26 mars 2008
Sur un clavier black, blanc, blues
Lumières tamisées.
L'atmosphère est ambrée, chargée, capiteuse.
Elle le regarde déposer son single malt sur la table basse du salon. Ses yeux brillants croisent son demi-sourire, limite insolent, remontent sur sa main qui caresse le verre de haut en bas et de bas en haut en un mime suggestif mais quasi-innocent. Lorsque son regard se pose sur sa bouche, une envie violente de lui la submerge comme une lame de fond. Se pourrait-il qu’elle ait rougi ? De pudeur, de chaleur, de désir contenu ? Avec un peu de chance, l'ambiance obscure n’aura pas laissé apparaître ce trouble. Elle s'avance vers lui jusqu'à le frôler, se penche sur la table, lui offrant une vue plongeante dans l'ombre faufilée entre ses seins frémissants. Mutine, elle remue les glaçons qui flottent dans son whisky avec son index, avant de le sucer. Elle lève les yeux sur lui, laissant son doigt s'attarder à la commissure de ses lèvres parées d'alcool. Il la stimule, c'est évident, comme ça, sans bouger... Elle l'attire, c'est plus fort que tout. Chaque mouvement est une promesse d'instants délicieux. Il lui suffit de regarder l’éclat de son sourire qui s’étale, joueur, sur ses dents voraces.
Elle a envie de lécher sa peau, de se faire happer la langue. Apparemment impassible, il va porter à nouveau son verre à sa bouche, mais elle le saisit et sans lâcher prise sur ses doigts, elle boit une gorgée de son whisky, les yeux arrogants plantés dans les siens tout en s’asseyant à cheval sur lui. Elle verse alors elle-même le liquide doré au plus près de sa bouche et en ramasse à petites lampées les gouttes échappées, gourmande, sur la peau à peine râpeuse de son menton. Le contact de son sexe nu sur la toile du pantalon l'électrise complètement. Il place ses mains sur son cul pour la presser contre son désir déjà puissant. Là, dans ce profond et confortable fauteuil de cuir, va-t-il résister longtemps à l'envie de la débarrasser de ce bout de voilage léger ?
Lui, sa queue raide, tendue sous l'étoffe de son pantalon en toile, regarde autour de lui, personne ne leur prête attention, il en est presque déçu... Il remonte le tissu de sa robe découvrant sa chatte finement épilée et son cul déjà ouvert...
Il trempe son index dans son malt, le gorgeant du breuvage écossais, puis portant ce dernier à la bouche gourmande de sa belle.
Celle-ci, suce, lèche le doigt comme si elle s'emparait du fourreau de son sexe, goulument et joyeusement...
Son sexe, déjà humide, se frotte contre le pantalon sur la cuisse dure et musclée.
Elle sentait monter en elle, les prémices d'un orgasme, fort, intense.
Elle voulait sentir sa queue en elle, là maintenant, de suite.
Elle déboutonne le pantalon de son amant, en un tour de main, faisant jaillir l'objet de ses désirs au plus haut de sa forme...
Soulevant son bassin, elle s'empale presque doucement sur la saillie princière et ne peut réprimer un gémissement lascif.
Alors qu'elle commençait à bouger sur lui, certains convives de l'endroit les remarquèrent, et se rapprochèrent du lieu du débat.
Elle toute à son plaisir, ses yeux verts presque mi-clos, ne s'était rendue compte de rien.
Lui, encore plus excité, fit glisser son bustier sur ses seins nus.
Une main inconnue glissa doucement le long de son dos...
Sans même tourner la tête, elle avait reconnu une caresse féminine, sa douceur, sa légèreté… Le regard de son amant se fit plus vorace en croisant celui de la jeune femme derrière elle puis le sien. Acquiescement muet, immersion dans les vapeurs d’alcool et d’envies qui les tenaillent. Lui, son sexe bandé s’épaissit encore. Elle, devient fiévreuse, accélère la cadence. Elle aime avoir prise sur son plaisir, elle accepte la main inconnue sur ses seins tendus, elle lui en offre la sensation décuplée, elle ne s’offre qu’à lui, elle l’aime... L’autre femme s’est emparée de sa bouche à elle, mordillant doucement ses lèvres, puis y plongeant avec avidité, déglutissant sa jouissance montante. Lui, salive de ce feu communiqué à tout son corps, se mord les lèvres. Ses yeux glissent sur les courbes de son amour, de la femme en miroir qui la rend plus belle encore, double et comblée. Puis il considère dans un rapide coup d’œil les hommes qui les observent, qui les violent de leurs yeux concupiscents. Il pense à ces sexes gourmands qui se tendent forcément dans des murmures feutrés, qui se rapprochent lentement d’eux, d’elles. Il a tant de désirs, elle a tellement de désirs… Elle se déchaîne sur lui, elle sait que les peaux peuvent bien se mélanger, lui seul la possèdera. Elle seule le fera jouir.
Les mains de la jeune métisse caressent la pointe de ses seins, pendant que lui la prend avec encore plus de force.
Les bouches des deux femmes scellées l'une à l'autre dans un long baiser sensuel, leurs langues emmêlées, se mordillant les lèvres pour mieux se goûter...
Elle sent monter en elle, la vague d'un orgasme qu'elle va lui offrir.
Lui enfoncé dans le cuir de son siège, la maintenant tout contre lui, dévalant des yeux les courbes de son corps qui se soulèvent au rythme des spasmes secouant tout son être.
La jeune black, dévoilant sa poitrine soyeuse pour y nicher son visage grimaçant d'un plaisir intense... tous ces hommes cachés dans la pénombre regardant cette union, ce trio comme échappé d'une réalité figée dans des convenances moralisatrices et réactionnaires.
Le cri de plaisir qu'elle poussa quand il gicla au fond d'elle emporta tout sur son passage...
Le silence des soupirs referma la porte à peine entrouverte.
Quelques instants plus tard tous trois avaient disparu...
Elle et Lui
24 mars 2008
Plaisir d’un des sens

« Le chocolat est bien évidemment la matière dont sont faits les rêves.
Des rêves riches, noirs, soyeux et doux qui troublent les sens et éveillent les passions » (Judith Olney)
Délectable frisson sous les papilles
Du bout des doigts, étaler, dégouliner,
Du bout du nez et des lèvres, sentir la volupté 
Finesse caressant le palais rose des jeux
De saveurs inégalées, chaque sens en veut
Délice lointain des mille et une nuit
Mille et un voyages peuvent l’échouer au lit
De nos ébats odorants, onctueux, veloutés
En bain de plaisir aux supports variés
Avec ce noir, amer, profond comme la nuit
Ou ambré, doux, constellé de délits
Tu peux redessiner sur ma peau offerte à tout
Des trajets gourmands pour ta langue de sioux
Et puis déguster ses chauds effluves à l’aurore
D’un matin câlin qui succède à l’embrasement des corps
Partager en un regard coquin un souvenir sensuel
Où des formes exquises s’enrobent, se fondent, se mêlent
Cara Mia
21 mars 2008
Offrande
A l'annonce du printemps...
Mon écrin carminé renfermant une fleur si fragile s’ouvre devant toi et déjà tu gémis. Tu souris, un peu gêné devant ce cadeau inattendu, offert si effrontément.
Pour l’instant, seul ton regard le caresse de façon appuyée. Certaines y verraient un regard indécent mais moi j’en fais un jeu : je veux voir combien de temps tu vas réfréner le désir d’y poser ta bouche affamée. Maintenant, ta lenteur inattendue m’excite encore plus : gêne, peur, scrupule ou simplement faire durer le plaisir de l’attente ?
Aucun poil entre toi et moi, juste cette tension sexuelle (textuelle, me direz-vous ici…) qu’on pourrait presque saisir.
Mon intimité exhibée, j’imagine, un court instant que tu y décèles un défaut, une aberration dans la lumière crue et que tu fermes les yeux pour ne plus me voir. Je commence à resserrer mes cuisses quand, tes yeux dans mes yeux, tu approches tes lèvres des miennes et souffle doucement sur ces pétales offerts au cœur desquels un bourgeon rosé se tend déjà vers toi, gonflé de désir.
Tu décides enfin de fouiller de ta langue ces abysses brûlants afin d’atteindre cette perle érectile que tu as entrevue.
Abandonnée, tremblante du désir d’être fouillée, léchée, aspirée, jusqu’à l’extase, mes mains emprisonnent tes cheveux avec impatience. J’aime ton avidité perfide, la façon dont tu joues à effleurer puis dévorer alternativement, le manque total de décence de ta faim de moi. Vas-tu boire tout ce fluide ou venir en répandre un peu sur mes autres lèvres lorsque le plaisir m’aura soulevée et t’aura repoussé ?
Jamais, plus jamais d’épines entre nous…
Cara Mia
18 mars 2008
Veiller tard
Tant de choses à taire... plus de mots.
Je les emprunte :
Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève
La plainte douloureuse d'un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde disparu l'on est face à soi
Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent
Le noir où s'engloutissent notre foi nos lois
Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies
Ces visages oubliés qui reviennent à la charge
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces paroles enfermées que l'on n'a pas su dire
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris
Ces appels évidents ces lueurs tardives
Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit
Ces solitudes dignes au milieu des silences
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés
Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Jean-Jacques Goldman
06 mars 2008
Prédatrice
A la lueur du jour, je sais et tu as compris
Que je ne peux rien pour ta liberté,
De moi tu ne peux et ne pourras rien posséder
Rien qui ne soit parjure ou compromis
Mais la nuit m’habille de clartés nouvelles
Et je me cavalcade du monde en ruades rebelles…
Incarnant ta sauvage amazone, je m’approche
En conquérante féline de tes jeux sombres,
Dans ma chevelure de lumière qui s’accroche
Des clairs-obscurs sourdent doucement de l’ombre
Je deviens animale et j’esquisse l’éternelle danse
Celle qui m’envoûtera d’une fièvre carnassière
Hypnotiques, mes prunelles oblongues s’avancent
A l’affut, te toisant, appréciant un butin de guerrière
Laisse-moi t’enlaisser de mes atours ondulant
Je te tiens par le fil capiteux de ma faim
Ce soir tu seras ma proie sans lever ni couchant
Notre étoile dévorera le soleil pour une nuit sans fin
A ma bouche, à mes yeux tu boiras l’enivrant élixir
Le verre d’eau de vert, secret des faunes et des fées
Je dérouterai tes sens par l’absinthe du plaisir
Colorée à l’écorce amère des songes dévoyés
Femelle, je te laisserai deviner mes élans
Ma langue gourmande te promettra des assauts
Des entrailles couvertes d’écume pur-sang
Une chevauchée jusqu’à plus soif de sueur et d’eau
Sous le clair de terre, dédier à la lune mon cri de bête
Quand à la pointe d’argent de son doigt inquisiteur
Je fondrai sur toi, rapace, chien et loup en conquête
Le murmure primal du monde chevillé à mon ardeur
Assoiffée de silence, je banderai cette angoisse
Mes râles de plaisir, tes moindres gémissements,
Des corps qui se percutent, des peaux qui se froissent
Je voudrai laisser frémir cette musique, étrangement
Des profondeurs de mes chairs où nichent les orages
Mes feulements surgiront alors en furieux mélange
Dévastant tes oripeaux, je te prendrai enfin, sauvage
Et tu te laisseras envahir, ardent et consentant, mon ange
C’est une larme sans sel, douce et amère,
Un brouillard hors saison qui me réveillera repue,
Un goût métallique et âcre sur ma langue et derrière
Le corps au cœur d’une solitude sans nom, vaincue.
Cara Mia
Note : L'une de mes photos a fini 3ème du concours "Jeux de mains" sur le site Photosensualité, à la demande de certains, je la reposte en noir et blanc. Merci pour vos votes et vos gentils mots. Bisous à tous.
03 mars 2008
Tatoo heure
"Pique-moi encore !"
"Tatoue-toi sur ma peau, dans mes chairs !"
La morsure de l’aiguillon qui va et vient autour du motif me rappelle celle de tes dents. Tour à tour tendres, agaçantes et cruelles. Libérant des milliers d’insectes vibrant jusqu’au creux de mes reins, la douleur est douce, entêtante, envoûtante…
Je rêve déjà à ce soir.
Lorsque ma peau apaisée aura retrouvé le chemin de tes doigts, je dévoilerai alors à tes yeux surpris, le motif gravé à tout jamais dans l’intimité de mon corps. Je te dirai comment son avènement m’a fait penser à toi, comment ses multiples contours, pleins et déliés ont attendu la pulpe de tes doigts et le nectar de ta langue, sillon incisif, sel sur la plaie, baume de douce heure...
"Tatoue-moi à ton tour ! "
Use de dards doucereux, de mélodies bourdonnantes, de marbrures sinueuses. Empreinte-moi de moiteurs parfumées pour compléter l’ouvrage.
Un souffle frais du bout des lèvres surlignera ta signature.
Cara Mia
Merci à la belle et talentueuse Narracoeur pour son intervention sur ma photo.













