Bain de Mes Nuits

Cara Mia vous invite à découvrir la douce chaleur du Bain de ses Nuits et parfois les souvenirs de ses jours à travers ses textes, poèmes et photos érotiques soft.

29 décembre 2007

2008 : une de plus

Cette année, nous en aurons tous et toutes une de plus...

L'occasion pour moi de songer à mon âge (oui, oui, ça m'arrive) ainsi qu'à l'écart des générations.
J'avais trouvé il y a longtemps sur un site ami cette "Histoire de lits" qui m'avait fait sourire. Je ne sais plus où et je m'en excuse par avance si la personne s'offusque de n'être pas citée.
Donc, a-t-on l'âge du lit où on se couche ?

attente


"Trop au lit..."

à  8 ans .... Vous l'emmenez au lit et lui racontez une histoire
à 18 ans ... Vous lui racontez une histoire et l'emmenez au lit
à 28 ... Pas besoin d'histoire pour l'emmener au lit
à 38 ans ... Elle vous raconte une histoire et vous emmène au lit
à 48 ... Elle vous raconte une histoire pour éviter d'aller au lit
à 58 ... Vous restez au lit pour éviter son histoire
à 68 ... Si vous l'emmenez au lit, ce sera toute une histoire
à 78 ... Quelle histoire ?

Dans quelle catégorie de "lit" me verriez-vous ?

Et vous... ?

Cara Mia

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28 décembre 2007

Soulève-moi !

Cette nuit, j'ai de petits bouts de chanson et une image dans la tête...

soul_vemoi

Oh soutiens-moi
Porte-moi à bout de bras
Faire l'amour ça sert à ça
Soulève-moi
Serre-moi fort
Prends-moi au creux de ton corps
Fait pleuvoir les perles d'or
Cris multicolores

Méfie-toi de la dictature qui sommeille
Le bruit des bottes est un mauvais réveil
Et crois-moi
La vraie lumière n'est pas celle du vitrail
N'oublie jamais le revers de la médaille
Souviens-toi
Que l'homme qui travaille
Ne sera pas de taille
En face d'un pouvoir
Qui a tout prévu pour la bataille

Oh, soutiens-moi
Porte-moi à bout de bras
Faire l'amour, ça sert à ça
Soulève-moi
Oh ! Serre-moi fort
Prends-moi au creux de ton corps
Fais pleuvoir les perles d'or
Cris multicolores

Daniel Balavoine

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24 décembre 2007

Bon Noël !

24_12

En ce jour de réveillon, je prends un peu d'avance et sors de ma hotte quelques clichés de circonstance.
N'hésitez pas à me laisser vos impressions, c'est la première fois que je m'essaie à la retouche et c'est amusant. Passez d'excellentes fêtes, je vous embrasse.
Cara Mia

combi_noel1

joyeux_noel1

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joyeux_noel2

combi_noel3

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20 décembre 2007

Ton onde saline

saline

Tu répands enfin en moi ton onde saline

C’est de l’eau ou du miel qui se fait chaleur,

Dégoulinante de mes lèvres et mon cœur

Tu quittes ma bouche ouverte sur ta rivière opaline

Je fuis ma nuit en mes errances digitales

Sur cette image de nous, j’écris encore

Même si c’est ton absence qui me dévore
Je suis la lune au clair sillage tressant liens et voiles

Cette eau salée je la goûte en pluie des origines
Elle m’emmaille dans son courant si vertigineux
Je m’imagine statue livide, tu me quittes, je te veux

Nos lunaisons tentaculaires inassouvies s’animent

Mon désir s’arrose d’images subversives… celles des légendes prosaïques.

Tu es le tumultueux Pyriphlegeton parcourant, inondant et incendiant mes veines…

Les eaux impérieuses et éternelles y noient mes désirs de fuite.

Feu et eau mêlés en un barbare et dissonant accord.

Tu es la cascade, je suis le calice, je veux te boire jusqu’à devenir moi-même liquide.

De la fécondité primordiale au déluge destructeur, je serai l’eau qui donnera la vie et qui noiera.
Je pourrai mourir, moi pâle Ophélie, mais mon âme survivra dans la barque de Charon.

Je serai la mer qui cherche sa source.
Je serai la source que tu cherches dans l’infini.
Je serai l’infini brasier blanc que tes mains étreignent en chasse aux étoiles.
Je serai la mer qui embrasse de ses membres infinis la coque de ton vaisseau,
Je serai la mère qui emprisonne ton esquif de ses tendres et fertiles courants.
Je serai l'île et le but du voyage...

Cara Mia

Naiad_Amidst

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19 décembre 2007

Obsidienne

Au fond de moi, j'ai pris le temps de poser mes larmes, puis ma colère, puis mes esprits. Lucidement, faire le tri, relativiser...
Et j'ai découvert des trésors déposés en ces lieux et en d'autres qui m'appartiennent aussi... vos tendres pensées et paroles. Je remercie ici ceux qui m'ont témoigné leur amitié, sans perversité, sans hypocrisie et sans calcul, comme à un être humain. Ils et elles se reconnaîtront...

J'ai reçu ce soir un autre cadeau, une surprise inattendue venant de la dernière personne à laquelle j'aurais pensé. Mais cette personne me connaît tellement que je n'ai point eu besoin de lui confier ma chute, elle l'a ressentie, de loin. Voilà les mots tracés de sa belle écriture penchée qui accompagnaient ce présent tout simple mais si précieux.

Obsidienne, « l’œil céleste »

C’est le symbole du trou noir. Elle véhicule de la lumière noire et assure le passage d’un état à l’autre : de l’ignorance vers la connaissance. Elle permet la transmutation des énergies, la perception et la démarche d’évolution au niveau de l’ego. Cette pierre noire absolument neutre préserve celui qui la porte des mauvaises intentions et des esprits pervers. C’est à l’origine une roche vitreuse volcanique opaque qui a la réputation de guider et aider à clarifier les situations difficiles.

Les thérapeutes s’accordent sur le fait qu’elle vise à apporter la lumière au sein des ténèbres, à voir l’aspect positif dans toute situation problématique en favorisant la prise de conscience. Elle symbolise, comme dans la légende, le liséré d’argent que l’on peut voir même sur le nuage le plus sombre…  On dit qu’elle encourage à reconstituer ses forces et avoir suffisamment de motivation pour passer aux actes, aplanir les difficultés, annoncer espoir, encouragement et fin de l’épreuve. Enfin, elle pourrait même transformer la personne qui la porte en l’aidant à découvrir le potentiel qui est en elle.

Pour l’instant, elle m’a arraché un sourire et calmé mes peurs.

obsidienne

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14 décembre 2007

Pause-moi

Indigo_Child_by_Inuria

"D'être hanté par mes vieilles obsessions, cela me rassure.
Mieux vaut un cauchemar apprivoisé que la blessure à vif d'un souvenir récent."
(Daniel Sernine)

J'ai besoin d'une pause... la nuit m'a rattrapée.
Désolée...
Et pour ceux qui sont venus déposer leur clarté, merci d'être là...


Cara Mia

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13 décembre 2007

Pause-toi

pause

Pose-là
Sur le velours de ma peau...
De toi, je ne connais que de multiples visages qui ne sont pas le tien,
Ceux que tu veux bien livrer, mille avatars d’un inconnu qui leur ressemble un peu…
De moi, tu ne sais rien.
Ne sommes-nous vraiment que ces images ?
Changeantes au gré des humeurs et du paraître…
Ne sommes-nous que ces pantins obéissant à nos propres jeux, nos propres codes ?
Les mots sont peu lorsque tu es près de moi.
L’éternité n’est que caresse…
Pose-toi un peu près de moi.
Le temps de perdre du temps, d’arrêter nos courses folles et nos manèges imbéciles, d’effleurer nos songes aux goûts ambrés de miel et de d’iode.
Allez, pose-là.
Est-elle aussi caressante que ta voix ?
Joueuse autant que ton rire ?
Peut-elle serrer et faire mal ?
Peut-elle aimer et dessiner les contours du plus sensuel des ballets ?
Allez, pose-là.

Ne dis plus rien, tout n’est que mensonge
Entre nos multiples personnages, les mots virevoltent, luttent et se perdent
Vains, veules, vides
Nous n’arriverons pas à nous connaître, pas aujourd’hui.
Mais nous pourrions peut-être nous reconnaître ?
Allez, pose ta main…
Sur moi… Enfin !

Cara Mia

En souvenir de ce jour d’hier et des jeux à venir…

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11 décembre 2007

Portrait chinois

yeuxCM

Voilà un petit jeu de connaissance que j'ai trouvé sur nombre de blogs et auquel je me prête aujourd'hui à la suggestion de certains.
Me verriez-vous...


Si j'étais

Un animal : une chatte
Une couleur : le violet
Une pierre précieuse : une pierre de Lune
Un élément : l’eau
Un astre : La Lune
Un sens : le sixième sens, s’il n’y en a pas davantage !

Des points forts : la douceur, la générosité
Des points faibles : la colère, l’impulsivité, l’hypersensibilité
Un sentiment : la tendresse
Un geste : tendre la main
Un paysage : La mer, à perte de vue.
Un pays : l’Italie
Une saison : l’automne
Une fleur : l’orchidée blanche
Un arbre : un magnolia
Une chanson : la Quête de Brel
Une légende : Eros et Psyché
Un personnage féerique : une ondine ou une nixe
Un endroit : Une île, la Corse
Une devise : Carpe Diem
Un oiseau : une hirondelle de rivage
Un bruit : un rire
Une odeur : celle de la peau
Un climat : méditerranéen
Un phénomène naturel : un arc-en-ciel
Un véhicule : qui va d’un point A à un point B
Un adverbe : Tendrement
Un adjectif : Douce
Une citation ou proverbe :
« On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu'on aimera et l'autre moitié à quitter ceux qu'on aime. » Victor Hugo
Une épitaphe : je dors
Un instrument de musique : La voix ou le violon, très proche d’elle.
Un monument : la cathédrale Santa Maria del Fiore à Florence
Une danse : Le tango
Un film : Bram Stoker’s Dracula
Un dessin animé : La Belle au bois dormant
Un objet : Un beau livre
Un bijou : Un lien d’argent
Un parfum : Very Irresistible
Une matière : la matière grise
Un vêtement : Un string... pas dessous ? Alors des jeans
Une paire de chaussures : des bottes à hauts talons
Une saveur : amande amère
Un dessert : le tiramisu
Un fruit : celui du péché…
Une boisson : ouh là ! que de l’eau… (sourire)

Serez-vous tenté de me donner vos impressions, quelques bribes du vôtre (ou jouer le jeu et le poster sur vos pages) ?

Cara Mia

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09 décembre 2007

De l’autre côté du miroir

Alice

Allons bon, je me décide…
Le dernier billet d’une de mes lectrices m’a renvoyée bien des années en arrière, à l’arrière d’une voiture pour être plus précise. Mais n’allons pas trop vite en besogne, le temps de rassembler mes souvenirs épars et je m’en vais vous conter une petite mésaventure.

Une de ces soirées qui commencent mal et qui n’ont rien pour bien s’engager…
J’arrive chez Alix à la tombée du jour, un crépuscule humide et brumeux, absolument pas envie de sortir ce soir, je serais bien restée chez moi avec un bon bouquin au coin du feu. Evidemment, elle n’est pas prête et m’entraîne avec elle dans la salle de bains : toujours vive, presque brutale, elle se dénude jusqu’à la taille et revêt devant moi en quelques minutes une bonne demie-douzaine de soutien-gorge tous plus affriolants les uns que les autres tout en m’expliquant qu’elle souhaite avoir une poitrine avantageuse sans pour autant être arrogante sous son petit haut tout neuf, que sa toute dernière conquête devra absolument noter ce détail… bref, des histoires de jeunes filles. Là, dans le miroir, elle se contemple un instant et nos regards verts jumeaux se croisent. Un sourire rendu à nos reflets :

-C’est le bon, celui-là !

Je ne sais pas si elle parle du soutien-gorge ou du jeune homme en question et je n’en demande pas davantage puisqu’elle a l’air décidé. Elle pivote vers moi et m’embrasse joyeusement sur le bout du nez :

-Mais on ne va encore pas me voir à côté de toi, tu es superbe, tout en noir, Morticia, rit-elle…

Nous sommes à l’université depuis un an maintenant et hormis nos expéditions culturelles ou sportives, je n’apprécie que modérément ces soirées interminables de chasse à l’homme dans des recoins choisis de la ville étudiante. Trop de fumée, d’alcool, d’imprévus souvent fâcheux voire simplement d’ennui mortel dans un brouillard de musique inepte et de paroles mimées. Je suis une fille d’espace et de vent. Alix, elle, y évolue comme un poisson dans l’eau.

A propos d’eau, je me doutais que j’allais encore devoir conduire au retour. La bande d’amis que nous allions retrouver n’étaient certes pas des plus sobres et moi j’avais pris depuis quelques temps le réflexe de faire semblant de boire pour accompagner un toast ou de refuser tout net. Pas que je sois une rabat-joie mais je ne supporte tout simplement pas l’alcool : un verre et je ne suis plus moi. Cela m’a déjà joué des tours assez embarrassants d’ailleurs… Bref, passons… Non ? J’y reviendrai une prochaine fois alors.

Pour Alix, ce soir, pas question de chasser : elle me présente sa nouvelle conquête, un jeune pilote en escale qu’elle avait connu à l’aéroport vu qu’elle y travaillait et qui lui avait fait le coup du « viens, je t’emmène au septième ciel ! » Mes premières impressions sont les bonnes en général, pas les siennes : celui-ci ne me plaisait pas. Trop condescendant, trop poilu, trop arrogant, trop sûr de lui… trop tout. Tout ce que je n'aime pas. Sa façon de l’attirer sans ménagement à lui devant l’entrée de la boîte, de l’embrasser avidement sans même la regarder mais sans fermer ses yeux non plus… 
Je rêve ou cet abruti est en train de me déshabiller d’un regard entendu alors qu’elle se serre tout contre lui ? Je tourne prestement les talons et me glisse encore plus vite à l’intérieur pour laisser sa dernière remarque se perdre parmi la foule et le bruit : « Elle a un bon cul, ta copine ! » Voilà, encore un goujat… Alix avait le don de les attirer ceux-là, elle aimait se soumettre à leurs petites flatteries de bas-étage et ronronner autour d’eux en guettant sa pitance, travers que je lui faisais souvent remarquer car elle se retrouvait immanquablement pressée et jetée comme une vieille éponge… J’entends bien par « éponge » le fait qu’elle absorbait naïvement toutes leurs inepties et les douleurs qui en résultaient. Toutefois, depuis qu’elle me connaissait, c’était sensiblement différent. Je l’avais conduite à jouer de ça comme de sa séduction, à prendre plusieurs fois le dessus lorsque clignotait le panneau « danger », à se comporter un peu comme un homme et foncer dans le tas quand et comme elle voulait. J’étais moi-même dans cette période-là de ma vie où je me voulais prédatrice sous ma carapace, où j’étouffais des sentiments mis à mal… le chemin était encore long avant de grandir.

Nous avions passé d’inoubliables moments à faire les « pestes », à choisir un type plutôt qu’un autre parce qu’il fallait qu’il nous plaise à toutes les deux pour pouvoir le tester à tour de rôle.
Mais la blonde Alix avait repris sa panoplie d’ingénue malgré ses dessous aguicheurs… Elle espérait quoi ? Le garder celui-là avec ses faux airs de Clooney (avant qu’il soit sexy) et son fameux « What else ? » Rien, justement, il ne lui donnerait rien d’autre et elle le buvait des yeux, il avait déjà gagné. J’ai dû m’assombrir je pense car je n’ai pipé mot de toute la soirée, du moins pas avec eux. J’étais vissée sur mon haut tabouret, jambes croisées sous ma jupe fendue, devisant avec mon serveur préféré qui était dans la confidence et ne me préparait que des verres sans alcool. A un moment, je sens dans un frisson la caresse fugace et audacieuse d’une main dans mon dos nu, si légère, ce ne pouvait être qu’elle qui venait me rejoindre… Pas du tout, je me retourne et croise alors le regard mutin et effronté d’une jeune fille rousse qui s’en allait vers la piste au bras d’une autre demoiselle ! Décidément, c’était ma soirée… homme ou femme, l’infidèle patenté avait décidé de jeter son dévolu sur moi ! Ras le bol… Je me lève et décide d’aller danser moi aussi, Alix a vu le manège de la fille, elle vient vers moi et m’accompagne sur les rythmes langoureux d’une salsa. Nous sommes quatre ou cinq à nous trémousser en essayant parfois de placer quelques mots, je me laisse vite emporter par la volupté de ces sons que mon corps aime marteler et épouser de mille et unes façons, la danse est une expression naturelle pour moi. Mais ce soir, je n’arrive pas à me lâcher… un regard narquois et sombre pèse sur moi, sur nous. L’aviateur.
Au moment où il s’approche de moi, je tourne les talons et vais chercher mon manteau… Un autre que lui, j’aurais peut-être joué le jeu. Mais là, c’est chimiquement impossible. Je me sens prise au piège quand je m’engouffre à l’arrière de sa voiture (et oui, la mienne est restée chez Alix, nous sommes partis en nous tassant à cinq) et que nous déposons une copine et son mec devant chez eux.
Arrivée devant la maison.
Malaise. Il coupe le contact et me jette un regard dans le rétroviseur.
Il n’y a pas de portières à l’arrière et la musique est forte. Je sais que j’aurais pu crier, le forcer à me faire descendre mais je n’angoisse pas. Je sais pertinemment que la seule chose qu’il pourra obtenir de moi, ce sera d’être la spectatrice de ce qu’il s’apprête à faire. Il ne tarde pas d’ailleurs à prendre les choses en main, si j’ose dire : il fond sur Alix tel un rapace et elle l’accueille avec des soupirs de contentement. C’est terriblement équivoque : je suis là, otage de leurs ébats et ça les excite de le savoir. Peu importe, je me laisse aller sur la banquette et décide de me faire oublier, je regarde au-dehors, la rue déserte et glacée. Mon sac et mes clefs sont à l’intérieur, chez Alix, je me vois mal attendre debout et seule dans ce parking glacé que Miss Alix ait fini de faire joujou avec son copilote de pacotille. C’est alors qu’un fait insolite se produit et me pétrifie : je sens une main entourer délicatement ma cheville, remonter le long de mon bas en une caresse si douce que j’en frémis malgré moi. Je m’y attendais un peu vu l’intérêt non dissimulé du pseudo-George pour moi et je vais m’écarter quand je constate que ce n’est pas sa main qui s’égare ainsi sur mon mollet… c'est Alix.

Une bouffée de chaleur communicative m’envahit. De leur étreinte, je ne perçois que de vagues sons mais je sais que l’excitation est grande et la main de mon amie remonte lentement entre mes cuisses pour en effleurer la chair nue. Elle ne va pas me faire ce coup-là, pas elle ! Comment l’a-t-il convaincue ? Elle me connaît bien, elle a senti ma répulsion envers lui… Alors ?
Je m’aperçois tout-à-coup qu’elle cherche à dissimuler cette caresse féminine, qu’elle retire subrepticement sa main lorsque son amant se redresse pour me jeter un coup d’œil. Elle fait de moi sa complice et lui ignore tout… Je reprends alors confiance et me laisse aller en silence à ces jeux de mains, à cette enivrante surprise. Je n’avais absolument pas réalisé que non seulement cela ne me dégoûtait pas mais que j’en avais envie. Ma main enrobe la sienne et mes doigts courent sur son bras tendu vers moi. Ah ! Si c’était un autre mâle étendu là près de nous… mon imagination galope à toute vitesse et je nous vois succomber tour à tour à des plaisirs en trio.
Mais il y a lui, et Alix, et moi... quelque chose ne colle pas. La découverte de ces nouvelles sensations ne me donne pas envie de les partager, du moins pas tout de suite et pas comme ça. Quelque part dans mon ivresse, je les entends parler, il se redresse et lève le ton, je perçois sa colère et son dépit dans le ton de sa voix même si je ne me souviens plus des paroles. Je bondis alors entre eux vers l’autoradio et coupe le son :

- Allez, ça suffit, je sors, dis-je.

Alors Alix ouvre la portière et me précède. Je m’enfuis vers ma voiture en riant sous cape de ce que j’entends :

- Non, tu ne montes pas avec nous, d’ailleurs elle prend ses clefs et s’en va aussi, ça ne m’intéresse pas. Tu ne m’intéresses pas non plus en définitive, ton idée de nous coincer toutes les deux sans même lui demander t’a fait perdre l’une et l’autre !

Je n’oserais écrire ici tous les noms d’oiseaux dont il nous a affublées et nous les méritions peut-être un peu avec le recul… mais sans regret aucun, je le vois démarrer et partir en trombe.

D’habitude si bavardes, nous ne commentons pas l’épisode, je ne l’interroge pas sur son brusque revirement par rapport à lui, encore moins sur ce tendre rapprochement entre nous deux. Je comprends que ce sale type a fini par l’agacer aussi avec ses airs de débarquer en territoire conquis alors qu’elle songeait encore une fois à tort à une histoire sérieuse. Elle comprend aussi sans doute que je suis la seule personne qui voit clair autour d’elle et qui ne pense qu’à son bien-être.

Et puis il y a ce désir qui est né, qui a mûri et qui s’est révélé ce soir comme une évidence. L’envie de se laisser émouvoir d’une autre expérience, de naviguer sur de nouveaux rapides et de toucher d’autres terres.

- Bon, je monte et tu me rends mes clefs, donc.

- Si tu veux, répond-elle, mais tu restes dormir.

Je l’ai suivie, de l’autre côté du miroir…

Cara Mia

miroirs

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06 décembre 2007

Ovaire-dose

Woman_in_Chains

Au secret de mon sanctuaire impénétrable

Ils se nichent bombés en ouvriers ardus

Larvés sur le magique manège des menstrues

Impassibles, apathiques mais capables

Mes ovaires patients, savamment régulés

Métamorphosent du rien en fluides féconds

Chaque mois de ma vie comme poule qui pond

Ils se fichent pas mal de m’avoir tant torturée

Alors je me dresse et réponds en ovaire-dose

Que leurs fruits par deux fois ont séduit et réduit
Un flot frétillant de vainqueurs à juste dose

Ras les ovaires de cette folle machinerie
A cette cruelle musique, je crie : gamme ovaire !
Taisez-vous donc un peu et que le clito rie !

Cara Mia 

Posté par Cara Mia à 15:14 - Arrimages - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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