24 avril 2008
Rhétorique du…
Déshabille-moi… Explore-moi… Savoure-moi… Inspire-moi… Respire-moi
J’ai envie de ta langue sur mon texte…
Oui, sur mon texte !
Là, sur chaque mot que je tresse avec d’autres dans la douceur ou l’espièglerie…
Que tu ne retiennes pas ton désir de caresser mes verbes du bout des doigts, de promener tes lèvres sur mes « encore » ou mes « plus fort »… J’aime tant être ton trouble !
J’ai envie de ton souffle sur ma police, de ta chaleur virile qui fait naître de lancinants frissons, de ton regard friand d’ébats qui argumente bien mieux que des paroles…
Que tu suives pas à pas au rythme de ta faim le chemin délié de mes courbes jusqu’à l’encre promise, une liqueur humide qui pourra tracer ses stigmates à même ta peau…
J’ai envie que tu ramasses, gourmand comme un oiseau-lyre, ces petits points d’hésitation et de mystère, miettes de moi que je sème en Petit Poucet effronté… que tu les savoures…
Que tu viennes t’étendre contre ma bouche qui perd sa syntaxe, qui susurre ces mots avec pour seule sémantique celle d’un désir chevillé au cœur… que tu me nourrisses du tien.
J’ai envie d’un désordre affriolant d’adjectifs, un sanctuaire profond où je t’attendrais, dispersant ma ponctuation comme mes soupirs sans silence… que l’on se boive et que l’on s’enivre enfin de tout ce qui ne fut que suggéré.
Que de ta langue sans complexes, tu déclines sur la carte de mon corps impatient tous ce que les sons ne disent pas, l’essence des ces amours composées au fil des « vouloir » et des « donner »…
J’ai envie enfin de n’être plus qu’onomatopées, jetées hors des bulles de notre bouillant synopsis.
Que tu dégrafes mes graphes, que tu dévores mes rimes vaines, que ton stylet griffe ma page blanche et colore mes joues de l’incarnat du bonheur, qu’il me pénètre et grave son sceau au plus profond, que notre imagination se passe enfin de mots…
J’ai envie de ta langue sur mon sexe…
Oui, oublie le texte !
Cara Mia
24 mars 2008
Plaisir d’un des sens

« Le chocolat est bien évidemment la matière dont sont faits les rêves.
Des rêves riches, noirs, soyeux et doux qui troublent les sens et éveillent les passions » (Judith Olney)
Délectable frisson sous les papilles
Du bout des doigts, étaler, dégouliner,
Du bout du nez et des lèvres, sentir la volupté 
Finesse caressant le palais rose des jeux
De saveurs inégalées, chaque sens en veut
Délice lointain des mille et une nuit
Mille et un voyages peuvent l’échouer au lit
De nos ébats odorants, onctueux, veloutés
En bain de plaisir aux supports variés
Avec ce noir, amer, profond comme la nuit
Ou ambré, doux, constellé de délits
Tu peux redessiner sur ma peau offerte à tout
Des trajets gourmands pour ta langue de sioux
Et puis déguster ses chauds effluves à l’aurore
D’un matin câlin qui succède à l’embrasement des corps
Partager en un regard coquin un souvenir sensuel
Où des formes exquises s’enrobent, se fondent, se mêlent
Cara Mia
18 mars 2008
Veiller tard
Tant de choses à taire... plus de mots.
Je les emprunte :
Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève
La plainte douloureuse d'un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde disparu l'on est face à soi
Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent
Le noir où s'engloutissent notre foi nos lois
Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies
Ces visages oubliés qui reviennent à la charge
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces paroles enfermées que l'on n'a pas su dire
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris
Ces appels évidents ces lueurs tardives
Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit
Ces solitudes dignes au milieu des silences
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés
Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Jean-Jacques Goldman
06 mars 2008
Prédatrice
A la lueur du jour, je sais et tu as compris
Que je ne peux rien pour ta liberté,
De moi tu ne peux et ne pourras rien posséder
Rien qui ne soit parjure ou compromis
Mais la nuit m’habille de clartés nouvelles
Et je me cavalcade du monde en ruades rebelles…
Incarnant ta sauvage amazone, je m’approche
En conquérante féline de tes jeux sombres,
Dans ma chevelure de lumière qui s’accroche
Des clairs-obscurs sourdent doucement de l’ombre
Je deviens animale et j’esquisse l’éternelle danse
Celle qui m’envoûtera d’une fièvre carnassière
Hypnotiques, mes prunelles oblongues s’avancent
A l’affut, te toisant, appréciant un butin de guerrière
Laisse-moi t’enlaisser de mes atours ondulant
Je te tiens par le fil capiteux de ma faim
Ce soir tu seras ma proie sans lever ni couchant
Notre étoile dévorera le soleil pour une nuit sans fin
A ma bouche, à mes yeux tu boiras l’enivrant élixir
Le verre d’eau de vert, secret des faunes et des fées
Je dérouterai tes sens par l’absinthe du plaisir
Colorée à l’écorce amère des songes dévoyés
Femelle, je te laisserai deviner mes élans
Ma langue gourmande te promettra des assauts
Des entrailles couvertes d’écume pur-sang
Une chevauchée jusqu’à plus soif de sueur et d’eau
Sous le clair de terre, dédier à la lune mon cri de bête
Quand à la pointe d’argent de son doigt inquisiteur
Je fondrai sur toi, rapace, chien et loup en conquête
Le murmure primal du monde chevillé à mon ardeur
Assoiffée de silence, je banderai cette angoisse
Mes râles de plaisir, tes moindres gémissements,
Des corps qui se percutent, des peaux qui se froissent
Je voudrai laisser frémir cette musique, étrangement
Des profondeurs de mes chairs où nichent les orages
Mes feulements surgiront alors en furieux mélange
Dévastant tes oripeaux, je te prendrai enfin, sauvage
Et tu te laisseras envahir, ardent et consentant, mon ange
C’est une larme sans sel, douce et amère,
Un brouillard hors saison qui me réveillera repue,
Un goût métallique et âcre sur ma langue et derrière
Le corps au cœur d’une solitude sans nom, vaincue.
Cara Mia
Note : L'une de mes photos a fini 3ème du concours "Jeux de mains" sur le site Photosensualité, à la demande de certains, je la reposte en noir et blanc. Merci pour vos votes et vos gentils mots. Bisous à tous.
16 février 2008
Angel-isthme
Le miracle de l'amour, ce n'est pas d'aimer un homme ou une femme : c'est de s'aimer soi-même juste assez pour être capable d'aimer vraiment une autre personne. (Roger Fournier)
En amour chaque aile d'amance est charnelle,
Chaque ange est une terre, un océan, un univers,
A caresser, parcourir, investir telle une citadelle
Chaque plume frôle, frissonne la peau à l'envers
Un voyage aux confins de l'intime,
De l'immensité à la pulsation infime...
Sortir de l’ombre, sortir du nombre des ombres
Indifférentes aux gangues de nuit qui les séparent
Se rejoindre en ce moment où le temps s’effondre
L’abîme franchi, la pulpe des doigts enfin s’empare
Des fragments de chair, l’élan de deux âmes amarrées
L’isthme divin les foudroie sous la lumière d’or poudré
Cara Mia
29 janvier 2008
Et si…

Et si nous prenions racine dans un moment que rien ne brise
Juste toi et moi, nos regards aimantés de passion insoumise
Ce serait si doux de revivre cet instant Il était plusieurs fois…
Comme la dernière image imprimée depuis tant de mois
Au fond de ma rétine comme un soleil mouillé de pluies
Ce persistant cliché abîmé par le temps et la perfidie
Le hasard, la chance, la volonté d’y croire
Je veux rester nouée à toi, toi en moi lorsque nous nous retrouverons
Je veux te surprendre, te prendre dans mes lianes qui sauront
Se glisser au fond de ton cœur comme je me glisse dans l’écho fou
De tes mots déposés au visage du monde qui pourra alors tourner sans nous
Tu durciras tel le bois qui s’enracine au sésame atteint
L’arborescence profonde liera nos corps jusqu’au matin
La beauté, le désir, la volonté de se retenir
Et y revenir, toujours y revenir…
Et si nos coeurs s’offraient des noces clandestines ?
Cara Mia
21 janvier 2008
Dulce meo
Ce soir-là, je te voudrai protecteur et doux…
A ce moment-là, le calme de tes bras m’apaisera.
Je sais que le feu viendra ensuite, mais pas encore…
Hic et nunc.
Je veux sentir la chaleur de ton souffle sécher mes larmes d’amertume.
Comme un jouet dans les filets du destin, je me sentais ballotée dans les remous du Temps
Spectatrice de ma vie, poupée futile manipulée par des vents contraires, j’attendais un instant de grâce, un éclat.
Et tu es là…
Le frôlement de tes doigts sur ma peau m’envoûte et je frissonne…
Le dos appuyé contre ton torse,
Tes jambes entourant les miennes, comme une chrysalide de chair palpitante.
Tes murmures apaisants, comme un souffle chaud de vérité qui balaie mes incertitudes.
Je renaîtrai à la vie, indéfiniment.
Je succombe au plaisir de ta douceur, ma nuque bascule, abandonnée sur ton épaule.
Prisonnière volontaire de ton corps soudé au mien, j’espère envahir aussi ton esprit.
Une seconde d’Eternité tirée du mélange impromptu des lettres du mot Etreinte.
Un instant, un seul, contre quelques minutes de volupté...
Et tempus fugit…
Cara Mia
03 janvier 2008
Envies, désirs
Je veux savoir...
Je veux savoir, si tu sors de ta citadelle
A la nuit, à l'amour, à quel tendre appel ?
Je veux te voir un instant sur mes remparts
A l'envi, à la scène, susciter tes regards
Je veux savoir, de quelles eaux tu émerges ?
Si la pluie t'atteint aussi sur ta berge
Je veux te voir nager dans cet océan
Sur ma rive, la mer est mon séant
Je veux savoir si tu t'abandonnes
Aux pulsions, à quelle sauvageonne ?
Je veux te voir assis, tanguer au bord du lit
Si ta bouche tient parole à nos folies
Je veux savoir si tes songes sont migrateurs
Au printemps, à l'automne, vers quelles lueurs ?
Je veux te voir voguer où le vent te destine
Oublier un temps mes peurs clandestines
Je veux savoir sous quel arbre tu t'abrites
En attendant l'orage d'une autre favorite
Je veux te voir à la tombée des nues
Rejouant ce morceau de soleil à l'inconnue
Je veux savoir quelle est ta quête
Ce corps perdu, ces lignes imparfaites ?
Je veux te voir repousser le dérisoire
Sous les pourpres satins, ne voulant que me voir
Je veux savoir...
Moi qui ne sais pas...
Que veux-tu ?
Cara Mia
28 décembre 2007
Soulève-moi !
Cette nuit, j'ai de petits bouts de chanson et une image dans la tête...
Oh soutiens-moi
Porte-moi à bout de bras
Faire l'amour ça sert à ça
Soulève-moi
Serre-moi fort
Prends-moi au creux de ton corps
Fait pleuvoir les perles d'or
Cris multicolores
Méfie-toi de la dictature qui sommeille
Le bruit des bottes est un mauvais réveil
Et crois-moi
La vraie lumière n'est pas celle du vitrail
N'oublie jamais le revers de la médaille
Souviens-toi
Que l'homme qui travaille
Ne sera pas de taille
En face d'un pouvoir
Qui a tout prévu pour la bataille
Oh, soutiens-moi
Porte-moi à bout de bras
Faire l'amour, ça sert à ça
Soulève-moi
Oh ! Serre-moi fort
Prends-moi au creux de ton corps
Fais pleuvoir les perles d'or
Cris multicolores
Daniel Balavoine
20 décembre 2007
Ton onde saline
Tu répands enfin en moi ton onde saline
C’est de l’eau ou du miel qui se fait chaleur,
Dégoulinante de mes lèvres et mon cœur
Tu quittes ma bouche ouverte sur ta rivière opaline
Je fuis ma nuit en mes errances digitales
Sur cette image de nous, j’écris encore
Même si c’est ton absence qui me dévore
Je suis la lune au clair sillage tressant liens et voiles
Cette eau salée je la goûte en pluie des origines
Elle m’emmaille dans son courant si vertigineux
Je m’imagine statue livide, tu me quittes, je te veux
Nos lunaisons tentaculaires inassouvies s’animent
Mon désir s’arrose d’images subversives… celles des légendes prosaïques.
Tu es le tumultueux Pyriphlegeton parcourant, inondant et incendiant mes veines…
Les eaux impérieuses et éternelles y noient mes désirs de fuite.
Feu et eau mêlés en un barbare et dissonant accord.
Tu es la cascade, je suis le calice, je veux te boire jusqu’à devenir moi-même liquide.
De la fécondité primordiale au déluge destructeur, je serai l’eau qui donnera la vie et qui noiera.
Je pourrai mourir, moi pâle Ophélie, mais mon âme survivra dans la barque de Charon.
Je serai la mer qui cherche sa source.
Je serai la source que tu cherches dans l’infini.
Je serai l’infini brasier blanc que tes mains étreignent en chasse aux étoiles.
Je serai la mer qui embrasse de ses membres infinis la coque de ton vaisseau,
Je serai la mère qui emprisonne ton esquif de ses tendres et fertiles courants.
Je serai l'île et le but du voyage...
Cara Mia


















