir de se donner l’un à l’autre et de regarder ensemble, pour une fois, dans la même direction.
Dis, allumerons-nous une étoile ?
Partir et suspendre la course folle du temps, des autres et leurs leurres, ne plus voir que le vrai dans la lueur de nos yeux soudés, enfiévrés… Jouir indéfiniment jusqu’à mourir un peu, jusqu’à la fraîcheur des matins où l’on s’embryonne dans la chaleur de l’autre pour ne pas s’éveiller tout à fait.
Dis, aimes-tu ces heures bleues ?
Partir, repartir vers de nouveaux rêves et tenir cette main comme le dernier amarrage, l’ultime rivage, le lien fragile et précieux d’un don de soi, la force enfin d’espérer et de sourire à deux pour entreprendre cet immortel voyage.
Dis, me laisseras-tu repartir ?
Cara Mia
04 avril 2008
Un matin...
Envie de tendresse,
Envie de caresses,
Envie de Te retrouver,
Ma lumière...
21 mars 2008
Offrande
A l'annonce du printemps...
Mon écrin carminé renfermant une fleur si fragile s’ouvre devant toi et déjà tu gémis. Tu souris, un peu gêné devant ce cadeau inattendu, offert si effrontément.
Pour l’instant, seul ton regard le caresse de façon appuyée. Certaines y verraient un regard indécent mais moi j’en fais un jeu : je veux voir combien de temps tu vas réfréner le désir d’y poser ta bouche affamée. Maintenant, ta lenteur inattendue m’excite encore plus : gêne, peur, scrupule ou simplement faire durer le plaisir de l’attente ?
Aucun poil entre toi et moi, juste cette tension sexuelle (textuelle, me direz-vous ici…) qu’on pourrait presque saisir.
Mon intimité exhibée, j’imagine, un court instant que tu y décèles un défaut, une aberration dans la lumière crue et que tu fermes les yeux pour ne plus me voir. Je commence à resserrer mes cuisses quand, tes yeux dans mes yeux, tu approches tes lèvres des miennes et souffle doucement sur ces pétales offerts au cœur desquels un bourgeon rosé se tend déjà vers toi, gonflé de désir.
Tu décides enfin de fouiller de ta langue ces abysses brûlants afin d’atteindre cette perle érectile que tu as entrevue.
Abandonnée, tremblante du désir d’être fouillée, léchée, aspirée, jusqu’à l’extase, mes mains emprisonnent tes cheveux avec impatience. J’aime ton avidité perfide, la façon dont tu joues à effleurer puis dévorer alternativement, le manque total de décence de ta faim de moi. Vas-tu boire tout ce fluide ou venir en répandre un peu sur mes autres lèvres lorsque le plaisir m’aura soulevée et t’aura repoussé ?
Jamais, plus jamais d’épines entre nous…
Cara Mia
03 mars 2008
Tatoo heure
"Pique-moi encore !"
"Tatoue-toi sur ma peau, dans mes chairs !"
La morsure de l’aiguillon qui va et vient autour du motif me rappelle celle de tes dents. Tour à tour tendres, agaçantes et cruelles. Libérant des milliers d’insectes vibrant jusqu’au creux de mes reins, la douleur est douce, entêtante, envoûtante…
Je rêve déjà à ce soir.
Lorsque ma peau apaisée aura retrouvé le chemin de tes doigts, je dévoilerai alors à tes yeux surpris, le motif gravé à tout jamais dans l’intimité de mon corps. Je te dirai comment son avènement m’a fait penser à toi, comment ses multiples contours, pleins et déliés ont attendu la pulpe de tes doigts et le nectar de ta langue, sillon incisif, sel sur la plaie, baume de douce heure...
"Tatoue-moi à ton tour ! "
Use de dards doucereux, de mélodies bourdonnantes, de marbrures sinueuses. Empreinte-moi de moiteurs parfumées pour compléter l’ouvrage.
Un souffle frais du bout des lèvres surlignera ta signature.
Cara Mia
Merci à la belle et talentueuse Narracoeur pour son intervention sur ma photo.
20 février 2008
Jeux de liens

Je ne dirai pas lequel ou laquelle d'entre vous m'a donné envie de délacer mes dessous
(question de bonne éducation) mais chose promise, chose due !
Si tous les liens pouvaient se défaire aussi facilement et ne susciter que des caresses... (soupir !)
Certains liens se délacent au crépuscule, quand d'autres liens invisibles se nouent...
Comment aimeriez-vous les démêler ?
Seriez-vous sensuel(le) et doux(ce)... ?
Seriez-vous empressé(e), impatient(e)... ?
Quels liens vous affolent ou vous agacent ?
A vous de me dire comment vous aimez délasser et délacer votre partenaire lorsque vient l'heure intime.
Vos petites proses me donneront peut-être envie de relâcher un peu plus le lien... (sourire)
Cara Mia
05 février 2008
Mademoiselle
Mademoiselle attend...
Mademoiselle rêve de liens secrets,
de lune de miel en milieu de semaine au coeur d'un hiver pas-de-d'eux.
Mademoiselle chasse ses sombres pensées dans le rouge de ses dentelles.
Mademoiselle pense au refuge cocon-douceur de ses bras,
aux sourires dessinés sans plus de contraintes.
Mademoiselle panse ses plaies d'espoir déçus sur la gamme des portraits esquissés,
petits bouts d'elle en Vous majeur.
Mademoiselle danse seule sur les notes lascives d'un corps-à-coeur anticipé, craint, désiré, ressuscité.
Mademoiselle a peur...
... d'aimer
Cara Mia
12 janvier 2008
En ce début d’année
J’adore / Ça m’exaspère :
Me réveiller dans ses bras entre rêve et réalité
Les injonctions pressées du réveil le lundi matin
Vous retrouver ici ou chez vous avec grand plaisir
Tomber par hasard sur des choses pathétiques
Le vibreur de mon portable contre ma cuisse
Son répondeur qui me chante toujours la même rengaine
Les rires de mes enfants quand on joue ensemble
Les jouets de mes enfants qui traînent partout
Les sourires et les témoignages d’amitié
Le clonage des pseudos blog.sanslienfixe.com qui gravitent
Les envies renouvelées d’explorer des territoires délicats pas si inconnus
Les envies déviées dans le temps et l’espace, livrées aux contingences matérielles
Son « je t’aime » qui meurt dans un baiser
Son « à plus » avant de nous quitter
Ses douces lèvres sur mes lèvres charnues
Les lèvres fines qui disent des choses pas très fines
Mes élèves
Mes élèves (oui, je ne les mets pas tous dans le même panier ;-)
Mon nouveau bijou
Ne pas pouvoir m'en servir quand je veux
Les enseignants qui parlent d’autre chose que d’école ou de politique en salle des profs
Les enseignants qui font des fautes d’orthographe
Ses jolies fesses veloutées
Devoir parfois me retenir de les saisir à pleines mains
La perspective de recevoir au moins un joli paquet pour la Saint-Valentin
(voir Sexy-Swap)
La perspective de passer encore quelques week-ends collée à cet ordi
Ses mots d’amour et de sexe murmurés
Ses mots non-dits, réfutés, salis
Mon petit sac de voyage et la liste de ce que je dois y mettre
Mon petit sac de voyage à vider au retour
Eteindre la lumière, éblouie de jouissance et de satiété
M’éteindre à la main quand je suis seule et que j’ai envie de lui
Et vous ?
Cara Mia
10 janvier 2008
Hommage

"Dans les sociétés où l'homme adore ces mystères, la femme est, à cause de ses vertus, associée au culte et vénérée comme prêtresse ; mais quand il lutte pour faire triompher la société sur la nature, la raison sur la vie, la volonté sur le donné inerte, la femme est regardée comme sorcière." ("Le deuxième Sexe". Folio. p.273)
Cette phrase de Simone de Beauvoir (dont on parle beaucoup à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance) pourrait être le principe implicite que nos sociétés ont de tout temps soufflé aux oreilles des hommes qui les dirigeaient. C'est le regard masculin qui a forgé l'image de la femme : N'est pas Déesse ou Sorcière qui veut !
Avant même d’évoquer ce qui caractérise le personnage féminin en art ou littérature, il faut nécessairement considérer son statut social : même vénérée, même protégée, elle est et a toujours été l’« Autre », un être inférieur. Pourquoi ? Parce qu’en Occident et presque partout, même aujourd’hui, les sociétés sont patriarcales. Fonder une société exige le conflit, la force et de par sa nature, la seule chose qu’une femme est censée fonder est une famille.
On redoute qui l’on domine, on l’ignore aussi.
A tous ces titres, il est bien plus commode de ranger l’Autre, de se le représenter avec des attributs définis qui en abolissent le mystère, qui le fixent à jamais dans l’infériorité.
L’intuition, les défenses, les non-dits, la mascarade des apparences, autant d’attitudes que l’on a pu attribuer à la femme, sous-tendent en fait un danger plus insidieux, plus menaçant.
Ils sont les expressions de son mystère.
En effet, pendant des siècles, toute fille d’Eve était un « piège de Satan[1] » et cette malédiction vient du plus profond des âges.
Avec la Création naît la séduction, la tentation, le désir de connaissance de l’Autre, le désir tout court. Et avec la séduction naît l’artifice qu’elle revêt pour s’exercer sur l’esprit et le corps de l’homme. Qui pouvait mieux que la femme incarner dans nos cosmogonies l’idée d’un Mal tentateur ?
L’attirance n’est pas dévotion et elle peut tout naturellement être associée à la présence de Satan dont Todorov dit qu’il pourrait être simplement nommé le Désir.
Pourquoi et comment la féminité a été et demeure encore aujourd’hui sourdement, profondément ressentie par l’homme comme Mal ? Un Mal nécessaire, fascinant, désirable ... (et la liste n’est pas exhaustive) certes, mais un mal tout de même qui prend sa source dans ce que l’Homme a de plus profond et de plus obscur en lui-même et que l’on pourrait appeler l’inconscient collectif. Inconscient qui fonde ses représentations dans le mythe. Ce Mal, la femme n’est pas accusée de le commettre, mais de l’incarner. Incarner, c’est donner chair. Le Mal consiste à revêtir de chair, à figer ce qui est de l’ordre du désir et de la parole. Si elle l’incarne, c’est dans son corps ; et c’est précisément ce corps, comme objet de désir et de répulsion qui sera exploité, décrit, fragmenté, appréhendé, craint, rêvé par de grands auteurs.
A propos de la sexualité féminine, Freud employait la désormais célèbre formule de « continent noir. » Théoricien du psychisme, de l’inconscient mais également du Fantastique, il nous apporte une définition de ce sentiment que l’on projettera sur le genre lui-même, celle de l’« Unheimliche », ou l’inquiétante étrangeté[2]. Elle est celle d’une étrangeté (sexuelle) de la femme décrite en terme de race comme l’absolument Autre.
Cette étrangeté, cette mise à distance est aussi proximité violente d’un « double » de soi-même : autre côté, autre race, métaphore du dehors, de l’en-deça, de l’inessentiel ou du différent au plus profond de soi. Cette image, qui définit la femme comme définitivement Autre dans l’inconscient du sujet, la rend objet ; la réifie et donc l’éloigne, la soumet. Mais c’est aussi celle de cette terre sombre, « noire » au second sens du terme. Une terre de ténèbres, un lointain ailleurs, cet Autre inconnu qui a de tout temps à la fois terrifié et fasciné l’homme.
Les mythes forgés par ce dernier sur la femme à travers les religions, les coutumes et les littératures prennent leurs racines dans cet inconscient qui assimile de façon séculaire l’Etranger(e) à l’Etrange et par là-même au Mal.
Le regard de cette grande dame que fut Simone de Beauvoir sur la condition féminine est assimilé à un "raz-de-marée" pour certains dont je fais partie, à "un coup d'épée dans l'eau" pour d'autre. Toutefois, un pas fut franchi avec "Le deuxième Sexe" en 1949, les mentalités ont évolué certes mais il reste encore du chemin à parcourir dans la compréhension et l'acceptation de l'égalité comme des différences.
Cara Mia
[1] Article « la sexualité féminine » .Encyclopédie Universalis – CD-Rom 1998.
[2] Freud, S. L’inquiètante étrangeté. Gallimard. Collection « Connaissance de l’inconscient ». 1985.
29 décembre 2007
2008 : une de plus
Cette année, nous en aurons tous et toutes une de plus...
L'occasion pour moi de songer à mon âge (oui, oui, ça m'arrive) ainsi qu'à l'écart des générations.
J'avais trouvé il y a longtemps sur un site ami cette "Histoire de lits" qui m'avait fait sourire. Je ne sais plus où et je m'en excuse par avance si la personne s'offusque de n'être pas citée.
Donc, a-t-on l'âge du lit où on se couche ?
"Trop au lit..."
à 8 ans .... Vous l'emmenez au lit et lui racontez une histoire
à 18 ans ... Vous lui racontez une histoire et l'emmenez au lit
à 28 ... Pas besoin d'histoire pour l'emmener au lit
à 38 ans ... Elle vous raconte une histoire et vous emmène au lit
à 48 ... Elle vous raconte une histoire pour éviter d'aller au lit
à 58 ... Vous restez au lit pour éviter son histoire
à 68 ... Si vous l'emmenez au lit, ce sera toute une histoire
à 78 ... Quelle histoire ?
Dans quelle catégorie de "lit" me verriez-vous ?
Et vous... ?
Cara Mia


















