Bain de Mes Nuits

"Cara Mia..." De l'enfance innocente aux plaisirs d'une femme, ces deux petits mots sont moi, ma musique intime que seuls ceux qui m'ont aimée et m'aiment encore soufflent à mon oreille...

16 janvier 2008

Le miroir et la poupée

Child_Bride_by_BlueBlack


"Ne couvrez pas de voiles sinistres tout ce qui brille. Scrutez le miroir pour découvrir le fantôme qui s'y cache." (Anne Rice. Le Violon.)

« Miroir, ô mon miroir, suis-je toujours la plus belle ? » (rire cynique...)

Me pavanant devant la face froide et vierge d’une longue psyché, j’y cherchais mon présent mais c’est le passé que j’entrevis par les fenêtres mouillées de mes yeux
Echappée saine et sauve de ce monde qui glisse lentement vers demain,
Dans un songe, sanctuaire figé en dehors du temps,
Une enfant, aux prunelles brillantes, songeuses, boudeuses,
Reflet de son père, cherchant ce père.
Bâton de misère d’une mère-enfant qui refaisait le chemin à l’envers.
J’y cherchais alors la malaimée, l’enfant repoussée, grandie trop vite par l’absence et la culpabilité.
Disparue. Reléguée dans un angle mort.

Derrière un reflet mouvant, j’aperçus enfin la bête, la jeune fille animale, changeante, si pâle et trop maquillée. Vénéneuse fleur aux sombres pétales qui croyait cacher son cœur dans une prison de rêves maudits, de jouissances vaines et d’apparences trompeuses.
La poupée, je la revoyais alors avec colère et désespoir… poupée cassée, maintenue, saccagée, bâillonnée, livrée aux assauts du sourd monstre qui hante encore les cauchemars de ses quinze ans.

Encore floue, à travers le vaporeux fluide de larmes naissantes, j’entrevis la future mère modèle. Cristallisée dans un monde où tout désir d’écart est coupable. Transformation.
Ma volonté s’est heurtée au métal froid des convenances.
Toujours une poupée… mais corps exsangue et cœur en carence, une chose glacée et futile, instrument mécanique enserrant mes chairs et mon âme.

Que suis-je devenue ?
En ce tête-à-tête ténébreux et limpide avec mon reflet, je voudrais revenir vers Moi.
Purifiant tout ce que je suis aujourd’hui. Purifiant la plaie qui m’empêche d’aimer…

La Trahison !

Pourrais-je avoir encore la Beauté de la Bête ?
Pourrais-je émouvoir sans briser malgré moi un être éperdu dans mon décor intime ?
Pourrais-je encore supporter ce doigt sur ma bouche qui intime le silence à des cris sans voix ?
Diaprée de lumière lunaire, je crûs soudain vieillir de cent ans, et c’est en me raccrochant à ces yeux familiers sans visage que je ne sombrais pas dans le vertige éternel, celui de la Peur ancestrale de notre finitude. Je n'étais que le jouet du temps et du mensonge.

Fermant, puis rouvrant mes paupières fatiguées, je détachais mon regard de lui-même et le laissait reconstruire le monde autour de nous. Tout était à sa place. Mais quelque chose avait changé pourtant : je connaissais la Vérité…

Je me contemplais à nouveau, moi, seules, dans ce miroir.

Forgotten_Fairytales

J'ai mal...
Les plaies d'aujourd'hui viennent jeter du sel sur celles d'hier et les larmes sont le sang de notre terre. Laisser passer cette pluie, je sais... Merci à vous.

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 22:34 - En eaux troubles - Commentaires [34] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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