10 avril 2008
Closed
Cher toi,
Où es-tu ?
Que fais-tu ?
Mon corps blessé s’est refermé, ma fleur sélène est muette.
Je n’ai envie de rien…
Ou plutôt si, j’ai envie de tourner ces pages si moroses ou pleines de tâches, de larmes, de longs traits d’amertume.
Retrouver cette page blanche, celle qui manque à ma vie et qui se balade, petit papier plié, au creux de mes poches, où que j’aille, comme un espoir.
J’attends d’y poser les premiers rayons, te laisser entrelacer nos calligraphies peut-être pour écrire à deux cette histoire qui a tant de fois commencé…
Cher toi,
Je me sens si fermée que j’ai envie de me coller aux barreaux, me liquéfier pour passer au travers. Passer par-dessus le temps, oublier ce dernier sang…
M’ouvrir à toi comme tu t’ouvres à moi, pousser toutes les portes qui nous emmurent, me dire et te dire que rien n’est infranchissable.
Me libérer des entraves que la morale enchaîne et traîne si facilement
Te laisser dévoiler l'étoffe qui me couvre pour redécouvrir mes courbes et cheminer d’abord doucement, de tes doigts légers comme une caresse du vent...
Ouvrir ma bouche, lentement. Lui offrir à nouveau la douceur de la tienne, sa langue habile qui l’a tant de fois affolée.
Ouvrir mes lèvres frémissantes de crainte d’une douleur possible, d’envie renaissante aussi. Laisser mon ventre s’apprivoiser à nouveau puisqu’il le faut…
Oui, j’ai envie de toi en fait, de partager un petit bout de présent, un cadeau entre demain et hier. Après avoir fait tomber ces barrières qui me gênaient, j’ai envie d’écrire ces mots rien qu’à nous… ça fait trop longtemps que je n’ai plus pensé « nous » !
Je suis tant de fois devenue transparente, je me mirais dans des miroirs factices, les yeux des ombres passantes qui venaient s’abreuver de moi.
Besoin, envie, désir, tout se mélange et se bouscule sur le seuil de mes pensées...
Seras-tu doux ?
Cher toi,
Je suis si fermée que je voudrais que tes mots écartent encore mes réticences.
M’ouvrir comme ce soir car j’ai envie d’être juste moi, parce que c’est à toi que je m’adresse, pas à je ne sais quel fantasme.
Tu regardes mes images, je le sais…
Je sens que l'inspiration te titille ou je me trompe ?
Peut-être sont-ce les prémices d’une lettre qui chatouillent ta plume ou bien juste une idée qui ne concerne que nous… ?
Voilà que je me surprends à rêver de cette lettre car je n’ai si souvent eu que le bonheur de te lire et te relire.
Décacheter cette enveloppe virtuelle, m’enivrer de graphes choisis, de mots colorés qui se crient au cœur de la nuit et se répètent à l’envi, s’adoucissent à la lumière du soleil.
Cher toi,
Je ferme.
Je te laisse un moment mais ne t'y trompe pas, pas très longtemps car je n'ai que ma vie et c’est bien peu. Je compte t'accaparer égoïstement et viscéralement pour vivre encore les mêmes sourires.
Nous n’avons pas le temps, jamais, et ce temps que nous avons parfois, je veux le saisir sans concessions, je veux en extirper l’or…
Je t’embrasse.
Et je ne reçois tes baisers virtuels qu’avec la promesse que me souffle le vent : celle de les retrouver un jour ou une nuit.
Cara Mia
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