02 juillet 2008
Evanessance
"Même pour le simple envol d'un papillon tout le ciel est nécessaire."
(Paul Claudel)
Il ignorait sans doute qu’elle était comme ces papillons blancs aux larges ailes poudrées qui aiment évoluer avec grâce mais aussi se laisser prendre dans un filet de mots, aérienne prison…
Les mailles distendues, les mots évaporés, pourquoi virevolter encore autour de lui ?
Chez elle, enrobée de douceurs laiteuses, elle songeait à tout ce qui l’avait invitée aux baisers, aux plaisirs… une lumière dans sa nuit.
L’eau tiède comme un déshabillé d’ondine perlait en fins cristaux sur sa chair ivoire.
Pulsations d’attente au creux du cœur, effluves tendres au creux des poignets, caresses de soies choisies au creux de son intimité. Le temps fila comme une étoile morte.
Bouche de velours gourmande, pressions délicieuses de doigts retrouvés avec hâte.
La salle était pleine, la promiscuité écœurante, les brumes enjouées et festives.
Mais les revoilà seuls au monde, face à face. Les mots se perdent, les pensées se parlent.
Dans l’air indiscret, tout invite à se percuter, à basculer dans le décor, se laisser happer par les longs doigts d’ombre qui se dissimulent sans doute sous les satins cramoisis. Oui, l’air et l’alcool l’entêtent, elle se raccroche à sa présence rassurante, son phare.
Déjà, son regard la consume, il effleure avec délice la dentelle claire du liseré qui orne son décolleté, elle sursaute quand il saisit sa main, pressant. Le feu azur de ses yeux pénètre les siens puis redescend, explicite, sur les pointes arrogantes de ses seins qui se dessinent sous l’étoffe légère. Son insistance les fait se dresser davantage.
Sa bouche, elle veut sa bouche ourlant délicatement l’aréole de chacun d’eux.
Il ne parle plus, elle écoute son silence. Elle décroise ses jambes et, tout en mordant ses lèvres jusqu’au sang, elle en étend une, curieuse, le long de sa cuisse qui tressaille, remonte de son pied jusqu’à son sexe tendu pour s’y attarder effrontément. Il aime faire glisser ses envies comme ses bas jusqu’à l’assouvissement impromptu. La caresse s’interrompt pourtant comme une promesse de mets plus délicats.
La nuit les a pris, les a rapprochés, fondus, leur a offert les plus lumineuses jouissances.
Puis le matin et l’espace se sont infiltrés insidieusement, encore, toujours.
Chez elle, l’éponge ruisselante noyait le bleu de ses pensées, pansait de tendres frissons l’immobilité de cette plaie d’attente. Pourquoi virevolter encore autour de lui ?
Parce qu’il avait touché l’insaisissable. Il suffisait de si peu et pourtant, sans conscience, il l’avait touchée…
Etreindre ses ailes diaphanes de papier crépon, les froisser d’élans non mesurés, les déchirer de silences ou de réparties cinglantes, de rires cruels, de toute la gamme des émotions passionnées, de la joie aux larmes, de désirs foudroyants. Elle ne pouvait plus voler. Elle ne voulait plus voler. Elle n’était plus éphémère.
Il avait suffi de si peu.
Cara Mia
Commentaires
Hey !
Je suis bien heureux de vous retrouver, vous et vos textes, vous et votre sensibilité, vous et vos seins (pour être totalement honnête, ça compte aussi).
l'éphémère...
c'est la substance du temps. La vie même.
L'essence
naturelle qui envahit ton corps en dit long... Très beau textuellement, visuellement, et sexuellement... Bises libertines.
Très beaux mots sur ce moment de grâce...
Bravo Cara !
beaucoup de beauté ici.
Belle
et triste Cara Mia, quelle blessure secrète déchire tes ailes délicates et rend tes mots si poignants dans l'évocation même de la légèreté ?
"Cette sorte de vacuité dans laquelle l'acte d'amour a une place, comme une île dans l'espace."
Bernard Giraudeau ( Les dames de nage)
Ce sont les mots qui...
te donne chaud comme ça,tu es toute mouillée de partout,j'aimerais bien passer l'éponge et te rafraichir de mes mots .Bisoux doux Mitch.
Sourire
Même si tes mots donnent une autre couleur à ce vécu, je ressent les mêmes choses, sauf que je ne suis pas un papillon et que je ne me sens pas dans l'éphémere.
Vite revivre un tel incognito dans cette foule, tous ces gestes, même les plus simples, si proches et si tendres.
Je retiendrais aussi ce joli deshabillage comme une mue, dans l'escalier de cet hotel, palier du quatriéme étage, strip-tease indécent à ton sourire le plus coquin, des portes qui s'ouvrent, courant d'air sur ta nudité affiché.
Ta course dans l'escalier pour monter au 5 eme, mes mains, mes doigts qui s'affairent derrière toi
Do you remenber, darling ???
Un clignement d'oeil est éphémére, te regarder est permannt...
Baisers mon coeur
P.S : Ailes arrête de vouloir voir de la tristesse, la ou il n'y en a pas.
Cara, montre leur que tu sais aussi sourire !!!
Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas envie de m'attarder sur le texte, mais sur les photos... La première plus spécialement... Belle tout simplement. J'adore ce drapé... Magnifique tout simplement...
Je ferai comme Lady, je me contenterai de te dire que tes photos sont très belles...
Et bien
moi je zappe ces somptueuses images pour te dire à quel point ton texte m'émeut : il dit ta fragilité comme il évoque ton sourire, il souffle au rythme de tes émotions d'un jour, d'une nuit, il cisèle l'écrin de ta beauté qui n'a rien d'éphémère. Puissent les sentiments qui t'animent ne pas l'être non plus, tu le mérites sans aucun doute, douce Cara.
Un papillon..
...Il va à la chasse au papillon?
L'a trop écouté Brassens ce jeune homme!
Sinon que dire.....rien tiens ça changera!
Obligé!
Vu qu'on m'oblige en me harcelant!
Magnifique, grandiose, superbe, génial, fantastique, extraordinaire.....et j'en oublie!
Voilà! :-p
ces deux magnifiques globes sépia que tu nous offres sont très inspirants et pourtant c'en est d'autres qui m'ont enthousiasmé sur mon blog aujourd'hui !
MERCI :)
lettres à lire ;)
aux plaisirs
Bien sûr tout ton texte d'instants "d'eux" est à fleur de sensations, mais j'ai envie de garder un extrait "elle écoute son silence" comme une pépite d'amour...
Je t'embrasse
Simple
... faire glisser ses envies ... Voilà, c'est simple, ça me suffit. Merci.
...
... Alors, en vacances?
Je t'envie, ma belle... En ce qui me concerne, je dois encore attendre mercredi prochain 16h30...
C'est beau ce que tu as encore écrit (comme d'habitude, devrais-je dire!)
Bisous
Vel'
j'aime les histoires de papillon. Tu es un papillon qui a trouvé sa fleur Cara?
plein de baisers
Armandie
Que dire? Tout est beau...Jusqu'aux tétons qui pointent...
des mots laiteux, translucides, des mots transparants d'ou transpire la douceur
douceur d'un soir
je voudrais me plonger dans ton corp,goutter la douceur de tes seins,lecher ta sueur,partout je dépose mes baisers,ennivre moi, que de souvenir si proche. bisssssssssssssssss
Il avait suffi de si peu. Comme attirée dans un tourbillon d'abandon, peut-être qu'il ne suffit de rien...
Bonjour j'apprécie beaucoup le moment que je viens de passer chez toi ...*
bravo ..... ++++++++++++++++
bon WE !!!!
superbe espace de liberté et de sensualité musique !!!!
Panne des sens...
...ou panne d'essence (c'est plus d'actualité!), je n'ai rien à dire, sinon que comme des papillons nous sommes des éphémères et que la vie est bien trop courte pour s'attarder sur une fleur qui vous attire et vous repousse, vous caresse et vous fait du mal, vous fait gouter son nectar pour mieux vous empoisonner...
Vivez ma belle et ouvrez vous au monde, regardez comme la prairie est belle sous le soleil!!!
(Euuuh là j'en fais trop... ma prairie à moi est sous la pluie et la votre doit-être brulée par le soleil et le vent, le sel et la pollution... Mais tout de même!!!!! :0)
Triste?
Oui on le croirait comme le pense Aile, joyeuse, oui on l'espère comme Flint dit que tu en es capable. Tes écrits sont toujours un peu trstes sur le fond, je le ressens aussi un peu comme Aile, mais je suis heureuse que Flint te donne le sourire et je vous imagine dans cet escalier...
Bisous
Angie
petit passage pour te saluer ma belle avant mon départ en vacances demain. Je te souhaite de bonnes vacances si tu en prends et je te fais plein de baisers
Armandie
!!!
Damned !
Vos textes se font rares !
A l'aide !!!
Evanescence
Eve naissante
La nuit s'étoile de milliers de poussières diamantines et son souvenir perdure, imperceptible, infini...
Très beau texte finement ciselé, délicat, sensible et allégorique ...
Bises
Elise
E&M
Magnifiques textes et que dire des photos ! C est un blog sublime qu on aime parcourir...
bravo
Bisous
D & M
Moments et échanges éphémères pour des souvenirs éternels. Ils pourront passer et courir les jours, resterons les souvenirs vivaces de ces doux instants où vous avez unis votre amour.
Ravie de revenir chez vous ma Belle.
Baisers Doux
chuis grave!
Je viens de comprendre le titre!
Une star!
Cara Mia dit...
502, mais vous êtes un habitué des lieux cher ami, vous commencez à les connaître mes seins, vous pouvez faire le blasé, allons donc ! :)
JdF, l'éphémère nous donne des ailes... je l'illustre avec mes souvenirs. Bises :)
Valmont, merci d'avoir vu dans ce moment volé un peu plus qu'un épisode de vie, l'essence même d'une relation, oui. Tendresse.
E-Lover, mes mots fixent ce moment à jamais dans ma mémoire... pour les instant sans joie sans doute, merci. :))
Frissonnements, c'est un plaisir que de lire ces quelques mots...
Aile, c'est tout le paradoxe qui me définit... je ne me complais dans aucune tristesse, c'est plutôt une forme de mélancolie toute slave, quelque chose de mes origines enfoui au fin fond de moi sans doute mais qui ressurgit après la bataille, au moment où je prends la plume pour graver les doux moments... Bises douces.
Thomas Déodate, ton commentaire m'a donné envie de découvrir cet ouvrage, tiens... une île, c'est sans doute cela, je ne vois pas cela autrement, ni isthme, ni bout de terre, isolés, en chrysalide de bonheur... Sourires.
Mitch, euh non, c'était juste l'eau du bain, j'ai plutôt froid ce soir, je ne peux partager de chaudes brumes tous les soirs... alors tu éponges, toi ? Rires... merci :)
Flint, je me souviens aussi, la lente montée qui ne s'est achevée qu'au 7è ciel... heureusement qu'il n'y avait pas d'ascenseur en définitive :)
Non, je ne suis pas triste, juste mélancolique d'avvoir laissé ces jolis moments derrière moi, d'avoir vu se salir tout ce à quoi je tenais... alors ça ressort parfois dans mon style plus que dans les faits... les faits qui ne sont que du bonheur parce que j'y étais heureuse et sincère, pleinement... Non, je ne veux plus être éphémère, je l'ai trop été.
Je sais sourire, oui, et j'espère sourire encore.
Je t'ai aimé... et je t'aime encore.
Tu le sais.
Lady Naamah, pour une fois que tu ne "jalouses" pas mes mots (rire) ! Merci pour cette initiative photographique spontanée ;-)
Bisous.
Indo, et c'est un compliment que j'apprécie à sa juste valeur... (bah, je sais que tu aimes aussi mes textes, va ;-)
Bruno, ta sensiblité me touche toujours au plus intime... merci pour tes souhaits, j'en ai besoin.
Bises tendres.
Kaos, tu flirtes avec les deux extrêmes, soit rien, soit trop... tu fais le papillon :) tu es toi-même parfois, je sais ! Merci et bisous, grand !
Narracoeur, tu as le don pour extirper les moments de grâce d'un amas hétroclite de sensations et de sentiments... oui, j'aime écouter son silence parce qu'il y a trop de mots entre nous, trop souvent, que ça... Bises tendres.
Boris, simplement, merci à toi :)
Vel', oui en vacances et pas encore dépaysée ;-) mais je te tiens au courant, courage !
Gros bisous :)
Armandie, je ne voyais pas les choses ainsi mais c'est un bien joli papillon qui le dit : trouver sa fleur, crois-tu qu'on puisse ? Bisous ma belle :) Bonnes vacances.
Le Cognassier, ne dis rien de plus... mes seins ne sont pas associés à l'adjectif "beau" d'ordinaire, ils en frissonnent d'aise ;-)
Yoyostéréo, la douceur est un de mes "paramètres" de base, je ne peux rien faire contre :) Bisous.
Fab, je ne crois pas avoir le "bonheur" de vous connaître pour susciter de tels mots... mais je ne m'offusque pas outre mesure, tant que vous restez à votre place... virtuelle. Pas question de "souvenirs" entre nous donc :)
Ile, les toutes petites choses forment parfois les grands vertiges... expérience réalisée, je confirme... si peu et tout à la fois. Une petite pierre à mon édifice :)
Jean-François, Bienvenue ici alors, passe et repasse, c'est volontiers ;-)
Scab, non, je ne veux plus papillonner et m'attarder sur des nectars-venins... rêveuse et insouciante, c'était avant... j'espère tout de même laisser le cynisme en route, ça défigure !
Bises :)
Angie, heureuse de te relire ici... oui, je sais rire et sourire, dans ces moments-là comme tu dois t'en douter, plus que les autres, même s'ils sont rares... néanmoins précieux. Bises tendres.
Elise & Marc, heureuse que vous appréciiez le versant "littéraire" de ma sensibilité et de mon écriture, il est trop souvent reproché mais moi je le revendique ;-)
Je vous embrasse, merci.
Del & Manu, c'est un plaisir partagé que de vous y retrouver... Sourires.
Vennusse, oui, toujours vivaces, même si le temps passe... le Mal peut s'acharner, les instants de lumière restent tant que j'ai une mémoire... Merci d'être là ma Chérie :)
Kaos, 3 coms sur un même billet, je te donne une carte de fidélité !
heu, facile non, le titre, tu m'appelles par mon prénom de papillon, non ?
Bises :)
J'avais bien raison... j'ai donc trouvé... ;-p
Heureux cet homme qui a su par magie lui ôter son voile éphémère.
Heureux cette femme qui enfin trouve la fleur qu'elle butinera pour toujours.
Quelle belle découverte que votre blog : mots et images s'allient à merveille pour nourrir mon imaginaire, bravo !
Je vous invite à découvrir le mien, en espérant qu'il vous touchera.
Adrien
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