Bain de Mes Nuits

"Cara Mia..." De l'enfance innocente aux plaisirs d'une femme, ces deux petits mots sont moi, ma musique intime que seuls ceux qui m'ont aimée et m'aiment encore soufflent à mon oreille...

25 septembre 2008

Mon secret

mur
Photo JM McCall

Des jours sous un soleil-supplice
Tant de jours noirs au cœur d’un été chaviré…
Des nuits sous l’infini sans étoiles
Tant de nuits fœtales au regard éteint…

C’est la fin de saison, frissons de vent roux et de peut-être parfumé.

Un jour… le hasard espiègle… quelques mots, un rien, une dentelle déposée, un sourire échancré.
Une nuit… le destin taquin… plaies de colère, manque agacé, un soupir échangé.

Jeter le sel par-dessus l’épaule, jeter la pierre au sol, jeter le sable au lieu de le regarder glisser, et croiser à nouveau nos yeux fous, pétiller vertigineusement comme des bulles d’alcool doré.
Un petit rien du tout. C’est mon secret.

La fuite de ces regards qui refusent d’obéir à l’injonction raisonnable qui a voulu les faire taire.
On ne bâillonne pas un regard…

Et puis ses doigts effervescents, la glace de mes hivers se rompt, ça ne fond pas doucement, ça se fend, ça coupe, mon sang-geyser bouillonne, jaillit, réchauffe…
Ses doigts saisissant les miens, enfin… et puis mes doigts encore maladroits trouvant leur chemin familier en aveugle, là, au creux mâle du cou, artère fébrile…

Des doigts qui se moquent des raisons, des saisons, du chêne arraché, du roseau plié, de la rose qui renaîtra toujours entre les mains d’un Petit Prince aux cheveux de blé.
Mon secret m’absorbe, m’éclabousse, indigo, sang et or… la tempête est paisible, colorée, lumineuse, mes yeux d’enfant voguent au creux éclatant d’une vague puissante et pure, d’un irrésistible et surréaliste voyage, Paysages, lacs et chimères.

Un petit rien soude les non-dits, remplit le temps élastique qui n’est plus que l’absence de nos peaux.
Sept semaines ont passé, elles se diluent en lavis clair.
D’autres passeront après cette île.

S’arrêter, souffler, c’est si doux…
Au secret, contre moi, il s’endort. Les lèvres contre mon cœur.
Je ne dormirai pas… j’écoute, je respire, je me nourris de ce Nous amniotique.
Au petit matin bleu, les lentes arabesques de ses doigts engourdis dessinent encore le souvenir de nos trajets furieux… je frissonne…
L’éternité passe par là.

Cara Mia

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21 septembre 2008

Rêverie

reverie


A la faveur des jours plus frais et plus courts, j’évite de rentrer à pieds, finies les courses nonchalantes de fin d’après-midi… Je suis une frileuse. J’ai regardé ma montre ce soir qui m’indiquait dix-neuf heures trente… la nuit déjà ! Et un léger frisson qui me faisait presser le pas vers ma voiture. Comme souvent en cette saison délicate, je ne suis pas assez couverte et je peste contre l’automne pressé en me remémorant l’été à peine endormi.

Douces heures de farniente sur le sable, un soleil cuisant qui m'éclabousse d’or ambré et engourdit mes sens.
Mais pas toujours...

Je tourne en direction de la plage, j’aime bien faire ce petit détour. Même à la lueur de la lune, le décor est superbe de sérénité. Je ralentis, je m’arrête (…)

En cette fin de juillet, il y a du monde autour de moi sur cette plage. Mais je n’entends ni les cris, ni les rires, ni même sa voix qui m’a pourtant envoûtée. Mes sens se ferment un à un, seul mon regard darde ses rayons sur lui. Il ne m’a pas abordée de façon cavalière avec des mots surfaits et une assurance proche du ridicule comme c’est souvent le cas. Il travaille ici, il me voit tous les jours, nous échangeons quelques politesses et il a choisi de venir tout naturellement se présenter aujourd’hui. Rares sont les femmes seules sur cette plage familiale peu fréquentée… et lui, il a la beauté du diable ! Un bel éphèbe bronzé, très « cliché » et pourtant discret. Si, si ça existe… Une gourmandise de vacances.

Il est de profil, le regard perdu vers l’horizon : il semble surveiller quelque chose et pourtant il me parle, de tout, de rien, je ne suis plus…

Il passe la main dans ses cheveux indisciplinés et j’envie alors cette main qui effleure ses poils en remontant sur la joue, qui fouille dans ses mèches, qui caresse ce crâne où virevoltent de mystérieuses pensées : comme j’aimerais y pénétrer ! Comme je prendrais bien la place aussi de cette goutte de sueur qui se faufile de sa tempe à son menton. Que penserait-il si mon doigt, là, à l’instant, suivait ce trajet ? Moi qui ne l’ai encore jamais touché ?

A moins que je ne suive celles, plus petites, plus cachées, qui affleurent sur son torse couleur de miel pour se perdre dans sa ceinture… Que penserait-il si mes doigts… ?

Soudain, il recule, il regarde de l’autre côté et moi, je me penche pour ne pas perdre le fil de ma rêverie. Derrière mes lunettes noires, brûlée de soleil et brûlante de désir, j’essaie de ne pas cligner des yeux, de ne pas flouter son image. Assoiffée, je le bois déjà, je goûte déjà au sel de sa peau…

"Vous portez quoi habituellement ?"

"Comment ? Excusez-moi, je rêvais…"

"Comme vêtement, me murmure-t-il en souriant… je ne vous vois qu’en paréo."

Il a buté sur le mot string qui n’a pas osé franchir ses lèvres…

" Et bien j’enfile assez souvent des jeans par-dessus mes strings quand approche l’automne. Vous n’aurez qu’à revenir par ici à la rentrée si cela vous tente de me voir habillée…"

Cara Mia

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14 septembre 2008

Sanguine

lovers_by_ramo138


J’avais rêvé d’un amour que je n’avais jamais connu…

De ces foutus moments de bonheur qui ont des parfums de perfection… imperfectibles !

De ces instants aveuglants si intenses que l’on ne peut accepter aucune tâche, aucun délavé. Ni pâleur, ni tiédeur.

De ces parenthèses où l’on se sent transporté aux cimes rien qu’en partageant un bout de trottoir, où la moindre étoffe immaculée a des reliefs de noces païennes, où l’on n’a envie de voir, de sentir, de toucher personne d’autre, où même les gens qui comptaient s’effacent, où les cinq sens convergent et se fondent en un seul, où tout notre être tend vers l’autre… absolument.

Je suis comme ça. Sanguine.

Et je ne me connaissais pas.

Je ne savais pas que la vie pouvait prendre la couleur profonde et rouge des songes les plus audacieux.

C’était un rêve.

Peut-être.

Sa main caressait nonchalamment la mienne dans ce bar bondé. J’avais le vertige, déjà, bien qu’aucun alcool ne soit en cause. Il ne me regardait pas, il conversait avec une de ses connaissances, moi aussi.

Mais je savais, je sentais que notre monde perceptible se limitait à ces frôlements clandestins, à ces influx électriques si précis, peau contre peau, ses doigts jouant avec les miens, ma main remontant tout doucement le long de son poignet, mimant le geste de possession de son intimité qui me taraudait depuis des heures.

Regard en coin, demi-sourire… c’est tout.

Soudain, la foule se fait plus dense, je suis plaquée contre lui. Son autre main s’égare, protégée par l’anonymat des corps enfiévrés. Je tends mes fesses moulées dans un jean blanc contre son bassin, furtivement. Assez pour qu’il devine à ce mouvement mon cœur emballé, mon sexe ouvert, humide, impatient. Il fait de l’esprit, ses yeux se plissent, il rit de je ne sais quoi, mais le sait-il lui-même ? Il bande, je le sais, la tension de chacun de ses muscles que je sens frémir, si proche, me le dit. Lorsque ses doigts quittent ma main et parcourent mon entrecuisse, de plus en plus précis, je défaille déjà, prête à jouir, là, debout devant tout le monde. Mais il sait faire durer le plaisir, ses lèvres me frôlent, les braises rougeoient, il n’y a plus que du rouge autour de moi, mon cœur écarlate ne s’encombre plus de pastels.

Nous ne nous échangerons pas un mot, nous savourerons comme un élixir suprême le silence assourdissant de nos désirs chevillés sur une partition muette que nous connaissons par cœur.

Plus tard, dans la chaleur pressée de cette nuit d’été, sur le capot brûlant d’une voiture, sur les rochers d’une plage déserte ou sur l’accoudoir du canapé… si nous y arrivons… Il se glissera entre mes jambes pour orchestrer ces ondes capricieuses au creux de mon ventre.

Sa langue experte viendra les chercher, les exalter, me faire trembler puisque c’est comme ça qu’il m’aime, frémissante et possédée, entièrement.

Attentionné, amoureux, il ne cessera que lorsque j’aurais joui une première fois, ouvrant le feu d’une nuit si lumineuse pour deux amants de l’ombre.

Il me dira qu’il me veut à tout jamais et rien qu’à lui, je le lui promettrais, brutale, entière et confiante.

Il me dira qu’il veut me prendre, maintenant et encore, toujours.

Je lui dirai de le faire.

Et de me garder.

Surtout

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 01:25 - En eaux profondes - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 septembre 2008

Parce que...

Lilith_in_Chains


J’ai vécu dans un antre de maux, où la musique ne vibrait qu'au sol...
Papillon apparemment volage, pourtant épinglé,
Sur un tableau de mots chamarrés,
En vapeurs de désirs et d'amour mêlés,
En promesses d'harmonie, une danse en haut vol,

Emmène-moi danser
Dans les dessous
Des villes en folie
Puisqu'il y a dans ces endroits
Autant de songes
Que quand on dort
Mais on n'dort pas
Alors autant se tordre
Ici et là
Et se rejoindre en bas
Puisqu'on se lasse de tout
Pourquoi nous entrelaçons-nous ?

Parce que chaque espoir crée des écueils
Tant de voyages à double-tranchant, vertiges et deuils
Sur les doigts de l’amant, restent si jolies
De fines poussières d’ailes meurtries...
Parce qu’il palpite encore ce fragment d’éternité
Même au cœur des écorchés

Serre-moi encore
Étouffe-moi si tu peux
Toi qui sais où
Après une subtile esquisse
On a enfoncé les vis...

Doux leurres des tendresses rêvées
Douleurs des caresses solitaires
Douce heure des mots échangés
Douceur des gestes éphémères

Oh mais non rien de grave
Y a nos hématomes crochus qui nous sauvent
Et tous nos points communs
Dans les dents
Nos lambeaux de peau
Qu'on retrouve ça et là
Dans tous les coins

Parce que…
Je ne cesse pas de trembler
C'est comme ça que tu me reconnais.

Cara Mia
Et quelques mots d'un Noir Désir...

Posté par Cara Mia à 20:45 - En eaux troubles - Commentaires [31] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 septembre 2008

Romance astrale

romance_astrale

Là, le sable infini s’égrène patiemment,
Mines salines iodées sous les feux du couchant,

Il accueille mouvant en formes émondées
Nos silhouettes courbées, délacées, enlacées

Hier, un soleil gluant a emmiélé nos peaux
D’ambre en pain d’épice, couleurs, saveurs du chaud
Courbes aqueuses pigmentées de grains de juillet
Caresse humide granulant en sucré-salé

Qu’importe les autres là-bas et leurs guerres lasses
Déportées en oubli les attentes voraces
Avec elles, les noirceurs des pâles apparences
L’acéré puits gouffre des belles convenances

L’été et la nuit montent en insectes fols
Saouler de leur magie nos deux chairs qui s’affolent
Deux ombres éjectées du réel et du temps
Se découvrent et se fondent en sève de présent

La flamme de l’instant se fait souffle limpide
Lapidé d’oubli, demain se meurt insipide
Hier n’a plus que l’écho lointain des envies
A la lune câline, le rêve dure une vie.

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 14:53 - Arrimages - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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