04 décembre 2007
Patience ou envie... ?
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02 décembre 2007
Efferverrance
Moi, j’aime l’automne comme la plus sensuelle des saisons, je la trouve sublime de par les leurres et les parures dont elle fait don à la Nature pour mieux la dévêtir ensuite aux premiers émois de l’hiver…
Après les moiteurs violentes de l’été, un audacieux amant qui sait si bien réveiller ce qu’il y a de plus superficiel en nous parfois, je sais me réjouir de cette montée douce-amère de mélancolie au changement de saison.
Contemplative…
On parle plus bas, les sons se font plus gracieux.
On s’aime plus seul ou simplement à deux…
On aimerait emprunter ce sentier parsemé de fuites vers de possibles et discrètes offrandes.
Je marche, lentement, près de toi.
L’impression d'entendre le crissement de mes pas, l'odeur fraîche et enivrante de la mousse, le parfum subtil de la nature qui se dénude doucement, qui offre patiemment sa chair d’écorcée à la morsure du froid pour mieux se laisser enrober d'hiver, peut-être d’une douce et blanche toison d’hermine…
L’automne n’existe pas, il est la charnière hésitante, le basculement fugace des errances du temps d’un bout à l’autre de nos perceptions franches… du chaud au froid, de l’expansion au repli.
Ce qui survit n'est pas palpable mais tout ce qui apparaît est une trace de l'indicible...
J’aimerais l’emprisonner dans un précieux flacon.
Je saisis cette senteur délicate et éphémère du changement, elle envahit doucereusement ma bouche, mon palais, saisit ma gorge en une caresse éthérée, papillonne mon ventre de mille frôlements, étoile mon cœur autour de ces mots non-dits…
La si belle dénudation de la nature, Salomé artificieuse se délestant de ses rougeoyants voiles me suggère un don. S’offrir au dard cuisant et à l’étreinte glacée du Seigneur hivernal… Je me fais rousse nymphe des bois et m’abandonne à cet intime instant. Effeuillée sur un autel de pierre, prête à basculer dans des draps de feuilles mortes.
Cara Mia
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