18 mars 2009
Mia Mort

Une nuit je m'endors avec lui
Mais je sais qu'on nous l'interdit
Et je sens la fièvre qui me mord
Sans que j'aie l'ombre d'un remords
Et l'aurore m'apporte le sommeil
Je ne veux pas qu'arrive le soleil
Quand je prends sa tête entre mes mains
Je vous jure que j'ai du chagrin
Et je me demande
Si cet amour aura un lendemain
Quand je suis loin de lui
Quand je suis loin de lui
Je n'ai plus vraiment toute ma tête
Et je ne suis plus d'ici
Oh ! Je ne suis plus d'ici
Je ressens la pluie d'une autre planète
D’une autre planète...
Quand il me serre tout contre lui
Quand je sens que j'entre dans sa vie
Je prie pour que le destin m'en sorte
Je prie pour que le diable m'emporte
Et l'angoisse me montre son visage
Elle me force à parler son langage
Mais quand je prends sa tête entre mes mains
Je vous jure que j'ai du chagrin
Et je me demande
Si cet amour aura un lendemain
Quand je suis loin de lui
Quand je suis loin de lui
Je n'ai plus vraiment toute ma tête
Et je ne suis plus d'ici
Non, je ne suis plus d'ici
Je ressens la pluie d'une autre planète
D’une autre planète...
Véronique Sanson
27 janvier 2009
Cette année, je "voeux"...
Je vœux dessiner à l’encre fantasque de nos nuits
Juste le fil dévidé débridé de nos envies
Je vœux clore les chemins mouillés de pluie
Juste se rouler dans les arcs d’un ciel fleuri
Je vœux t’attendre encore, le corps au cœur battant
Juste incendiée de tes murmures déments
Je vœux des plaintes sourdes, des feulements excitants
Juste nos danses passionnées, le mors aux dents
Je vœux ailer mon cœur et mes espoirs d’infini
Juste la caresse entière, tête et corps unis
Je vœux drainer les plaies de peine, de jalousie
Juste garder l’empreinte qui fait grandir, évite l’oubli
Je vœux que tu me parles parfois comme à une étoile
Juste que tu me rêves, me captures et me dévoiles
Je vœux pouvoir encore en témoigner sur la toile
Juste libérer des scrupules noueux ma grand-voile
Je vœux sur mes rivages de monts sauvages et de douces vallées
Juste te bercer sur mon sein, en escales répétées
Je vœux t’échouer, t’ensabler, te boire sur ma voie lactée
Juste t’aimer, ne plus te laisser naviguer
Cara Mia
J’ai été taguée par Yoyostéréo et par Libertango… Merci ! Copie rendue…sourire
Je ne tague personne mais ceux qui le veulent bien peuvent aussi émettre à leur tour leurs dix vœux…
10 janvier 2009
Sept capiteux péchés
En ce début d’année, je reviens tout doucement mais sûrement…
D’une part, vous offrir mes vœux et vous dire que je ne vous oublie pas
D’autre part, symboliquement, Lui offrir à nouveau ces mots, les tout premiers, pour continuer ici, ensemble…
Parce que je les ressens plus que jamais.
Parce que 2009 a bien commencé, très bien commencé…
Et au diable les convenances et les esprits chagrins ! Qu’ils se terrent dans l’hiver !
Vous avez eu froid ?
Moi oui… Mais plus maintenant !
Désir, désirs de tout l’être…
Caresses diaboliques imaginées, abolies, si fragiles
Caresses caprices appréhendées, les idées sont érectiles
Caressons-nous de vœux de joie péchés en chaque lettre
Grain, grain de ta voix…
Serments d’amance brûlant tes lèvres en litanies latentes
Sarments d’un feu aliéné que chaque murmure invente
Serre-moi de tes sentences, suaves offenses soufflées au fil de soi
Prunelles, prunelles voraces
Regards reliés aux maléfices de l’ombre nous attisent
Regards dessinant à l’encre fantasque nous hypnotisent
Regarde-moi au-delà de me voir, réelle, brebis et rapace
Pulpe, pulpe des doigts…
Toucher malin électrise, se fige, s’empresse et s’impatiente
Toucher céleste, sans censure, rampe, galbe et serpente
Touche-moi dans ce silence suave et volatile sans foi ni loi
Parfums, parfums poudrés d’étoiles
Peaux lumières aux effluves secrètes, enivrantes essences
Peaux lunaires soumises aux malices d’une nuit d’errance
Pose, impose-moi de sirupeuses débauches sous voiles
Lèvres, lèvres aux arômes doux amers
Baiser sucré d’amour ou profond qui mord, friandise érotique
Baiser succulent et vénéneux « encore », l’oubli a un goût thanatique
Baise ma bouche, tendre vaniteuse qui tente et tend à te plaire
Pensées, pensées coupables s’envolent
Rêve de trêve et de chute chimériques dévoilé dans l’indécence
Rêve angélique et sombre de tout consumer à l’acide élixir des sens
Rêvons de ce Nous perpétuel brisant les strates pernicieuses de nos rôles
Cara Mia
02 septembre 2008
Romance astrale
Là, le sable infini s’égrène patiemment,
Mines salines iodées sous les feux du couchant,
Il accueille mouvant en formes émondées
Nos silhouettes courbées, délacées, enlacées
Hier, un soleil gluant a emmiélé nos peaux
D’ambre en pain d’épice, couleurs, saveurs du chaud
Courbes aqueuses pigmentées de grains de juillet
Caresse humide granulant en sucré-salé
Qu’importe les autres là-bas et leurs guerres lasses
Déportées en oubli les attentes voraces
Avec elles, les noirceurs des pâles apparences
L’acéré puits gouffre des belles convenances
L’été et la nuit montent en insectes fols
Saouler de leur magie nos deux chairs qui s’affolent
Deux ombres éjectées du réel et du temps
Se découvrent et se fondent en sève de présent
La flamme de l’instant se fait souffle limpide
Lapidé d’oubli, demain se meurt insipide
Hier n’a plus que l’écho lointain des envies
A la lune câline, le rêve dure une vie.
Cara Mia
06 juin 2008
Invente-air de la belle saison
Lit fond de cale, escale aux draps froissés
Bouche qui chienne et langue au chat
Ne me vois plus, regarde-moi, ne me quitte pas des cieux
Ivresse des sens interdits, passe-droit perpétuel
Bas de soie filés, défilés détendue, garder la pose
Grelot ivre pour le raisin de tes mains douces
Envie serrée au ventre, porte à porte-jarretelles
Signe de la main, baiser volé, aire d’autoroute, mal au cœur
« Jamais plus ! » dit le corbeau… cela et rien de plus
Désirs différés, doigts nostalgiques qui fouillent mes abysses
Etoile qui pleure rose sable, jusqu’aux matins ivres échoués
Lune qui sourit bleu de sa cache de nues, dénuée de scrupules
Abandon des armes au souffle d’un je t’aime moi non plus
Chambre écarlate ruisselante d’une plaie de cyclope, « Où es-tu ? »
Ô susurrés, litanisés, hurlés, chaleurs sans plus d’histoires
Soupirs et rondeurs de fruits cueillis en marées-chairs
Remember nuit câline, solitude trop claire à arracher du ciel
« Viens » jours de trêve, jours de grève, con, cul, pisse, sens
Coups de reins humides, ribambelles jouissantes, la Donna è mobile
Talons qui cavalent sans aiguilles à la barbe du temps
Satin effondré en blanche corolle,
Jour d’après muguet…
Boxer grenade, rondeurs caresses et ces « chut ! Ne dis plus rien »
Grains d’ailes, peau de pêche, seins pétris sur le fer d’un busc
Jeux de nuit, plage froide, capot chaud, sables et corps mouvants
Un « ne m’attends pas » murmuré au cœur des regrets
Epines retirées avec patience, ci-gît une rose que tous les rois vont jalouser !
Démons sexe fort laissés sur le carreau sans piques ni ailes
Pointe d’un sexe traçant une nouvelle ligne de chance
Rires fond de couloir, fous sourires, étroits pas sages
Neuf semaines et demie à rejouer, attache-moi, éperonne-toi
J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité
Jours de pluie peau à peau chavirées, rosée de soleil
Calice ouvert, rouge possession, tendres baisers
Empreinte aimée
Cara Mia
03 juin 2008
Fleur innée de brume

Vénéneuse fleur liée de chanvre blond
Sur les soies tu tissais les fils de ta rancœur,
Sous les dentelles, t’enivrer de dangers
Déposer les armes, ô grand jamais !
Se garder d’aimer, seulement jouir
Nul ne sait,
Nul ne devine,
Les étaux de fer et de larmes que tu te destines
Triste fleur trop vite éclose,
Tu t’emmurais sous le givre de ton cœur,
Figeant ton masque quotidien
De sourires étudiés
Plus d’intime au palais des pâles peurs
Nul ne sait,
Nul ne devine,
Les sursauts qui parfois t’animent
Fragile fleur née un matin de mai,
Tu crus périr pourtant un autre jour d’avril,
Autre soleil perçant le brouillard
Aura léonine, son sourire, ton rocher
Plus de vire-tue-elle, sa réalité
Nul ne sait,
Nul ne devine,
Les espoirs rendus à l’ombre que ton cœur dessine
Cara Mia
Le Doute est le pire des venins
Goutte à goutte, ma nuit n’a pas de fin
24 avril 2008
Rhétorique du…

Déshabille-moi… Explore-moi… Savoure-moi… Inspire-moi… Respire-moi
J’ai envie de ta langue sur mon texte…
Oui, sur mon texte !
Là, sur chaque mot que je tresse avec d’autres dans la douceur ou l’espièglerie…
Que tu ne retiennes pas ton désir de caresser mes verbes du bout des doigts, de promener tes lèvres sur mes « encore » ou mes « plus fort »… J’aime tant être ton trouble !
J’ai envie de ton souffle sur ma police, de ta chaleur virile qui fait naître de lancinants frissons, de ton regard friand d’ébats qui argumente bien mieux que des paroles…
Que tu suives pas à pas au rythme de ta faim le chemin délié de mes courbes jusqu’à l’encre promise, une liqueur humide qui pourra tracer ses stigmates à même ta peau…
J’ai envie que tu ramasses, gourmand comme un oiseau-lyre, ces petits points d’hésitation et de mystère, miettes de moi que je sème en Petit Poucet effronté… que tu les savoures…
Que tu viennes t’étendre contre ma bouche qui perd sa syntaxe, qui susurre ces mots avec pour seule sémantique celle d’un désir chevillé au cœur… que tu me nourrisses du tien.
J’ai envie d’un désordre affriolant d’adjectifs, un sanctuaire profond où je t’attendrais, dispersant ma ponctuation comme mes soupirs sans silence… que l’on se boive et que l’on s’enivre enfin de tout ce qui ne fut que suggéré.
Que de ta langue sans complexes, tu déclines sur la carte de mon corps impatient tous ce que les sons ne disent pas, l’essence des ces amours composées au fil des « vouloir » et des « donner »…
J’ai envie enfin de n’être plus qu’onomatopées, jetées hors des bulles de notre bouillant synopsis.
Que tu dégrafes mes graphes, que tu dévores mes rimes vaines, que ton stylet griffe ma page blanche et colore mes joues de l’incarnat du bonheur, qu’il me pénètre et grave son sceau au plus profond, que notre imagination se passe enfin de mots…
J’ai envie de ta langue sur mon sexe…
Oui, oublie le texte !
Cara Mia
D
24 mars 2008
Plaisir d’un des sens

« Le chocolat est bien évidemment la matière dont sont faits les rêves.
Des rêves riches, noirs, soyeux et doux qui troublent les sens et éveillent les passions » (Judith Olney)
Délectable frisson sous les papilles
Du bout des doigts, étaler, dégouliner,
Du bout du nez et des lèvres, sentir la volupté 
Finesse caressant le palais rose des jeux
De saveurs inégalées, chaque sens en veut
Délice lointain des mille et une nuit
Mille et un voyages peuvent l’échouer au lit
De nos ébats odorants, onctueux, veloutés
En bain de plaisir aux supports variés
Avec ce noir, amer, profond comme la nuit
Ou ambré, doux, constellé de délits
Tu peux redessiner sur ma peau offerte à tout
Des trajets gourmands pour ta langue de sioux
Et puis déguster ses chauds effluves à l’aurore
D’un matin câlin qui succède à l’embrasement des corps
Partager en un regard coquin un souvenir sensuel
Où des formes exquises s’enrobent, se fondent, se mêlent
Cara Mia
06 mars 2008
Prédatrice
A la lueur du jour, je sais et tu as compris
Que je ne peux rien pour ta liberté,
De moi tu ne peux et ne pourras rien posséder
Rien qui ne soit parjure ou compromis
Mais la nuit m’habille de clartés nouvelles
Et je me cavalcade du monde en ruades rebelles…
Incarnant ta sauvage amazone, je m’approche
En conquérante féline de tes jeux sombres,
Dans ma chevelure de lumière qui s’accroche
Des clairs-obscurs sourdent doucement de l’ombre
Je deviens animale et j’esquisse l’éternelle danse
Celle qui m’envoûtera d’une fièvre carnassière
Hypnotiques, mes prunelles oblongues s’avancent
A l’affut, te toisant, appréciant un butin de guerrière
Laisse-moi t’enlaisser de mes atours ondulant
Je te tiens par le fil capiteux de ma faim
Ce soir tu seras ma proie sans lever ni couchant
Notre étoile dévorera le soleil pour une nuit sans fin
A ma bouche, à mes yeux tu boiras l’enivrant élixir
Le verre d’eau de vert, secret des faunes et des fées
Je dérouterai tes sens par l’absinthe du plaisir
Colorée à l’écorce amère des songes dévoyés
Femelle, je te laisserai deviner mes élans
Ma langue gourmande te promettra des assauts
Des entrailles couvertes d’écume pur-sang
Une chevauchée jusqu’à plus soif de sueur et d’eau
Sous le clair de terre, dédier à la lune mon cri de bête
Quand à la pointe d’argent de son doigt inquisiteur
Je fondrai sur toi, rapace, chien et loup en conquête
Le murmure primal du monde chevillé à mon ardeur
Assoiffée de silence, je banderai cette angoisse
Mes râles de plaisir, tes moindres gémissements,
Des corps qui se percutent, des peaux qui se froissent
Je voudrai laisser frémir cette musique, étrangement
Des profondeurs de mes chairs où nichent les orages
Mes feulements surgiront alors en furieux mélange
Dévastant tes oripeaux, je te prendrai enfin, sauvage
Et tu te laisseras envahir, ardent et consentant, mon ange
C’est une larme sans sel, douce et amère,
Un brouillard hors saison qui me réveillera repue,
Un goût métallique et âcre sur ma langue et derrière
Le corps au cœur d’une solitude sans nom, vaincue.
Cara Mia
16 février 2008
Angel-isthme

Le miracle de l'amour, ce n'est pas d'aimer un homme ou une femme : c'est de s'aimer soi-même juste assez pour être capable d'aimer vraiment une autre personne. (Roger Fournier)
En amour chaque aile d'amance est charnelle,
Chaque ange est une terre, un océan, un univers,
A caresser, parcourir, investir telle une citadelle
Chaque plume frôle, frissonne la peau à l'envers
Un voyage aux confins de l'intime,
De l'immensité à la pulsation infime...
Sortir de l’ombre, sortir du nombre des ombres
Indifférentes aux gangues de nuit qui les séparent
Se rejoindre en ce moment où le temps s’effondre
L’abîme franchi, la pulpe des doigts enfin s’empare
Des fragments de chair, l’élan de deux âmes amarrées
L’isthme divin les foudroie sous la lumière d’or poudré
Cara Mia
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