01 février 2009
Centième
Je me souviens de mes doigts empressés, cavalant derrière l’idée fugace, enrobant la forme imprécise de méandres noirs…
C’était avant ce clavier, je n’écrivais, ne dessinais que pour moi.
C’était avant d’être on-line et de livrer mes liners, mes nus, mes rires ou mes tripes.
Avant d’envahir vos pupilles vagabondes ou vos conduits auditifs curieux ou juste errants.
Un regard…
Qu’attend-elle Miss Cara Mia ? Juste un regard sur ce qui sourd, coule et se répand de son esprit tapageur ou timide, de son ventre ou de son cœur… tout simplement. Un regard peu importe qu’il soit bienveillant ou indifférent, les jugements glissent sur elle comme l’eau de son bain.
Ici, elle peut dire tout ou peu… mais les mots comme les images sont toujours d’une force redoutable, non ?
Ici, rien n’est tiède…
Cara Mia, c’est une représentation de moi, une sorte de complétude désincarnée m’a-t-on dit, mais tellement moi en même temps ! Derrière celle qui se paie le luxe (en souriant de honte) de vous parler d’elle à la troisième personne aujourd’hui, il y a celle qui se pose devant l’écran au petit matin, dépitée de n’avoir pas su séduire suffisamment Morphée.
Il y a la petite fille aux grands yeux de source, inquiète, retenant ses sourires et ses peurs.
Il y a la femme-enfant, la maîtresse-femme qui arrache à la virtualité rebelle tous les fruits des possibles… parce qu’elle rit de se jouer des apparences et qu’en somme, elle veut du vrai.
D’ici et de plus loin, les mots se sont posés, pas comme des cadeaux mais bien présents tout de même... alors merci !
Il y a eu des mots tendres et consolateurs, des signes émouvants et familiers, de doux délires complices, des fous-rires et puis d’autres mots inconnus ou surprenants qui se posaient, inattendus, sous mon regard, comme des caresses ou des épines.
Rien de grave au pays imaginaire... Lui m’a appris à les retirer, à ignorer la douleur, à la laisser s’apaiser au fil impavide du temps ou de la toile.
Mais il y a aussi une forme d’aliénation… Vous l’avez ressentie vous aussi un jour ou une nuit, peut-être plus longtemps ?
Est-ce une malice dissimulée en moi ou le propre de ce monde… je ne sais encore quelle part des deux prédomine. Seulement, j’ai eu de la colère, des morsures, une exaltation certaine parfois : soumise à cette électrique clarté de l’écran comme à la blancheur d’une toile ou d’une page vierge en leur temps. Des heures durant… Révoltée contre le désir, l’amour, le manque, l’objet de mes feux qui m’inspirait, contre moi qui m’éviscérais pour rendre la profondeur de ces sentiments à sa justesse. Etre l’esclave de ce que vous pouvez appeler de l’exhibition (et que j’appelle aussi création parfois) condamne… Toutefois, quel bonheur lorsque l’on a rendu ce que l’on souhaitait !
Rien n’est jamais neutre ou anodin ici pourtant, souvenez-vous… ma peau, mon cœur s’inscrivent en filigrane de tout.
Souriez à mes joies, emparez-vous de mes amertumes, possédez un instant mes images… tout ceci est pour vous mais c’est surtout moi…
Chaque lueur que je dépose dans ces eaux, je l’ai arrachée de mes ongles à ma propre chair… j’aurais pu en crever parfois, d’autres fois elles m’ont fait revivre ! C’est un combat étourdissant à livrer pour et contre soi-même.
J’ai mal face à l’incompréhension de ceux que j’aime.
Ou quand il n’y a rien, rien d’eux… ma vie durant, tout sauf l’indifférence !
Alors j’efface, je passe, je respire mes rêves mouillés… tendre amour
J’attends un autre jour.
Le meilleur, c’est toujours Demain…
Cara Mia
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