Bain de Mes Nuits

"Cara Mia..." De l'enfance innocente aux plaisirs d'une femme, ces deux petits mots sont moi, ma musique intime que seuls ceux qui m'ont aimée et m'aiment encore soufflent à mon oreille...

22 juillet 2008

Visions

oleg_kosirev

Dans un recoin de ma tête, bien à l’abri des préjugés, se percutent des images interdites et des sanglots amoureux. Comme un long travelling, la pellicule se déroule au gré de mes parfums et de tes envies. Au cœur big-bang de ces souvenirs incandescents, je mêle des plans larges de scènes non-jouées où je ne plante qu’un décor d’alcôves ou de coins de nature édénique et des gros plans très précis… ta bouche tendre, ton œil rieur, tes veines gonflées de lave, mes cheveux ophidiens qui collent à ta peau, mes ongles qui jouent à être rétractiles, ton sexe arrogant, mon sexe qui l’avale.
Flash-backs et anticipations, tout se mélange…
Evidemment, ils vont venir ces autres moments où ma peau nue effleurera à nouveau la tienne, où ton regard ravagera le mien alors que mes lèvres s’arrondiront de surprise et de plaisir, où tu auras hâte de saisir ma cambrure, offerte, déjà moite, de frotter mes fesses contre ton bas-ventre frémissant.
Evidemment, j’imagine cette musique de silence et de souffles lorsque nos baisers à pleine bouche nous embraseront. Tu apparais encore de façon fugitive, ta langue s’enfonçant entre mes lèvres, je ne sais plus lesquelles, la nuit ou le jour, sur ce cuir fauve ou cette table, les jambes nouées autour de ta taille souple, vide et rompue…
Evidemment, tu me feras l’amour avec cette violence conquérante ou peut-être me baiseras-tu avec cette douceur bleue marine, reflet de ton regard gorgé de pluies tièdes d’été.
Evidemment, mon esprit se délecte en cercles vicieux, en souvenir d’avenir, ce sentiment de puissance suprême ressenti quand je tiens ta jouissance au bord des lèvres ou d’une main.
J’aime tant ces gestes, cette alternance de visions crues-softs, cette émotion lorsque tu t’attardes sur mon regard après l’amour, j’aime tant que tu me dises que tu m’aimes, que c’est plus que tout ça…

Cara Mia

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09 juillet 2008

Instants soleil

soleil

Allongé nue sur la terrasse carrelée, le soleil m’écrase depuis des heures…
Les yeux plissés par le vent qui se lève, il me regarde. Je le vois sous mes lunettes noires. Je ne bouge pas. Dans son regard, des dizaines de refrains, les couleurs chantonnent, je pourrais le jurer. Je ne les connais pas mais je les entends…
Chanter avec lui la mélodie d’un éternel été.
Le temps se fige. Frissons.
Son regard s’étire alors, fond sur moi comme un rapace effronté et gourmand.
Ses paupières s’écartent légèrement et je devine la flèche qu’il darde, promène de ma nuque à mes reins, de mon intimité à mes seins… Impudiques. Danse silencieuse des doigts promenés en songe, du bout des cils… Je lève mes yeux pour tenter de capturer et de fixer dans ma mémoire ce long trait bleu, l’immensité océan de son désir. Un instant volé… je sais bien pourtant que rien de lui ne peut être gardé à jamais. Seuls les souvenirs demeurent liés, enchaînés aux intentions dévoilées, enfin avouées, jamais reniées.
Bâillonnée d’attente, je sens courir la brise excitée sur mes joues, mes cuisses brûlantes.
Lui avance enfin, esquisse un geste, à fleur de peau, ma peau qui l’aimante, sa peau, mon amante…
Il pointe un doigt inquisiteur entre mes seins, là où la chair est lumière, perlée de sueur.
Je lève mon visage vers lui, j’adore le provoquer d’un petit rictus de mes lèvres rieuses, je fais mine de le repousser mais un grognement félin m’intime la patience. Ayant volé un peu de ce bleu avide à son regard, je l’emporte et me réfugie sous mes paupières, offerte. Du bout des doigts, il me dessine, il me caresse. La corolle de mes désirs se déploie lentement.
L’instant se prend, se répand, s’apprend.
Le silence a des couleurs infinies qu’il ne faut pas mélanger. Ne pas bouger. Pas encore…
La musique semble sourdre des pores mêmes de sa peau à lui… sea, sex and sun, il me l’a déjà murmuré, c’était l’hiver pourtant.
Chaleur, effluves, douceur électrique. Les yeux clos, je sens son ombre se profiler et refroidir furtivement mes courbes alanguies, je le situe, je l’attends. Ses mains se sont perdues, mes reins se soulèvent à leur rencontre. Envie de crier mon manque, lui dire combien j’ai envie, besoin d’être investie de son amour, pleinement, totalement. L’entend-il, le sait-il ?

Froissements d’étoffes. Son corps chaud comme un fruit des cimes glisse au sol près du mien, sa bouche m’offre la plus subtile des sarabandes. Mes tempes cognent au rythme de nos cœurs qui s’invitent au diapason. J’ai peur de le voir et de laisser s’échapper ce bleu précieux, de le rendre à l’azur qui nous surplombe, aux souvenirs déjà.
Saccades bourdonnantes, ses doigts ne cherchent plus, ils accompagnent les mouvements lascifs de mon bassin. J’explose, je rugis, j’exulte…  Je me révolte. Le présent va-t-il déjà passer comme une saison ? Le soleil éclate dans mes yeux, je me redresse, élastique, je le surplombe.
Tremblante du feu qui me consume, de l’or qui semble couler dans mes veines, je le renverse sans peine au premier mouvement. Je l’ai retrouvé, il est à moi, peu importe la saison ou la musique, nos mots n’ont pas de voix.
Indécent et beau comme un dieu offert à la morsure de l’astre du jour, je le recouvre, consentant, de ma tendresse fébrile. Peaux qui se collent, moiteurs fruitées défendues, goût salé des baisers les plus osés… 

Il a saisi mes hanches, envahi mon ventre qui ronronne sous ses assauts indomptés et puissants, toujours plus loin. La Grande Bleue capricieuse, soumise au vent qui la malmène, nous accompagne de son ressac complice. Je la vois par-dessus son épaule, scintillante sous le soleil qui y plongera bientôt. Lorsqu’il s’effondre, lumineux, sur mon corps déjà repu, nous n’avons toujours pas dit un mot.
Combien de temps sommes-nous restés ainsi… ?
Jusqu’à ce que les étoiles s’allument et le froid nous dérobe. Sur la Grande Toile, nos silences en avaient accroché une nouvelle.

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 00:08 - En eaux profondes - Commentaires [36] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juillet 2008

Evanessance

Flying_Angel_by_ahermin

"Même pour le simple envol d'un papillon tout le ciel est nécessaire."
(Paul Claudel)

Il ignorait sans doute qu’elle était comme ces papillons blancs aux larges ailes poudrées qui aiment évoluer avec grâce mais aussi se laisser prendre dans un filet de mots, aérienne prison… 

Les mailles distendues, les mots évaporés, pourquoi virevolter encore autour de lui ?

Chez elle, enrobée de douceurs laiteuses, elle songeait à tout ce qui l’avait invitée aux baisers, aux plaisirs… une lumière dans sa nuit.

L’eau tiède comme un déshabillé d’ondine perlait en fins cristaux sur sa chair ivoire.

Pulsations d’attente au creux du cœur, effluves tendres au creux des poignets, caresses de soies choisies au creux de son intimité. Le temps fila comme une étoile morte.

Bouche de velours gourmande, pressions délicieuses de doigts retrouvés avec hâte.

La salle était pleine, la promiscuité écœurante, les brumes enjouées et festives.

Mais les revoilà seuls au monde, face à face. Les mots se perdent, les pensées se parlent.

Dans l’air indiscret, tout invite à se percuter, à basculer dans le décor, se laisser happer par les longs doigts d’ombre qui se dissimulent sans doute sous les satins cramoisis. Oui, l’air et l’alcool l’entêtent, elle se raccroche à sa présence rassurante, son phare.

Déjà, son regard la consume, il effleure avec délice la dentelle claire du liseré qui orne son décolleté, elle sursaute quand il saisit sa main, pressant. Le feu azur de ses yeux pénètre les siens puis redescend, explicite, sur les pointes arrogantes de ses seins qui se dessinent sous l’étoffe légère. Son insistance les fait se dresser davantage.

Sa bouche, elle veut sa bouche ourlant délicatement l’aréole de chacun d’eux.

Il ne parle plus, elle écoute son silence. Elle décroise ses jambes et, tout en mordant ses lèvres jusqu’au sang, elle en étend une, curieuse, le long de sa cuisse qui tressaille, remonte de son pied jusqu’à son sexe tendu pour s’y attarder effrontément. Il aime faire glisser ses envies comme ses bas jusqu’à l’assouvissement impromptu. La caresse s’interrompt pourtant comme une promesse de mets plus délicats.

La nuit les a pris, les a rapprochés, fondus, leur a offert les plus lumineuses jouissances.

Puis le matin et l’espace se sont infiltrés insidieusement, encore, toujours.

Chez elle, l’éponge ruisselante noyait le bleu de ses pensées, pansait de tendres frissons l’immobilité de cette plaie d’attente. Pourquoi virevolter encore autour de lui ?

Parce qu’il avait touché l’insaisissable. Il suffisait de si peu et pourtant, sans conscience, il l’avait touchée…

Etreindre ses ailes diaphanes de papier crépon, les froisser d’élans non mesurés, les déchirer de silences ou de réparties cinglantes, de rires cruels, de toute la gamme des émotions passionnées, de la joie aux larmes, de désirs foudroyants. Elle ne pouvait plus voler. Elle ne voulait plus voler. Elle n’était plus éphémère.

Il avait suffi de si peu.

Cara Mia

    

Posté par Cara Mia à 00:06 - En eaux claires - Commentaires [36] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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