29 janvier 2008
Et si…

Et si nous prenions racine dans un moment que rien ne brise
Juste toi et moi, nos regards aimantés de passion insoumise
Ce serait si doux de revivre cet instant Il était plusieurs fois…
Comme la dernière image imprimée depuis tant de mois
Au fond de ma rétine comme un soleil mouillé de pluies
Ce persistant cliché abîmé par le temps et la perfidie
Le hasard, la chance, la volonté d’y croire
Je veux rester nouée à toi, toi en moi lorsque nous nous retrouverons
Je veux te surprendre, te prendre dans mes lianes qui sauront
Se glisser au fond de ton cœur comme je me glisse dans l’écho fou
De tes mots déposés au visage du monde qui pourra alors tourner sans nous
Tu durciras tel le bois qui s’enracine au sésame atteint
L’arborescence profonde liera nos corps jusqu’au matin
La beauté, le désir, la volonté de se retenir
Et y revenir, toujours y revenir…
Et si nos coeurs s’offraient des noces clandestines ?
Cara Mia
25 janvier 2008
Histoires de fesses
Sais-tu que ce qui me fait craquer chez un homme ?
J’aime le regard teinté de sourires qui s’attarde sur mes mains. 
Celui plus gourmand qui embrasse déjà mes lèvres entrouvertes.
Celui, espiègle, qui glisse dans mon décolleté.
Celui enfin qui se retourne sur moi, empli de regret à l’idée de me quitter.
J’aime encore les lèvres qui promettent des instants coquins,
Les lèvres pleines, douces et virtuoses,
Celles que l’on regarde bouger, rêveuse, sans forcément écouter ce qu’elles disent.
J’aime les mains évidemment qui inventent des caresses inoubliables,
Ces mains habiles qui s’immiscent, caressantes, ou bien qui s’immobilisent, liées par mes envies.
Mais pas seulement...
C’est aussi ce creux, juste en haut de la cuisse lorsqu’elle est musclée.
Ce sont ces fesses rondes qui m’allument, ces monts soyeux qui réclament ma bouche.
Irrésistible, irrépressible envie de toucher, de contourner ce galbe si parfait.
Audacieux désir de glisser mes lèvres dans l’ombre vertigineuse et chaude de ce repli secret.
Me faire plus audacieuse encore et laisser mes doigts s’égarer au plus intime, au plus profond de toi, pour te faire jouir comme jamais.
Face à ton fessier, mâle, je me fais femelle et tout mon être n’a qu’une envie, celle de le prendre à pleine bouche, à pleines mains…
Cara Mia
Note : Il m’a dit que j’étais sa « levrette queen », je ne sais pas trop comment je dois le prendre… (sourire)
23 janvier 2008
JF partagerait bain…
Pour coller tout à fait au thème de ma page, j’ai créé il y a quelque temps déjà un album photo intitulé « Nel bagno ». J’avoue avoir un faible pour cette pièce particulière qu’est la salle de bains.
Seulement, Mon bocal est trop petit… (clin d'oeil)
Je serais curieuse de connaître vos lieux d’ablutions, voir s’ils me séduisent, si j’aimerais m’y attarder… enfin si la personne qui me les propose veut bien y poser.
J’ai d’ores et déjà reçu quelques contributions, je précise, exclusivement masculines que voici, même si elles ne sont pas toutes « au bain », je ne vais pas faire la difficile avec ces charmants messieurs.
Alors mesdames (et encore messieurs, oui, oui !) m’ouvrirez-vous un peu la porte ?
Cara Mia



Merci à Cyr, Flint, Libertin, Mitch et Fleur du Mâle pour leur première participation... "première" parce que j'attends vos salles de bains maintenant :))
21 janvier 2008
Dulce meo
Ce soir-là, je te voudrai protecteur et doux…
A ce moment-là, le calme de tes bras m’apaisera.
Je sais que le feu viendra ensuite, mais pas encore…
Hic et nunc.
Je veux sentir la chaleur de ton souffle sécher mes larmes d’amertume.
Comme un jouet dans les filets du destin, je me sentais ballotée dans les remous du Temps
Spectatrice de ma vie, poupée futile manipulée par des vents contraires, j’attendais un instant de grâce, un éclat.
Et tu es là…
Le frôlement de tes doigts sur ma peau m’envoûte et je frissonne…
Le dos appuyé contre ton torse,
Tes jambes entourant les miennes, comme une chrysalide de chair palpitante.
Tes murmures apaisants, comme un souffle chaud de vérité qui balaie mes incertitudes.
Je renaîtrai à la vie, indéfiniment.
Je succombe au plaisir de ta douceur, ma nuque bascule, abandonnée sur ton épaule.
Prisonnière volontaire de ton corps soudé au mien, j’espère envahir aussi ton esprit.
Une seconde d’Eternité tirée du mélange impromptu des lettres du mot Etreinte.
Un instant, un seul, contre quelques minutes de volupté...
Et tempus fugit…
Cara Mia
16 janvier 2008
Le miroir et la poupée
"Ne couvrez pas de voiles sinistres tout ce qui brille. Scrutez le miroir pour découvrir le fantôme qui s'y cache." (Anne Rice. Le Violon.)
« Miroir, ô mon miroir, suis-je toujours la plus belle ? » (rire cynique...)
Me pavanant devant la face froide et vierge d’une longue psyché, j’y cherchais mon présent mais c’est le passé que j’entrevis par les fenêtres mouillées de mes yeux
Echappée saine et sauve de ce monde qui glisse lentement vers demain,
Dans un songe, sanctuaire figé en dehors du temps,
Une enfant, aux prunelles brillantes, songeuses, boudeuses,
Reflet de son père, cherchant ce père.
Bâton de misère d’une mère-enfant qui refaisait le chemin à l’envers.
J’y cherchais alors la malaimée, l’enfant repoussée, grandie trop vite par l’absence et la culpabilité.
Disparue. Reléguée dans un angle mort.
Derrière un reflet mouvant, j’aperçus enfin la bête, la jeune fille animale, changeante, si pâle et trop maquillée. Vénéneuse fleur aux sombres pétales qui croyait cacher son cœur dans une prison de rêves maudits, de jouissances vaines et d’apparences trompeuses.
La poupée, je la revoyais alors avec colère et désespoir… poupée cassée, maintenue, saccagée, bâillonnée, livrée aux assauts du sourd monstre qui hante encore les cauchemars de ses quinze ans.
Encore floue, à travers le vaporeux fluide de larmes naissantes, j’entrevis la future mère modèle. Cristallisée dans un monde où tout désir d’écart est coupable. Transformation.
Ma volonté s’est heurtée au métal froid des convenances.
Toujours une poupée… mais corps exsangue et cœur en carence, une chose glacée et futile, instrument mécanique enserrant mes chairs et mon âme.
Que suis-je devenue ?
En ce tête-à-tête ténébreux et limpide avec mon reflet, je voudrais revenir vers Moi.
Purifiant tout ce que je suis aujourd’hui. Purifiant la plaie qui m’empêche d’aimer…
La Trahison !
Pourrais-je avoir encore la Beauté de la Bête ?
Pourrais-je émouvoir sans briser malgré moi un être éperdu dans mon décor intime ?
Pourrais-je encore supporter ce doigt sur ma bouche qui intime le silence à des cris sans voix ?
Diaprée de lumière lunaire, je crûs soudain vieillir de cent ans, et c’est en me raccrochant à ces yeux familiers sans visage que je ne sombrais pas dans le vertige éternel, celui de la Peur ancestrale de notre finitude. Je n'étais que le jouet du temps et du mensonge.
Fermant, puis rouvrant mes paupières fatiguées, je détachais mon regard de lui-même et le laissait reconstruire le monde autour de nous. Tout était à sa place. Mais quelque chose avait changé pourtant : je connaissais la Vérité…
Je me contemplais à nouveau, moi, seules, dans ce miroir.
J'ai mal...
Les plaies d'aujourd'hui viennent jeter du sel sur celles d'hier et les larmes sont le sang de notre terre. Laisser passer cette pluie, je sais... Merci à vous.
Cara Mia
15 janvier 2008
Météo Marine
« Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j'ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi »
(Blaise Pascal)
Un lundi tout aussi pluvieux qui s’annonçait.
Toutefois, un petit vent frais de liberté s’était engouffré sous ma corolle, le soleil semblait ne pas vouloir la quitter. Ce désir…
Les jeunes en classe de voile, Laurence et moi devions rejoindre le centre sportif pour partager leur repas. Mes talons claquaient sur le goudron détrempé et irrégulier mais je slalomais entre les ornières avec agilité comme mue par de nouvelles ailes. Laurence étouffa un rire :
« Je me demande comment tu fais pour marcher avec ça par tous les temps ! »
Je lui avais déjà expliqué… Les talons hauts font partie de mon uniforme toutes saisons, je ne peux pas être à plat, je ne me sens pas moi-même, à la bonne hauteur, et pourtant je suis loin d’être petite. Enfin, question d’assurance, de séduction, de galbe, de démarche, des habitudes de danseuse qui perdurent.
Mon naturel à moi. Rien n’est inconciliable : même avec nos divergences d’opinions concernant les mecs, les élèves ou les chaussures, Laurence et moi étions comme les deux doigts de la main.
Après-midi détente… pas de cours, nous avions la sensation de faire l’école buissonnière comme deux gamines et nous courrions sous la pluie qui nous faisait presser vers les locaux. En entrant dans le réfectoire immense, nous riions plus fort que les enfants et nous devions avoir l’air fin avec nos cheveux dégoulinants et nos bas de pantalons trempés. Un repas sur le pouce, le plaisir de discuter ensemble de ces moments à part qui galvanisent un groupe, jeunes, moniteurs, enseignants.
Vibreur de mon portable. Texto : « Tu t’éclates bien avec tes collègues, les moniteurs aussi ont l’air sympa. » Il était où ? Je sortis en trombe de la salle. La pluie me giflait le visage, impulsive comme je suis, je n’avais pas pris le temps de remettre mon manteau et j’étais là, parcourant des yeux les moindres recoins à sa recherche. Où s’était-il donc embusqué ? Je le croyais capable de tout.
Avisant de la lumière et du bruit dans le hall d’entrée de l’aviron, je m’y dirigeai au hasard. Mon entrée fut des plus remarquées (la deuxième de la journée !) L’heure du café, la galette des rois coupée dans des assiettes en carton et un groupe de sportifs qui discutaient bruyamment. Le silence qui suivit n’en fut que plus déstabilisant. Je devais ressembler à un chien mouillé selon moi, mes cheveux qui bouclaient invariablement sous la pluie, mon jean collé à mes cuisses et mon petit pull de laine dénudant mes épaules tremblantes. Il ne fallut pas longtemps pour susciter « l’effet caserne », je fus bientôt entourée et abordée avec empressement, réchauffée par une tasse de chocolat fumant et de multiples questions. C’est avec un certain plaisir que je vis alors entrer Laurence accompagnée de deux autres collègues qui m’avaient vue sortir en courant. L’attention sur moi fut quelque peu déviée et je reculai vers le chauffage dans un coin de la pièce. Soudain, je sentis un bras puissant enserrer ma taille et un souffle chaud se frayer un passage sous ma chevelure dégoulinante jusqu’à mon oreille :
« Te voilà mon petit cœur, je t’observe depuis un moment… surprise ? »
Un brasier s’alluma instantanément dans mon ventre et mon visage dut s’inonder de soleil. Je laissai dans l’angle mort toutes les questions qui m’avaient sauté à l’esprit, pourquoi m’avait-il refusé ce déjeuner ensemble ce matin alors qu’il partait travailler… etc.
« Mais tu me surveilles, ma parole ! » le grondai-je, boudeuse.
« Non, j’avais juste envie de te voir ici, tu ne t’ennuierais pas sans moi, j’en suis sûr… »
Je le pinçai, belliqueuse.
« Et si on prolongeait ce week-end tellement… »
Ses mots se perdirent dans mon cou qu’il caressa de ses lèvres douces et empressées. Debout, enlacés devant les autres, nous les voyions sans les regarder, je sentais sa chaleur à travers l’étoffe de sa chemise contre mon dos, les battements de son cœur. Je tendais alors mon cul vers lui pour aller chercher ces autres battements, ceux du désir que je devinais déjà, lancinants dans son sexe érigé. Cette invite le fit frémir, je frissonnais d’attente et de gourmandise retenue et il assura la pression de sa main sur mon ventre :
« Viens, je vais te réchauffer, tu es trempée ! »
Il avait parlé suffisamment haut pour que nous nous effacions sans être suivis cette fois. J’ignorais les regards, la pluie qui perlait comme une caresse, le vent et sa piquante morsure… l’orage approchait.
Hangar à bateaux. Humide, désert, propice à l’abandon entre deux coques et aux soupirs discrets de nos voix. L’escapade continuait et nous étions deux, seuls au monde… Enfin, pas tout à fait. Imaginer que nous pouvions être surpris à tout moment était terriblement excitant.
« Tu es glacée, il faut enlever ça ! » ordonna-t-il en me retirant mon pull d’un geste sûr. Sa chemise s’ouvrit sous mes doigts et sur son torse massif, il contempla un instant la blancheur de ma peau qui contrastait avec l’étoffe noire du bas, contourna le globe d’un sein d’une main légère, se perdit dans l’ombre tentatrice de mes yeux. Doux et tendre, comme dans un arrêt du temps, il s’écrasa contre moi, insufflant sa chaleur à mon corps qui tremblait pourtant davantage de passion. Dissipant tous les brouillards, oubliant les cliquetis métalliques de la pluie qui s’amplifiait, nos corps solaires se percutèrent à nouveau, s’enivrant d’une lumière qui n’émanait que de nous.
Crucifiée, soulevée, pendue à deux bouées de pare-abattage, je m’offris sans remords aux trajets audacieux de ses mains et de sa bouche experte qui ne purent retenir mes gémissements répétés par le facétieux écho. Sa bouche rejoignit bientôt la mienne, parfumée de la saveur liquoreuse de mon nectar. Entravée que j’étais dans mes gestes, mon regard ne l’était pas, lui. Il darda les rayons de ma convoitise sur l’objet de mon désir. Son sourire à cet instant-là fit de moi sa proie et sa prédatrice.
Quand il me posséda enfin, j’eus la sensation de me fondre au décor, d’attacher pour toujours ce mât vivant au creux de mon vaisseau. Qu’importent les tempêtes au-dehors, sous nos paupières ne passaient plus que des nuées d’or.
Cara Mia
12 janvier 2008
En ce début d’année
J’adore / Ça m’exaspère :
Me réveiller dans ses bras entre rêve et réalité
Les injonctions pressées du réveil le lundi matin
Vous retrouver ici ou chez vous avec grand plaisir
Tomber par hasard sur des choses pathétiques
Le vibreur de mon portable contre ma cuisse
Son répondeur qui me chante toujours la même rengaine
Les rires de mes enfants quand on joue ensemble
Les jouets de mes enfants qui traînent partout
Les sourires et les témoignages d’amitié
Le clonage des pseudos blog.sanslienfixe.com qui gravitent
Les envies renouvelées d’explorer des territoires délicats pas si inconnus
Les envies déviées dans le temps et l’espace, livrées aux contingences matérielles
Son « je t’aime » qui meurt dans un baiser
Son « à plus » avant de nous quitter
Ses douces lèvres sur mes lèvres charnues
Les lèvres fines qui disent des choses pas très fines
Mes élèves
Mes élèves (oui, je ne les mets pas tous dans le même panier ;-)
Mon nouveau bijou
Ne pas pouvoir m'en servir quand je veux
Les enseignants qui parlent d’autre chose que d’école ou de politique en salle des profs
Les enseignants qui font des fautes d’orthographe
Ses jolies fesses veloutées
Devoir parfois me retenir de les saisir à pleines mains
La perspective de recevoir au moins un joli paquet pour la Saint-Valentin
(voir Sexy-Swap)
La perspective de passer encore quelques week-ends collée à cet ordi
Ses mots d’amour et de sexe murmurés
Ses mots non-dits, réfutés, salis
Mon petit sac de voyage et la liste de ce que je dois y mettre
Mon petit sac de voyage à vider au retour
Eteindre la lumière, éblouie de jouissance et de satiété
M’éteindre à la main quand je suis seule et que j’ai envie de lui
Et vous ?
Cara Mia
10 janvier 2008
Hommage

"Dans les sociétés où l'homme adore ces mystères, la femme est, à cause de ses vertus, associée au culte et vénérée comme prêtresse ; mais quand il lutte pour faire triompher la société sur la nature, la raison sur la vie, la volonté sur le donné inerte, la femme est regardée comme sorcière." ("Le deuxième Sexe". Folio. p.273)
Cette phrase de Simone de Beauvoir (dont on parle beaucoup à l'occasion du centième anniversaire de sa naissance) pourrait être le principe implicite que nos sociétés ont de tout temps soufflé aux oreilles des hommes qui les dirigeaient. C'est le regard masculin qui a forgé l'image de la femme : N'est pas Déesse ou Sorcière qui veut !
Avant même d’évoquer ce qui caractérise le personnage féminin en art ou littérature, il faut nécessairement considérer son statut social : même vénérée, même protégée, elle est et a toujours été l’« Autre », un être inférieur. Pourquoi ? Parce qu’en Occident et presque partout, même aujourd’hui, les sociétés sont patriarcales. Fonder une société exige le conflit, la force et de par sa nature, la seule chose qu’une femme est censée fonder est une famille.
On redoute qui l’on domine, on l’ignore aussi.
A tous ces titres, il est bien plus commode de ranger l’Autre, de se le représenter avec des attributs définis qui en abolissent le mystère, qui le fixent à jamais dans l’infériorité.
L’intuition, les défenses, les non-dits, la mascarade des apparences, autant d’attitudes que l’on a pu attribuer à la femme, sous-tendent en fait un danger plus insidieux, plus menaçant.
Ils sont les expressions de son mystère.
En effet, pendant des siècles, toute fille d’Eve était un « piège de Satan[1] » et cette malédiction vient du plus profond des âges.
Avec la Création naît la séduction, la tentation, le désir de connaissance de l’Autre, le désir tout court. Et avec la séduction naît l’artifice qu’elle revêt pour s’exercer sur l’esprit et le corps de l’homme. Qui pouvait mieux que la femme incarner dans nos cosmogonies l’idée d’un Mal tentateur ?
L’attirance n’est pas dévotion et elle peut tout naturellement être associée à la présence de Satan dont Todorov dit qu’il pourrait être simplement nommé le Désir.
Pourquoi et comment la féminité a été et demeure encore aujourd’hui sourdement, profondément ressentie par l’homme comme Mal ? Un Mal nécessaire, fascinant, désirable ... (et la liste n’est pas exhaustive) certes, mais un mal tout de même qui prend sa source dans ce que l’Homme a de plus profond et de plus obscur en lui-même et que l’on pourrait appeler l’inconscient collectif. Inconscient qui fonde ses représentations dans le mythe. Ce Mal, la femme n’est pas accusée de le commettre, mais de l’incarner. Incarner, c’est donner chair. Le Mal consiste à revêtir de chair, à figer ce qui est de l’ordre du désir et de la parole. Si elle l’incarne, c’est dans son corps ; et c’est précisément ce corps, comme objet de désir et de répulsion qui sera exploité, décrit, fragmenté, appréhendé, craint, rêvé par de grands auteurs.
A propos de la sexualité féminine, Freud employait la désormais célèbre formule de « continent noir. » Théoricien du psychisme, de l’inconscient mais également du Fantastique, il nous apporte une définition de ce sentiment que l’on projettera sur le genre lui-même, celle de l’« Unheimliche », ou l’inquiétante étrangeté[2]. Elle est celle d’une étrangeté (sexuelle) de la femme décrite en terme de race comme l’absolument Autre.
Cette étrangeté, cette mise à distance est aussi proximité violente d’un « double » de soi-même : autre côté, autre race, métaphore du dehors, de l’en-deça, de l’inessentiel ou du différent au plus profond de soi. Cette image, qui définit la femme comme définitivement Autre dans l’inconscient du sujet, la rend objet ; la réifie et donc l’éloigne, la soumet. Mais c’est aussi celle de cette terre sombre, « noire » au second sens du terme. Une terre de ténèbres, un lointain ailleurs, cet Autre inconnu qui a de tout temps à la fois terrifié et fasciné l’homme.
Les mythes forgés par ce dernier sur la femme à travers les religions, les coutumes et les littératures prennent leurs racines dans cet inconscient qui assimile de façon séculaire l’Etranger(e) à l’Etrange et par là-même au Mal.
Le regard de cette grande dame que fut Simone de Beauvoir sur la condition féminine est assimilé à un "raz-de-marée" pour certains dont je fais partie, à "un coup d'épée dans l'eau" pour d'autre. Toutefois, un pas fut franchi avec "Le deuxième Sexe" en 1949, les mentalités ont évolué certes mais il reste encore du chemin à parcourir dans la compréhension et l'acceptation de l'égalité comme des différences.
Cara Mia
[1] Article « la sexualité féminine » .Encyclopédie Universalis – CD-Rom 1998.
[2] Freud, S. L’inquiètante étrangeté. Gallimard. Collection « Connaissance de l’inconscient ». 1985.
08 janvier 2008
Pause-déjeuner
Midi ce 8 janvier 2008, elle me rejoint chez Stéphane, il habite à deux pas de son travail.
Je lui ai parlé d’elle, il reste discret, ne lui pose pas de questions sur sa vie.
La femme de Steph est là aussi, on déjeune autour de la table de la salle à manger, elle est vêtue d’un petit corsaire noir et d’un pull à damiers blancs, roses et noirs.
Elle est tout sourire contre moi, ses yeux verts brillent, ses mains enserrent les miennes, si forts que ses ongles, longs, s’enfoncent dans ma peau.
Je me lève pour aller à la salle de bain, je pars sans me retourner, je sais qu’elle va me rejoindre.
A peine à l’intérieur, elle est derrière moi, ses bras se nouent autour de moi, ses lèvres parcourent ma nuque, ses mains caressent mon torse.
Elle glisse le long de mon corps, serpentant de mon dos vers mon ventre, arrivant en même temps à dégrafer mon pantalon et sortir ma queue déjà tendue.
Ses mains s’emparent de l’objet dressé, alors que sa bouche se pose sur la mienne.
Mes mains caressent ses fesses déjà nues également.
Debout contre le mur de la salle de bain, je la pénètre doucement, suçant sa langue dévoreuse.
Son téléphone sonne, son ex qui appelle, je jette l’appareil au travers de la pièce.
Elle commence à gémir, ses mots d’amour résonnent à mes oreilles.
Ses gémissements laissent place à des cris quand son bassin vient me chercher de plus en plus loin.
Ses jambes se serrent plus fort autour de ma taille quand je m’enfonce au fond d’elle, son tatouage se plie et se déplie sous mes coups de reins.
Je l’embrasse à pleine bouche quand elle jouit contre moi, mordant mes lèvres jusqu’au sang.
Le silence se fait alors dans la pièce, c’est alors que je remarque que son portable s’est allumé quand je l’ai lancé quelques instants auparavant.
Je lui montre le téléphone, elle le regarde longuement, sourit, ses yeux étincellent, elle se saisit du cellulaire et jette à l’interlocuteur muet
« Adieu… »
Puis en me regardant se rhabille et éteint le portable lentement.
Steph et sa femme avaient fini de débarrasser la table.
Elle devait reprendre à 13h30, elle nous laissa boire notre café et descendit après m’avoir serré très fort dans ses bras.
Son je t’aime s’imprégna de couleur et dansa sur son petit pull à damiers…
Flint
06 janvier 2008
Il était une fois, commencer comme ça
Finir l'année
Sur ce lit qui nous a déjà naufragés , berceau d’un amour volcan
Mon corps repu mais avide n’aura pas su se reposer longtemps
Ma peau se souvient de chaque connexion, chaque mise à feu
Mes doigts sont tes doigts, mes mains te feraient bien l’aveu
Des trajets répétés que je trace tels d’électriques sillons
Infligés en mémoire de toi sur ma chair et au plus profond
J’avais soif de ces baisers aujourd’hui et en cette nuit
Mes mains ont caressé, agrippé sans aucun bruit
Les stigmates brûlants que tes gestes m’ont laissés
En guise de relique, j’y suis revenue comme l’animal blessé
Rafraîchir mes songes de tes mots, de ton goût sur mes lèvres
Lovée au creux de ton absence, je te rejoignais dans mes rêves
Commencer l’année…
Sur ce lit qui nous accueille à nouveau, berceau d’une nudité rapace, échevelée et vibrante, nos corps voulaient s’ouvrir, s’offrir à ces envies les plus folles. Tant de temps perdu, enfui, à rattraper ! Il y a bien longtemps que les douze coups ont sonné. Cendrillon a balancé elle-même ses escarpins, cul par-dessus tête et les yeux perdus, bandés de désir sous-peau… Se manger du regard, mêler leurs deux nuances. Les aveux silencieux qui bourdonnent sur nos lèvres gourmandes ne peuvent s’échapper de leur humide étreinte. Enfin les bouches ne disent plus le manque ni le venin. Le silence s’offusquerait presque de leur folle sarabande, symphonie de gémissements, de souffles et de succions. La mienne saisit doucement ton sexe fier et érigé, l’étendard de ta virilité que tu aimes arborer sous mes yeux gourmands. Je suis à l’affût, tu le sais. Ton envie de moi, la première de l’année, perle déjà sous la chaleur de ma langue. Avant même d’appuyer ce baiser si spécial, je guette le détonateur : ce grondement d’impatience qui sourd du fond de ta gorge et qui exprimera mieux que les mots toute la puissance de ce désir, le désir d’entrer en moi, d’être à moi… Mes lèvres charnues rougissent de passion et de chaleur, elles se carminent du désir de toi, fleurs écarlates sur ma peau blanche neige. Mes mains caressent et exercent de légères pressions sur tous tes points sensibles, toutes concentrées sur ce feu que je veux faire jaillir de toi. Du bout de la langue et du bijou inquisiteur dont elle est ornée, j’effleure, je taquine, j’agace… puis je te saisis et tu t’empares dans un râle et un souple coup de hanches du chaud refuge de ma bouche, un fourreau mouvant que tu as tant de mal à quitter.
Mais tu veux faire durer le plaisir… La Belle au bois s’est réveillée de la plus douce et fébrile manière qui soit… elle a faim, penses-tu. Les minutes lacunaires qui tombent et meurent, si vides, s’étirent au frontières de ce qui n’est pas quantifiable : j’ai dormi cent ans, mille ans j’en suis sûre ! Reprends l’année à l’envers, je ne comprends rien aux chiffres. Une nouvelle année, c’est pire qu’un jour de plus sans toi, un jour de trop…
Reprends-moi aussi à l’envers ! Tu me vois frémir sous ta langue agile qui dessine la carte du tendre à même ma vertigineuse chute de reins. Je me cambre davantage et t’offre enfin ces murmures que tu attends, ces mots plus doux, plus précis, plus électriques… Sous ma chevelure féline qui vient camoufler légèrement mon visage, je darde les rayons verts de mon regard vers toi, une invite coquine non déguisée qui en profite pour caresser l’objet arrogant et à vif de ma convoitise. Tes mains polissent mon corps, encore… tes doigts s’abreuvent à tant de sources qu’ils m’enduisent sans peine comme pour éteindre la flamme qui me consume les chairs. Fausse intention, voyons, tu m’allumes de douceurs liquides et tu sembles attendre.
Oui, je veux, ô insensé ! ô insensée…
Si tu m’aimes, je veux te sentir te perdre dans mon antre le moins lisse, celui que tu aimes tant et que je n’offre qu’à toi. Me posséder comme je te possède en cet instant, m’emplir en une profonde et païenne communion.
Et laisser notre plaisir exploser à la face du monde, car notre monde se résume à ce lit, notre île perdue de naufragés volontaires. Puis rester là, indéfiniment, nos corps enchâssés, nos sourires rivés, nos yeux peut-être clos d’amour contenu.
Il s’en est fallu de peu pour que cette année ne commence jamais.
Pour que je ne croie plus aux contes de fées… du moins à ce qu’il se passe après, vous savez bien, ces histoires de grandes personnes.
Cara Mia


















