Bain de Mes Nuits

"Cara Mia..." De l'enfance innocente aux plaisirs d'une femme, ces deux petits mots sont moi, ma musique intime que seuls ceux qui m'ont aimée et m'aiment encore soufflent à mon oreille...

25 juillet 2009

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réédition 6 août

Merci

A ceux qui se reconnaîtront

Je n'attendais pas de geste, je n'attendais rien en fait
Mais j'ai eu beaucoup...
La clarté que beaucoup n'obtiennent jamais tant que rien ne leur tombe dessus :

Ceux qui se sont tus alors qu'ils parlaient d'ordinaire très haut
Ceux qui ont eu la générosité au moins d'une présence

Et puis les mots qui savent parler au coeur surtout...
à ceux-là, merci

"Ecrire, c'est déjà un peu arêter le temps..." (Claude Péloquin)


Alors ici, je reprends un peu mon souffle, juste un moment, peut-être que ça me fera du bien de me poser ici, chez moi... Peut-être que la course folle du temps et des miasmes qui s'accumulent vont se figer l'espace d'un instant.

Ce n’est pas l’insouciante, la passionnée, l’amoureuse que vous connaissez bien et qui est de passage ici aujourd’hui. Aucune image pour accompagner ce que j’ai à écrire. Bien que… Si je le pouvais, je me montrerais à vous, telle quelle, sans fard, sans effet, sans flou. Mais je ne le peux pas puisque je me refuse à exposer mon visage aux passants inconnus.

C’est juste moi, la maman, la femme de trente ans et des poussières qui remet son existence en question et qui a besoin de hurler… alors pourquoi pas ici ? Je ne l’ai jamais fait jusqu’à présent, j’avais pris le parti de me taire ou de ne laisser que des traces d’émotions plus ou moins poétisées, des fantasmagories, ou bien ma correspondance.

Rien à voir aujourd’hui.

Les choses changent, pour tout le monde je le sais bien, mais pas toujours dans le bon sens.

Je profite d’avoir une connexion internet (pour encore combien de temps, je l’ignore) pour déposer ces mots désordonnés, ma colère, ma révolte, mon abattement, tout ce qui se succède à ce jour dans ma vie.

Oui, je suis à la fois en colère et résignée… parce que je me sens impuissante.

Parce qu’on est au cœur de l’été et que d’ordinaire, je râlais simplement de ne pas pouvoir emmener mes gosses en vacances et que maintenant, je réalise qu’en août, je ne pourrais même pas les nourrir.

Parce que quand on gagne péniblement un seul salaire qui s’envole très vite, on ne peut même pas prétendre aux restos du cœur, on ne peut pas les envoyer en colo, on n’a pas d’aide sociale, on est « au milieu », on est « les nouveaux pauvres », les ignorés, on est rien !

Parce que c’est l’anniversaire de mon fils et que c’est sa grand-mère qui a dû remplir le frigo pour que je puisse inviter ses petits copains à la maison.

Parce que depuis plus d’un mois, on ne fait qu’un repas par jour, parce tout ce qui est prélevé sur mon compte est plus élevé que ce qui rentre, parce que les pénalités finissent de nous assassiner alors que je n’ai jamais rien fait d’inconséquent, juste ce qu’il faut pour vivre…

Parce que malgré mes six années d’études sup, je ne suis pas foutue d’arrondir mes fins de mois avec ma tête bien pleine (tu as raison, V, un diplôme en sciences humaines aujourd’hui, c’est inutile à la société, ce n’est pas « rentable » !), je ne parviens qu’a vendre mon image… et ça encore, ça ne suffit plus ! J’ai vendu mon matériel photo et même un collier auquel je tenais beaucoup.

Parce je m’en veux d’imposer ça à des gamins si jeunes… regarder vivre les autres et ne pas profiter de sa vie…

Parce que leur père a été licencié après une décennie dans sa boîte, qu’il n’a rien trouvé d’autre et que même les assedic semblent en vacances !

Parce que j’ai beau retourner les maigres solutions que j’ai dans tous les sens, ça ne suffit pas, j’ai du mépris ou pire, de la pitié en face de moi… celle qu’on offre aux parasites, un regard rempli de dégoût et de commisération.

Il faut juste savoir que ça existe, que ça n’arrive pas qu’aux autres de tomber dans un gouffre pareil et qu’une fois qu’on y est, même si on essaie de remonter, on vous tient la tête bien au fond.

Posté par Cara Mia à 11:55 - Vous avez un mess@ge - Commentaires [30] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juillet 2009

Encore un matin

douche1


Ce matin, un courant d’air frais traverse la pièce et caresse ma peau nue. La fenêtre est restée entrouverte avec la chaleur de la nuit et je savoure, encore engourdie de sommeil, cette caresse impalpable, improbable.

Sans ouvrir les yeux, je soulève le drap qui recouvre mes jambes brunes et remonte délicatement le satin blanc de ma nuisette. Quel drôle de fantôme d’été ! Un vent amoureux semble-t-il, il s’attarde…

Indiscret, l’air s’immisce dans des endroits qui, habituellement, ne sont pas si offerts. Il effleure d’abord mes fesses et comme mes cuisses nues s’écartent légèrement, il frôle, tout en douceur, mon sexe nu.

Mes yeux sont toujours fermés mais mon corps alangui réagit déjà à ces étranges caresses. J’ai envie de doigts, de sexe. Je ne veux pas encore voir le jour emplir la solitude de mes murs silencieux, trop silencieux.

Je préfère chercher derrière le rideau de mes paupières, le souvenir des contours d’un homme, une réminiscence de mes rêves de la nuit.

Ma main accompagne le trajet du vent et glisse entre mes cuisses. Ce serait tellement doux si ce vent pouvait la suivre plus loin encore… des contours, une odeur, une voix, des doigts, une langue, un sexe, tous ces mots me reviennent en mille flashes… des mots, toujours des mots… mais aussi des souvenirs ! Et j’ouvre soudain les yeux, éblouie de saveurs, de chair ! C’est si présent…

À deux doigts de la jouissance, je suis moite et frémissante de caresses imaginaires, je ne peux pas, pas ici, pas encore. J’ai besoin d’eau… Je me dirige vers la douche. Avec maîtrise, je règle la puissance du jet d’eau fraîche. Je commence par mes jambes engourdies qui progressivement se détendent, je l’accroche ensuite au mur et m’abandonne à la cascade bienfaisante qui m’engloutit de la tête aux pieds. Les yeux clos, la cambrure offerte, je respire à peine… les images resurgissent, en rafales… mes mains étalent de l’huile de menthe poivrée sur mes courbes glissantes, l’eau tiédit progressivement, les trajets sont vertigineux, l’arôme puissant. Mes doigts se concentrent sur la bouche de ce volcan furieux qui réclame une éruption. Leur fourche s’attarde et pénètre une fois, puis deux… ça glisse, c’est trop long ! Je saisis alors le pommeau de la douche vrombissante et oriente le jet… de légers mouvements circulaires en pluie vive et pénétrante, j’augmente la pression. Mes oreilles bourdonnent et je jouis enfin, l'eau bouillonnante mêlée aux larmes de mon sexe, mes lèvres ouvertes sur le prénom soufflé de… personne. 

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 00:51 - En eaux claires - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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