09 juillet 2008
Instants soleil
Allongé nue sur la terrasse carrelée, le soleil m’écrase depuis des heures…
Les yeux plissés par le vent qui se lève, il me regarde. Je le vois sous mes lunettes noires. Je ne bouge pas. Dans son regard, des dizaines de refrains, les couleurs chantonnent, je pourrais le jurer. Je ne les connais pas mais je les entends…
Chanter avec lui la mélodie d’un éternel été.
Le temps se fige. Frissons.
Son regard s’étire alors, fond sur moi comme un rapace effronté et gourmand.
Ses paupières s’écartent légèrement et je devine la flèche qu’il darde, promène de ma nuque à mes reins, de mon intimité à mes seins… Impudiques. Danse silencieuse des doigts promenés en songe, du bout des cils… Je lève mes yeux pour tenter de capturer et de fixer dans ma mémoire ce long trait bleu, l’immensité océan de son désir. Un instant volé… je sais bien pourtant que rien de lui ne peut être gardé à jamais. Seuls les souvenirs demeurent liés, enchaînés aux intentions dévoilées, enfin avouées, jamais reniées.
Bâillonnée d’attente, je sens courir la brise excitée sur mes joues, mes cuisses brûlantes.
Lui avance enfin, esquisse un geste, à fleur de peau, ma peau qui l’aimante, sa peau, mon amante…
Il pointe un doigt inquisiteur entre mes seins, là où la chair est lumière, perlée de sueur.
Je lève mon visage vers lui, j’adore le provoquer d’un petit rictus de mes lèvres rieuses, je fais mine de le repousser mais un grognement félin m’intime la patience. Ayant volé un peu de ce bleu avide à son regard, je l’emporte et me réfugie sous mes paupières, offerte. Du bout des doigts, il me dessine, il me caresse. La corolle de mes désirs se déploie lentement.
L’instant se prend, se répand, s’apprend.
Le silence a des couleurs infinies qu’il ne faut pas mélanger. Ne pas bouger. Pas encore…
La musique semble sourdre des pores mêmes de sa peau à lui… sea, sex and sun, il me l’a déjà murmuré, c’était l’hiver pourtant.
Chaleur, effluves, douceur électrique. Les yeux clos, je sens son ombre se profiler et refroidir furtivement mes courbes alanguies, je le situe, je l’attends. Ses mains se sont perdues, mes reins se soulèvent à leur rencontre. Envie de crier mon manque, lui dire combien j’ai envie, besoin d’être investie de son amour, pleinement, totalement. L’entend-il, le sait-il ?
Froissements d’étoffes. Son corps chaud comme un fruit des cimes glisse au sol près du mien, sa bouche m’offre la plus subtile des sarabandes. Mes tempes cognent au rythme de nos cœurs qui s’invitent au diapason. J’ai peur de le voir et de laisser s’échapper ce bleu précieux, de le rendre à l’azur qui nous surplombe, aux souvenirs déjà.
Saccades bourdonnantes, ses doigts ne cherchent plus, ils accompagnent les mouvements lascifs de mon bassin. J’explose, je rugis, j’exulte… Je me révolte. Le présent va-t-il déjà passer comme une saison ? Le soleil éclate dans mes yeux, je me redresse, élastique, je le surplombe.
Tremblante du feu qui me consume, de l’or qui semble couler dans mes veines, je le renverse sans peine au premier mouvement. Je l’ai retrouvé, il est à moi, peu importe la saison ou la musique, nos mots n’ont pas de voix.
Indécent et beau comme un dieu offert à la morsure de l’astre du jour, je le recouvre, consentant, de ma tendresse fébrile. Peaux qui se collent, moiteurs fruitées défendues, goût salé des baisers les plus osés…
Il a saisi mes hanches, envahi mon ventre qui ronronne sous ses assauts indomptés et puissants, toujours plus loin. La Grande Bleue capricieuse, soumise au vent qui la malmène, nous accompagne de son ressac complice. Je la vois par-dessus son épaule, scintillante sous le soleil qui y plongera bientôt. Lorsqu’il s’effondre, lumineux, sur mon corps déjà repu, nous n’avons toujours pas dit un mot.
Combien de temps sommes-nous restés ainsi… ?
Jusqu’à ce que les étoiles s’allument et le froid nous dérobe. Sur la Grande Toile, nos silences en avaient accroché une nouvelle.
Cara Mia
Commentaires
Sac et ressac...
Ce bruit lointain et violent rythme la danse des corps...
Moment de pur désir!
C'est un texte sublime, que tu as écris là, qui nous donne envie de vivre ces "instants soleil"! Je voulais te faire un coucou avant de partir! Je garde le contact, malgré la fermeture de mon blog...Tu sais...Milles bisous a toi, à toi et à trés bientôt.
Ballet des corps
avec le ciel et les astres pour spectateurs...
En final, un baissé de rideau d'étoiles.
Bises douces
Beau. Infiniment.
Brûlante fugue en corps majeur... Votre récit impose un rythme de diaporama en haute définition ! Et vos paupières mi-closes sur l'éternité de l'horizon invitent au voyage au pays de vos plaisirs.
Poussière d'étoile
A te lire Cara, on se sent à la fois infiniment petit et en même temps comme recouvert de lumière après un instant précieux.
Chacun de tes textes est une symphonie de sensations. Celle-ci est d'une beauté éclatante.
Merci merci merci merci merci !!!!
Tu es belle.
Seuls
au monde, vous deux et le soleil, torride instant partagé avec nous. Merci. Je vous en souhaite encore de nombreux. Bises à vous.
Magnifique texte plein de sensualité, o sent le bonheur qui irradie ce texte, une ode à l'amour merveilleuse.
Bises
Ah oui, vraiment superbe ce texte...
Très beau texte
et magnifique photo de toi, je comprends cette inspiration réciproque. Bises libertines.
Que dire, que dire, que dire?
Que ton texte est beau? ça a déjà été dit...
Que tu es une virtuose des mots? Dit aussi...
Que j'aimerais avoir ton talent pour enchaîner noms, adjectifs, verbes et adverbes? Déjà dit également...
Que ta photo est très belle? Tout plein de mâles et de femelles sont là pour le dire aussi...
Par Lucifer, Moloch et Belzebuth qu'il est dur de faire un commentaire digne de ce nom tant tu nous transportes dans ton monde (et là sur ta terrasse)...
Alors que dire?? Rien...
Ah si! Tout bas j'aimerais te demander une faveur prosaïque... Mais ce n'est pas encore l'heure...
(oui car là, il faudrait que je pense à dormir... J'ai une injonction de Lilith et Satan comme quoi dans les jours qui viennent je devrai montrer tous mes talents pour corrompre une âme... Déjà bien corrompue)
Toujours un plaisir de passer par ici...
premier passage!!
bonjour premer passage , mais quel blog : texte,photos, et modéle, alléchants donc a trés vite . KISS
un texte comme une sieste d'été quand le soleil écrase tout… que des persiennes distillent une chaude pénombre et que au dehors les bruits sonnent sourds… une vague rumeur de cigales… et des draps frais et défaits…
Toujours aussi érotique. Le texte et la photo ne me laissent pas insensible...
J'aime
l'ambiance feutrée et mordante à la fois de ce texte...Elle me rappelle des étés méditerrannéens de mon coeur...sourire.
ah, cette peau veloutée et douce, caressée par le soleil d'été. Ces doigts qui la parcourent et qui en abusent me rendent jalouse, moi si loin. Je ne peux que t'effleurer par la pensée...
Un magnifique texte je trouve, la photo l'est toute autant
fare la fusa
c'est superbe ..
Cela vallait le coup de savourer ce texte, ne serait-ce que pour en découvrir la dernière phrase ...
Joli petit coeur également en photo ;)
C'est comme....
... un après midi au soleil, une douce torpeur vous envahit, vous entoure de sa douceur alors que le soleil abandonne ses derniers rayons de soleil à la mer...
Sur la plage l'ambiance change, on dirait qu'il ne reste que les fidèles et puis la nuit est déjà là, ambiance de fête, là bas autour d'un feu, étreintes passionnées à l'écart, souffle court, sueur qui perlent, plaisir et désir intimement lié... J'aime la plage!
le plus surprenant, lorsque l'hivers est là, que le vent à nettoyer la plage des dernières tracent des vacanciers, je vois encore dans le sable la trace des étreintes, éternelles à jamais....
Ne me demandez pas pourquoi mais vos mots on fait surgir cela de ma mémoire, je sais, je sens que je suis hors sujet mais je suis sur que vous comprendrez, peut-être parce que nous avons partagés ses images sans jamais nous rencontrer!
PS: ne vous ai-je pas déjà dit que j'aime cette photo de vous (moi il me semble voir une marque :0)
* * * * * *
Coucou. Merci de ta visite chez moi, cela m'a permis de venir faire connaissance avec ton univers que je trouve très séduisant. Bisous
Le soleil et tout va pour le mieux
Non y a pas à dire tout va toute de suite mieux quand le soleil est au rendez-vous. Et puis comment resister à la lecture d'une tel étreinte!
Merci ma belle ...
je t'embrasse
FLAMBOYANT
Que rajouter à tous ces " ressentis" exprimés si ce n'est un grand merci pour ce texte flamboyant qui nous fait à notre tour tutoyer les étoiles !
Quant à la photo qui l'illustre elle illumine tout l'été...
Baisers ensoleillés
E&M
Et je fais comment moi....
...maintenant que je suis plongée au cœur de cette ambiance que tu as si magnifiquement su nous faire partager charmante Cara ;o)
Tes photos sont délicieuses!
Décidément, je suis rêveuse aujourd'hui et cela ne va pas aller en s'arrangeant!
Je t'embrasse tout doux
:o)
jolis mots, jolie photo, que dire de plus..
si, qu'il fait beau..sourire..
tendres pensées.
toucher des doigt du bout des cils... voilà une image qui me plait !
As tu un deuxième transat, que je me pose à côté de toi adorer le Dieu soleil??
Je ne parle pas du texte, tu as toujours le don de me donner la chair de poule... Bisous
Angie
C'est beau..... l'Amour
vers un abysse de plaisir
des mots qui nous transportent, des images pleine de sensualité vers le désir...bises sucrées
Bonjour,
Je vous rajoute en lien sur mon blog...
J'apprécie bcp vos photos.
La réciprocité sera t'elle ?
Bises
Calor...
J'ai comme l'idée que cet instant se rapproche un peu plus chaque jour...
Une chaleur oceanique
Tendres bises
Talentueuse beauté
Merci de ton passage.
Je découvre ici une femme pleine de talents.
Bisous.
GREG.
Je découvre ce Blog, Photos et textes sont superbes, bravo
Retour de vacances
Dites donc ma chère Cara, au retour de vacances va falloir travailler un peu, voici un exercice à faire : modifier le lien qui va vers mon ancien blog et le remplacer par le nouveau.
D'accord ?
sourire et bises
Cara Mia dit...
M & A, la tempête semble toujours lointaine lorsqu'on est au coeur du bonheur... et pourtant... :)
Josée, je ne doute pas de ta présence amicale et fidèle, merci pour ça et pour après... Bises
Mamzelle, ce ballet éternel reste pour moi une symphonie astrale inachevée... j'en servirai sous peu un poème. Bisous.
Eronaute, la passion donnait des couleurs de rêve à ma plume, j'en suis moi-même nostalgique... ça reviendra, qui sait ? Bises
Ile, merci merci tout plein également... ;-)
Je suis une passionnée, chacun de mes moments de bonheur doit être vécu et rendu ici pleinement, sinon je le jette aux orties. Sourires
Frissonnements... j'imagine que le mot "belle" sous ta plume dépasse la beauté physique, ersatz éphémère... merci alors.
Prune, le ciel n'a pas entendu ton souhait mais je ne désespère pas, les instants soleil doivent revenir à la belle saison, je vis, je me sens libre alors pourquoi pas un été indien ? Tendresse.
Emma, oui, il y a bien de l'amour, c'est toujours plus que la confusion des corps chez moi, sinon je ne suis plus moi. Bises :)
Raphaël, merci beaucoup à toi... j'ai actualisé ton lien.
Valmont, me voilà touchée car tu parles d'inspiration réciproque... elle l'était oui, tellement ! Merci.
Naamah, pour la faveur, je te l'accorde, dès que la douleur aura déserté mes mots, personne n'a envie de lire des rejets de sensualité noire et blues, du moins je ne crois pas. Tu vois ici le dernier texte entièrement lumineux que j'ai écrit... Je réinvestis un peu mon espace en me demandant, en vous demandant s'il y en aura d'autres... je l'ignore, je palpite un peu encore. Alors...
Chateign, et tu y es toujours la bienvenue... :)
Ché nous, je crois vous avoir refroidis avec mes posts suivants mais c'est ici comme la vie, ma vie avec ses lueurs et ses ombres. Merci.
Yoyostéréo, c'est étrange ton com, il me fait penser à un poème que j'ai publié ailleurs et qui s'appelle "sourire d'été", je voulais le publier ici cet été mais les circonstances ont fait que... Je t'embrasse
Cognassier, pas insensible... mais c'est le but très cher, un regard par le trou de la serrure ;-)
Et... il fait encore chaud, je finis de répondre et je redescends sur ma terrasse. Oui, seule hélas. Sourires.
Volcane, chaque été pour moi est latin, feutré et mordant, ce sont des ambiances typiques et uniques que j'aime retrouver chaque année, je ne m'élmoigne guère d'ordinaire si ce n'est que j'ai eu parfois l'appel de l'océan... Heureuse de partager avec toi de doux songes de ma belle Méditerranée... Bises.
Oxanne, ton désir d'être là me le ferait presque ressentir... une caresse légère et des frissons, une eau bleue turquoise... et peut-être même un crocodile ! ;-))
Indo, ravie de te plaire ici, au coeur d'une passion débordante... je la préfère aux larmes alors je ne l'efface pas, elle me tient debout.
Vallis, merci chère amie pour ta présence et tes mots du coeur, toujours...
Philo, la dernière phrase tient à coeur au "petit coeur" de la photo, vraiment... elle était longuement préméditée. Parfois les étoiles s'endorment ou s'éteignent. Je n'ose parler d'étoile morte sinon il n'y aurait plus rien ici. Je retiens les mots récents d'une amie chère : "votre étoile, c'est vous"... et je me pique d'y croire...
Scab, vous aussi féru d'étés méditerranéens ? Mais c'est si vaste, normal que nous ne nous soyons jamais croisés ou peut-être sans le savoir... vous auriez vu que je n'avais aucune marque à l'époque de la photo. Confidence : maintenant , j'en ai une :)
Foldenvy, j'ai boudé ta page comme celles des autres mais sois assurée que j'y reviendrais volontiers. Merci.
Ashtarte, le soleil ne suffit pas parfois... dans la nuit de l'espace immense, des étoiles agonisent, là où il fait toujours nuit. Je l'avais oublié dans ce texte, j'espère pourvoir l'oublier à nouveau un jour, l'oubli est doux... mais illusoire. Je t'embrasse.
E & M, j'aurais aimé offrir tellement plus, j'étais si prête à traverser ce bel été flamboyant... mais laissons les regrets... j'espère un brûlant automne, ma saison préférée. Bises :)
Soleil de Juillet, tu sais rêver toi... vis tes rêves avant qu'on ne te les vole... je voulais effacer les miens et puis non ! Ce sont mes trésors, heureuse de te les faire partager ainsi...
Etinc'Elle, la vie malmène et puis la vie ramène... sans cesse, comme le ressac... merci de ta présence. Bises :)
Maître décadent, mes images sont donc des gourmandises... ? Merci de venir les déguster.
Angie, la chair de poule au soleil, c'est apaisant, surtout quand il cogne comme chez nous ! Je n'ai qu'un transat... mais on peut se serrer un peu ou plonger directement. Je t'embrasse.
LuJ, oui c'est beau, surtout avec un grand A évidemment. ça envahit le coeur et ça ne démord pas, ou si rudement, ça vous arrache tout au passage...
Odalisque, bienvenue ici, en espérant retrouver vos traces sucrées...
Pour vos mots, j'en ai fait autant, si rares sont les tentatives comme la vôtre. Merci.
Flint, la magie est restée chevillée au texte, et dans ma tête, elle ne me quitte pas. Heureusement qu'elle est encore là pour jeter sa lumière sur tout ça.
Greg, pleine de talents... hum, vous savez donc que je suis polyvalente... (qui m'a dénoncée ?)
Merci :)
CamaSutra, bienvenue et merci, farfouillez donc, j'ai été prolifique...
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