Bain de Mes Nuits

"Cara Mia..." De l'enfance innocente aux plaisirs d'une femme, ces deux petits mots sont moi, ma musique intime que seuls ceux qui m'ont aimée et m'aiment encore soufflent à mon oreille...

04 octobre 2009

Voiture-balai

Pour ceux qui n'auraient pas saisi, je suis LA désormais

Quand la chatte est là, les souris se mordent les doigts la queue...

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23 septembre 2009

HATE

Y a des souvenirs et des faux-semblants qui puent vraiment la merde par ici !

Je ne parle pas pour vous qui me lisez souvent.

IL se reconnaîtra...

Ce n'est pas une pause. DSC05434

Ce blog s'arrête définitivement car il n'aurait jamais dû commencer.

Je ne le supprime pas car pour moi les mots qui m'ont accompagnée sont précieux, surtout quand ils sont sincères.

Mais je tourne une page de ma vie qui continuera ailleurs (car j'ai toujours besoin d'écrits et de cris) et j'y accueillerai volontiers ceux qui me suivront.

Cette fois, je me promets plus de lucidité.

Au revoir et merci

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12 septembre 2009

Impatience

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Tu peux dire de moi ce que tu veux, je suis à toi comme je l'ai toujours été depuis tout ce temps...
La preuve, si tu étais dans ma tête, tu aurais entendu, tu aurais senti toutes ces fois où j'ai pensé à toi si fort que j'avais la sensation physique et cuisante de la pulpe de tes doigts sur ma peau.
Tiens, pas plus tard que vendredi midi, réunion de boulot. Le personnel, l'assistante  sociale, un médecin, mon directeur qui parle, parle, parle... les regards qui glissent sur moi. Je suis dans mon brouillard, un sourire de circonstance collé sur ma face.
Putain, maudit portable, où es-tu ?! Je ne peux pas te dire à quel point je suis pleine de toi en cet instant !
Je porte une robe noire à bretelles, rien dessous bien entendu. Et je sens ma chatte transpirer entre mes cuisses frémissantes. Et pourtant il ne fait pas très chaud. Le directeur me fait un clin d'oeil compatissant, il doit croire que je m'ennuie, j'ai fait une moue impatiente et déçue, je viens de m'en rendre compte. Mais il ignore pourquoi en fait. Solliciter un amant en secret par sms pendant une réunion guindée, ça m'exciterait tellement !
Là, te dire que j'ai envie...

Reviens vers moi comme il y a un mois, il y a un an, il y a un siècle me dit ma tête, me dit mon ventre, l'envie de ton sexe planté profondément en moi ne peut pas attendre...

Ou bien :
Rappelle-toi de mon doigt dans ton cul, ton gland sur mes lèvres, ma langue qui t'aspire doucement...

Une main pianote sur le bureau. L'autre s'égare sous le paquet de feuilles posé sur mes cuisses.

Et bla, bla, bla, bla...

Je t'imagine assis en face de moi, à la place vide.

J'ai l'impression que ma robe va se déchirer sous la poussée de mes petits seins. Ne pouvant pas bouger davantage, je ne peux qu'enfoncer l'index et le majeur dans ma fente humide. Les parois se resserrent autour comme une fleur carnivore sur un intrus piégé. Après quelques mouvements discrets, je retire mes doigts, si je continue à me dandiner, je risque même de murmurer ton prénom... Ne pas jouir surtout devant cette assemblée anti-sexe !
Tu les verrais... Les femmes présentes semblent sans âge. Où vont-elles chercher des vêtements et des coiffures pareils ? Ici, pas de corps, pas de mode, pas de sexe, pas de désirs, juste des vertus d'exemplarité et une fausse bonne conscience. Rien de joli, aucune fantaisie, peut-être la lumière d'un bijou qui a dû coûter cher. Elles sont déjà à demi-mortes.
Je glisse à nouveau mes doigts en moi prestement. Je les ressors et en promène un négligeamment sur ma bouche. Le musc de ma mouille m'entête.
Je veux être vivante, moi !

Fais-moi revivre !
Je pianoterais bien tout ça...

J'ai envie de lécher tes lèvres, ta gorge, puis tes fesses, puis ton cul...
Je te fouillerais jusqu'à te faire bander si fort que tu me supplieras de me prendre.

Cara Mia

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20 août 2009

Se souvenir de l'Aurore

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Nous avons banni les dernières barrières de la nuit.
Pas celles du fil des jours, celles nocturnes et profondes des longueurs qui nous séparent.
C’est l’aurore éternelle quand nous respirons à l’unisson, quand mon souffle retrouve enfin le tien…

Aller vers toi, c’est voir tout scintiller, c’est retrouver la lueur blafarde des étoiles comme la chaleur écrasante du soleil, c’est l’ivresse de réunir les points lumineux et convergents de toutes les clartés, c’est recevoir un à un les signes de nos retrouvailles comme des cadeaux, c’est espérer quand on en n’a plus le droit ni les forces..
.

L’aurore, ce sont tes bras qui m’enserrent, ta voix qui me murmure que tu es là, que tu ne me lâcheras pas… notre aurore commença bizarrement avec la nuit, c’est le lot des clandestins. Elle nous bercera dans son écrin de ténèbres, offrira des refuges insoupçonnés à nos ébats, nous repoussera sans repos d’un rivage à l’autre, nous bercera comme une la houle sur la mer, tour à tour sereine et sauvage…

Nous bannirons les crêtes hérissées qui jalonnent nos routes, nous renverserons les obstacles car rien n’est infranchissable lorsqu’on est si proches… parce que tu m’as fait une promesse, tu te souviens ? Celle de me tirer de ma nuit, toi qui n’aime rien tant que briller et m’élever dans ta lumière…

Dans l’attente de nous, je vis des matins bleus un peu pâles, je tourne et je vire, j’ai envie de tout souligner d’azur, de surligner même !
Puis elle advient au cœur d’une chaude matinée, ta présence, celle qui peint de couleurs vives tout ce qui m’entoure, celle qui dessine même mon sourire… qu’il peut être grand le pouvoir de l'être aimé au détour de quelques pages insignifiantes ou simplement au bout du fil !
Encore ce matin, mon regard s’égare sur ces pages d'errance, les bouteilles qu’on s’est jetés au fil de l’onde…

Le jour est là. Et moi j’attends la nuit, tout ce qui peut me rapprocher de mon aurore… ardemment.
C’est toujours trop peu de nous mais c’est indispensable.
Les brumes froides au sommet des collines au loin se sont estompées, la chaleur estivante s’installe, voile d’une poudre chantante tous les reliefs et les contours de mon paysage mouvant… je n’ai qu’à clore à demi mes cils pour que tout se puzzle et se détourne, pour que la mer à l’horizon se teinte d’indigo, pour que l’ouest s’ébauche comme si je n’avais qu’un simple ruban bleu à traverser. Les distances s’abolissent dans un murmurant silence.

Nous serons là. Bientôt.
Nous sommes là, dans une chambre d’hôtel dont je ne perçois pas l’agencement.
Juste nous, posés là, arrimés l’un à l’autre, sculptés au drap de coton frais, chiffonnés, échevelés. Heureux.
Sous la lampe depuis longtemps refroidie, s'éteignent les ultimes soubresauts de nos corps, nos rires se chuchotent désormais dans une torpeur lancinante.

J’aime cette aurore, celle où le jour recouvre chaque chose de simples rais timides à travers les persiennes qui resteront closes, celle qui n’appelle pas l’éveil parce qu’on a le temps, celle qui laisse à la nuit encore féconde ses souvenirs diaboliques et la possibilité de nous reprendre et de nous emporter, sans fin…

Je veux dormir le jour, aimer et danser toute la nuit, je veux la quiétude des réveils sans horloge, le chant des cigales qui nous berce, la sérénité d’un ombrage sur nos peaux nues, le balancement d’un hamac et le ressac de l’eau, la brise que laisse filtrer tes doigts, la douceur de tes lèvres qui effleurent ma nuque, des je t’aime à l’infini…

Nous partirons. Chacun dans nos sphères.
Et je veux laisser nos traces aimées et aimantes sur la froideur cassante des objets du monde, juste nos chaleurs d’alcôve goûtées, exaltées, éphémères. Je veux les rendre témoins futiles de la force de ce qui nous a unis… pour garder encore un peu au cœur et au creux des larmes l’indicible bonheur de l’instant, aussi fugace que le premier rayon de l’aurore.

Cara Mia

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11 août 2009

Elle en bleu


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«Perdre est une sensation définitive ; elle n'a que faire du temps. Quand on a perdu quelqu'un, on a beau le retrouver, on sait désormais qu'on peut le perdre.»  (Jean Giono)

Bleu, du bleu profond et dru, partout !
Ça fait du bien après quelques bruyants crépuscules rouge sang...

Ça avait commencé par un ciel clair et sans nuages bien sûr, et aussi par sa redondante coquetterie à enfiler une robe de plage turquoise… Chasser les nuages de sa vie !

Elle avait négligé toute autre parure, déjà bronzée, le sourire bien accroché autour de dents prêtes à mordre la vie par tous les bouts !

Et puis le sable d’or de Leucate comme un bijou, un fin liseré entre les vagues calmes et la masse tranquille d’un hôtel tout blanc.

La chambre aussi est peinte de cyan, lumineuse avec ses grandes baies vitrées sur une terrasse de pierre, ses meubles de bois blanc comme des cabines de plage… elle y dissimule vite fait ses quelques trésors, si peu en fait, on a besoin de quoi au cœur de l’été… ?

Tout d’abord la bouteille de bon vin qu’elle a choisie pour lui. Son anniversaire à elle, ils l’ont déjà fêté. Aujourd’hui c’est son tour et elle veut que tout soit parfait pour lui. Du moins le mieux possible.

Très vite, elle est nue, elle profite de la caresse légère de la brise marine qui s’insinue partout, elle jette un coup d’œil entendu au grand miroir près du lit en se demandant s’il va remarquer sa belle couleur uniforme de pain d’épice avant de la dévorer toute crue ! Même seule, même en l’attendant, elle savoure avec un brin d’égoïsme cette solitude gourmande en se disant « tout ça, c’est pour moi ! » puis très vite après « non, c’est notre écrin, notre île hors du temps ! »

Une profonde inspiration d’air bleu et salé, là, à la source… Elle s’est accoudée au balcon, elle sent presque l’eau taquine venir la chercher. Quelques pas à faire et elle se jettera dans la belle Méditerranée. Un bas de maillot vite enfilé, un simple paréo noué dans le cou et elle file en courant jouer les sirènes.

Le meilleur moment, ce sera la douche, le sable qui fuit sous ses pieds, le goût de sel qu’elle gardera  tout de même un peu sur les lèvres pour qu’il vienne cueillir ce parfum de vacances sur sa peau encore humide.

Les meilleurs moments, il y en aura eu beaucoup en fait…

C’est banal somme toute quand on le lit, mais c’est toujours magique quand on le vit.

Il y a les draps qui deviennent le seul contact avec la réalité et le corps de l’autre qui n’a plus de frontières.

Il y a l’air iodé et fraîchissant du dehors que les pâles du ventilateur leur assène, complice.

Il pense en observant leur course obstinée que le temps passe aussi, comme ça…

Elle pense, elle, en silence, que la roue tourne aussi, comme ça…

Mais ça, c’est son optimisme fataliste à lui, son gai pessimisme à elle.

Il y a les caresses nonchalantes d’une trêve, celles qui donnent autant de frissons que de tendresse, la pulpe de ses doigts qui agace les siens, son avant-bras, son dos, ses fesses…

Il y a la robe qu’il lui choisit, fluide, ne tolérant aucun sous-vêtement, et leurs rires de gosses.

Il y a les regards sans équivoque qui meublent chaque silence car c’est bien connu, on ne parle pas la bouche plein, surtout en public !

Il y a sa manie déroutante à lui de changer de menu au dernier moment, et ce, chaque soir !

Il y a les saveurs profondes et colorées, le vin au goût de fruit qui lui feront avouer à elle par le jeu de chacun de ses gestes les fragiles essences de ses désirs. Elle imagine avec quelle langueur innocente elle va s’abandonner, avec quelle insouciance elle lui offrira ses mots et ses ronronnements les moins pudiques, enivrée de chair, d’arômes et d’alcool, animale et jouisseuse. Il réveille si bien ses forces primales…

Il y a les balades à deux sous les étoiles, les feux, la musique et les danses d’un spectacle de rue.

Il y a les mains qui se sont cherchées, accrochées et qui ne se lâchent plus, jour et nuit.

Les doigts doux et blancs de la lune qui les enlacent et les bercent déjà quand ils se pressent vers l’hôtel.

Sa lumière d’astre pâle qui filtre, jalouse, à travers les persiennes closes sur une longue nuit d’amour. Elle aura rendu les armes alors que la matinée peut s’éterniser dans la chaleur entêtante de corps à corps sans fin.

Il y a le café du matin qui devient vite un brunch conséquent pris à même la plage, sous un parasol de paille, dans un décor de carte postale.

Il y a le village, la plage, les glaces, les rires, les cris, les gens, les discussions légères ou littéraires, prendre le temps d’être ensemble… et farniente ! Surtout !

Et puis, une nuit, la musique entêtante du ventilateur a cessé.

Le silence, imposant, hostile, convulsif, coule autour du lit pour tout noyer.

Un véritable torrent qui enfle jusqu’à recouvrir son corps frémissant gavé de soleil et de désir vain. Sur sa bouche grande ouverte sur des mots inutiles, il abat sa chape étouffante.

Elle voudrait les dire ces mots du cœur, leur faire trancher le cours lapidaire des choses.

Mais il sait comme elle sait, il connaît le feu liquide qui agite son corps et sa tête, il aurait pu résumer avec son bel esprit de synthèse chacune des émotions qui allaient la traverser et la lacérer avant même qu’il ne s’endorme. Il ne l’a pas fait. Il est parti. Son grand corps las repose, là, sur leur île blanche. Mais il n’est déjà plus ici, le désir inassouvi qui ne la quitte pas elle, l’appel des sens, le chant envoûtant des choses de la chair et de l’eau ne l’ont pas saisi.

Le vent a déposé sa folle énergie, le murmure furtif des vagues noires même a molli.

L’air est plein de chants d’âme saoule de peurs et de souvenirs.

Et c’est dans l’ombre zébrée de la chambre des amants détournés que se fait la grande clarté.

C’est un gémissement irrépressible, une plainte qui naît, gonfle et pénètre de son corps tranchant la chair des murs qui tressaille… Elle a tellement envie de lui ! Il ne bouge pas d’un pouce.

C’est un goût de terre dans la bouche et des larmes amères dans ses yeux de verveine. La tendresse peut mourir parfois avec le sommeil. Son angoisse, c’est toujours la même, ce sentiment d’urgence. A ce moment précis, elle le déteste de ne pas le ressentir aussi. Se retrouver comme ça, c’est aussi réaliser à chaque fois qu’on peut se perdre, que c’est inévitable.

Un gémissement, c’est tout.

Elle ne soupirera pas. La course du temps ne lui donne le vertige qu’à elle, elle qui ne sait pas différer. Elle se sent seule, ici, avec lui ! C’est un monde ça ! Il lui faut briser le silence oppressant, entendre son souffle tranquille à lui, les pulsations de son sang à elle. Se souvenir que sous les ténèbres, il y a de l’azur à n’en plus finir et de nouvelles promesses à concrétiser, encore.

Elle ne peut pas partir, elle ne peut pas dormir, tout juste respirer, à l’affût encore de ces bribes de désir qui embaument l’air clos de leur étreinte doucereuse et fanée.

Elle sait que dans l’air libéré du matin, la lumière toute neuve surgie de là-bas, loin vers l’Italie, lui rendra peu à peu la vie et le bleu, tout l’amour de ses yeux grands ouverts.

Cara Mia

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25 juillet 2009

***

réédition 6 août

Merci

A ceux qui se reconnaîtront

Je n'attendais pas de geste, je n'attendais rien en fait
Mais j'ai eu beaucoup...
La clarté que beaucoup n'obtiennent jamais tant que rien ne leur tombe dessus :

Ceux qui se sont tus alors qu'ils parlaient d'ordinaire très haut
Ceux qui ont eu la générosité au moins d'une présence

Et puis les mots qui savent parler au coeur surtout...
à ceux-là, merci

"Ecrire, c'est déjà un peu arêter le temps..." (Claude Péloquin)


Alors ici, je reprends un peu mon souffle, juste un moment, peut-être que ça me fera du bien de me poser ici, chez moi... Peut-être que la course folle du temps et des miasmes qui s'accumulent vont se figer l'espace d'un instant.

Ce n’est pas l’insouciante, la passionnée, l’amoureuse que vous connaissez bien et qui est de passage ici aujourd’hui. Aucune image pour accompagner ce que j’ai à écrire. Bien que… Si je le pouvais, je me montrerais à vous, telle quelle, sans fard, sans effet, sans flou. Mais je ne le peux pas puisque je me refuse à exposer mon visage aux passants inconnus.

C’est juste moi, la maman, la femme de trente ans et des poussières qui remet son existence en question et qui a besoin de hurler… alors pourquoi pas ici ? Je ne l’ai jamais fait jusqu’à présent, j’avais pris le parti de me taire ou de ne laisser que des traces d’émotions plus ou moins poétisées, des fantasmagories, ou bien ma correspondance.

Rien à voir aujourd’hui.

Les choses changent, pour tout le monde je le sais bien, mais pas toujours dans le bon sens.

Je profite d’avoir une connexion internet (pour encore combien de temps, je l’ignore) pour déposer ces mots désordonnés, ma colère, ma révolte, mon abattement, tout ce qui se succède à ce jour dans ma vie.

Oui, je suis à la fois en colère et résignée… parce que je me sens impuissante.

Parce qu’on est au cœur de l’été et que d’ordinaire, je râlais simplement de ne pas pouvoir emmener mes gosses en vacances et que maintenant, je réalise qu’en août, je ne pourrais même pas les nourrir.

Parce que quand on gagne péniblement un seul salaire qui s’envole très vite, on ne peut même pas prétendre aux restos du cœur, on ne peut pas les envoyer en colo, on n’a pas d’aide sociale, on est « au milieu », on est « les nouveaux pauvres », les ignorés, on est rien !

Parce que c’est l’anniversaire de mon fils et que c’est sa grand-mère qui a dû remplir le frigo pour que je puisse inviter ses petits copains à la maison.

Parce que depuis plus d’un mois, on ne fait qu’un repas par jour, parce tout ce qui est prélevé sur mon compte est plus élevé que ce qui rentre, parce que les pénalités finissent de nous assassiner alors que je n’ai jamais rien fait d’inconséquent, juste ce qu’il faut pour vivre…

Parce que malgré mes six années d’études sup, je ne suis pas foutue d’arrondir mes fins de mois avec ma tête bien pleine (tu as raison, V, un diplôme en sciences humaines aujourd’hui, c’est inutile à la société, ce n’est pas « rentable » !), je ne parviens qu’a vendre mon image… et ça encore, ça ne suffit plus ! J’ai vendu mon matériel photo et même un collier auquel je tenais beaucoup.

Parce je m’en veux d’imposer ça à des gamins si jeunes… regarder vivre les autres et ne pas profiter de sa vie…

Parce que leur père a été licencié après une décennie dans sa boîte, qu’il n’a rien trouvé d’autre et que même les assedic semblent en vacances !

Parce que j’ai beau retourner les maigres solutions que j’ai dans tous les sens, ça ne suffit pas, j’ai du mépris ou pire, de la pitié en face de moi… celle qu’on offre aux parasites, un regard rempli de dégoût et de commisération.

Il faut juste savoir que ça existe, que ça n’arrive pas qu’aux autres de tomber dans un gouffre pareil et qu’une fois qu’on y est, même si on essaie de remonter, on vous tient la tête bien au fond.

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10 juillet 2009

Encore un matin

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Ce matin, un courant d’air frais traverse la pièce et caresse ma peau nue. La fenêtre est restée entrouverte avec la chaleur de la nuit et je savoure, encore engourdie de sommeil, cette caresse impalpable, improbable.

Sans ouvrir les yeux, je soulève le drap qui recouvre mes jambes brunes et remonte délicatement le satin blanc de ma nuisette. Quel drôle de fantôme d’été ! Un vent amoureux semble-t-il, il s’attarde…

Indiscret, l’air s’immisce dans des endroits qui, habituellement, ne sont pas si offerts. Il effleure d’abord mes fesses et comme mes cuisses nues s’écartent légèrement, il frôle, tout en douceur, mon sexe nu.

Mes yeux sont toujours fermés mais mon corps alangui réagit déjà à ces étranges caresses. J’ai envie de doigts, de sexe. Je ne veux pas encore voir le jour emplir la solitude de mes murs silencieux, trop silencieux.

Je préfère chercher derrière le rideau de mes paupières, le souvenir des contours d’un homme, une réminiscence de mes rêves de la nuit.

Ma main accompagne le trajet du vent et glisse entre mes cuisses. Ce serait tellement doux si ce vent pouvait la suivre plus loin encore… des contours, une odeur, une voix, des doigts, une langue, un sexe, tous ces mots me reviennent en mille flashes… des mots, toujours des mots… mais aussi des souvenirs ! Et j’ouvre soudain les yeux, éblouie de saveurs, de chair ! C’est si présent…

À deux doigts de la jouissance, je suis moite et frémissante de caresses imaginaires, je ne peux pas, pas ici, pas encore. J’ai besoin d’eau… Je me dirige vers la douche. Avec maîtrise, je règle la puissance du jet d’eau fraîche. Je commence par mes jambes engourdies qui progressivement se détendent, je l’accroche ensuite au mur et m’abandonne à la cascade bienfaisante qui m’engloutit de la tête aux pieds. Les yeux clos, la cambrure offerte, je respire à peine… les images resurgissent, en rafales… mes mains étalent de l’huile de menthe poivrée sur mes courbes glissantes, l’eau tiédit progressivement, les trajets sont vertigineux, l’arôme puissant. Mes doigts se concentrent sur la bouche de ce volcan furieux qui réclame une éruption. Leur fourche s’attarde et pénètre une fois, puis deux… ça glisse, c’est trop long ! Je saisis alors le pommeau de la douche vrombissante et oriente le jet… de légers mouvements circulaires en pluie vive et pénétrante, j’augmente la pression. Mes oreilles bourdonnent et je jouis enfin, l'eau bouillonnante mêlée aux larmes de mon sexe, mes lèvres ouvertes sur le prénom soufflé de… personne. 

Cara Mia

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25 juin 2009

Rouge

rouge

Rouge comme la couleur des éclairs qui illuminent nos nuits d'amour
Rouge comme ce peignoir de dentelle qui dévoile ton corps nu
Rouge comme cette étoffe légère qui ceint tes fesses rondes
Rouge comme ce chaud manteau un soir d'hiver, à la sortie du métro
Rouge comme ta robe de mariée, complément du vert de tes yeux

Rouge toi, bleu moi, mélange chromatique de nous
Rouge tes lèvres, qui dévoilent le sourire du bonheur
Rouge le ciel au couchant, regard depuis la balancelle
Rouge, couleur de la passion qui anime ton regard
Rouge la parure qui révèle l'éclat de ta sensualité

Rouge, tes joues au premiers frimas de l'hiver
Rouge, tes silences de colère, quand ton front s'embrume
Rouge, la chaleur de tes mains au coeur de nos ébats
Rouge, ce drap teinté froissé, vestige d'une nuit diabolique

Rouge, une séance rêvée sous un ciel bleu
Rouge, des mots que l'animalité révéle
Rouge, couleur de tes émois, de tes amours...

Lui

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29 mai 2009

Ardemment

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Nuit agitée, les nuages roulent un orage décadent, chaleur étouffante
Elle est dans mon lit sombre, lovée contre moi, corps de femme aux formes sensuelles
Mon regard se perd derrière son épaule, une ombre se détache sur le mur blanc...

Une ombre, mon ombre, double de moi, mon alter ego, émotion duelle
Nos caresses qui se précisent, qui se décident, ses cuisses qui s'ouvrent
Mes mains qui se perdent dans son intimité brûlante...
Mes mains qui sont aussi les mains de l'ombre, jeux à quatre mains
Ses mains qui se crispent autour du drap, cuisses qui se serrent
Une bouche, deux bouches qui la parcourent, qui la découvrent...

Pénétration doublée, gémissements rauques, cris de plaisir
Son bassin qui vacille, qui oscille, qui rythme la danse bacchanale
Elle, mon ombre et moi emmélés, enchevêtrés, ténèbres du désir
Elle se sent prise, éprise, reprise, sans méprise...
Plonger le vert de son regard au fond de mon coeur
Planter comme une lame d'amour, le fil affuté de sa passion
Jouer de nos assauts, pour ne retirer que le plaisir de donner
Donner ce qu'elle prend, et le rendre au centuple
Jouir, jouir...
Mais ne partager que le réel

Ma main balaie l'ombre envahissante, la rejetant dans l'obscurité
Il ne reste qu'elle et moi, intimement et à jamais complices...
Complices de notre vie, de notre amour, de notre jeu...

LUI

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18 mai 2009

Ronde de nuit

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Danse avec moi !

Brûlons nos corps de sulfureux accords.
Valsons comme les mots que l’on s’échange

Puis laissons les flammes verticales d’un langoureux tango nous embraser…

Ici, ma nuit n’a pas de feu.
Parfois l’attente s’épuise à raviver les sons ou les couleurs.

L’arythmie affolée de nos cœurs me manque, je ne sens que ce métronome lapidaire qui dépose et impose la veille.
J’emprunte tes mots, je les noie de vapeurs de souvenirs.
Je les colore des pigments d’or et de bleu volés à ton corps.
J’empreinte ma peau d’une écriture à l’encre fantasque, évitant les ombres caverneuses trop vite jouissives, dessinant les trajets brûlants de notes lascives.
Je suis ta partition désormais vierge, tremblante du désir d’être marquée, jouée, exaltée dans le lyrisme d’une nouvelle symphonie.

J’ai froid.
Je me souviens d’une danse volée à nos fantaisies.
La musique déborde de mes hanches à mes bras, lancinante, harmonie liquide, flamme intérieure.
Je me glisse, serpente et me love vers la douce chaleur que tu m’offres au refuge désiré.
Contre-courant, contre-jour, contre et parti…
A rebours de l’absence, ce sont nos corps enchâssés, ondulant éternellement, qui exulteront.
Je cueillerai du bout de la langue les perles de la jouissance, celles qui chuchotent au sommeil, celles qui lui prodiguent les sourires de l’abandon au Nous.


Cara Mia

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05 mai 2009

Souviens-toi…

Souviens-toi…

Je découvrais ton chez toi.

Souvenirs duels, duel de délices, double-anniversaire aujourd’hui.

C’était si euphorisant de pénétrer ton décor intime. Un peu comme une caresse avant les vraies. Nous venions de parcourir en diagonale les rues de la ville, toi au volant qui me servais de guide, et moi qui en prenais plein les yeux, plein le cœur. Oui, je suis tombée amoureuse de ton pays, de la joie de vivre qui y palpite pour exacerber encore la beauté et le caractère de chaque lieu.

Souviens-toi, nos regards qui s’accrochaient à peine… ne pas se river au risque d’oublier le monde, le temps et les choses. Danger sur une route si agréable mais si longue à parcourir avant de se retrouver vraiment.

Souviens-toi de nos mains qui cherchent à se réapprendre, du silence plein de frissons et d’yeux mi-clos en voile de plaisir qui a suivi…

Je me souviens…

Encore secouée de spasmes, les jambes flageolantes, je me retenais un instant au bord du lavabo de la salle de bains. Tu te profilais, te rapprochais immense, derrière moi. A cet instant-là, la caresse la plus émouvante fut celle de ton regard : avant même le refuge de tes bras qui m’ont encerclée, tes yeux m’ont possédée dans ce miroir.

Souviens-toi… notre reflet, ensemble, liés.

J’ai songé « nous »

Des larmes-sourires me sont montées aux yeux.

Souviens-toi… Toi seul as su me faire pleurer de jouissance…

Cheveux collées, décollés sur les tempes, baiser tendre et langoureux au creux du cou, chaleur de tes mains sur mes seins encore tendus. J’aime ces pauses, fleurs de tendresse accrochées aux marques rouges de notre désir, à même la peau.

Dentelles chassées on ne sait où, la nudité est naturelle entre nous, plus de jeu puisqu’on a retrouvé et uni nos ventres, nos âmes.

Tu es beau, j’ai parfois envie de te le dire davantage… mais tu sourirais avec cet air convaincu qui m’agace. Evidemment, mon regard ne te le répète que trop.

Et puis je me sens belle dans tes bras… enfin.

Le reflet du miroir renvoie cette image fugace, trop parfaite certainement, mais si évidente… celle de chacun de nous à sa vraie place.

Souviens-toi que nous l’avons contemplé sans rien dire ce tableau de nous, dégusté comme un mets de choix trop longtemps attendu au palais de nos faims, un vin qu’on a su faire vieillir avec patience et gourmandise.

Puis, les secondes émues se sont faites charnelles…

Souviens-toi de mes lèvres frémissantes quand j’ai senti ta virilité se presser contre mes reins cambrés, assoiffés de vertiges… de ma tête penchée en arrière, attentive à ces mots rien qu’à nous que tu as murmurés au secret de mes premiers râles… de cette douce chaleur qui nous a embrasés à nouveau, toujours renouvelée, toujours réinventée…

La lumière s’est voilée, les paupières en extase, les sens à plein régime.

Souviens-toi que ce miroir s’est fait la fenêtre d’un autre jeu, que mes fesses érigées rageuses t’ont cherché jusqu’à ce que ton sexe demande grâce…

Jusqu’à ce que tu…


sdb
photo empruntée chez Senserotica

Souviens-toi…

Je découvrais ton chez toi.

Souvenirs duels, duel de délices, double-anniversaire aujourd’hui.

Je déteste les « remember »… enfin, en général, quand il n’y a rien derrière, que de la mélancolie et de fausses promesses.

Je déteste les « remember »… enfin, pas ceux-là, pas les nôtres.

Parce que nous savons les rejouer au présent.

Et qu’ils éclairent l’avenir.

Cara Mia

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02 mai 2009

Je me demande...

Oui, je me demande...

Comment est-il possible que l'homme avec qui j'ai le plus souffert soit aussi celui avec qui je partage le plus de joies ?

cuisine

Posté par Cara Mia à 20:44 - Ecumes - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2009

Réchauffement climatique

espelette_le_village

Juste avant…

Un après-midi qui se présente, des mails, des tableaux à remplir, des pensées qui s'envolent vers toi...
Envie de te retrouver, de te serrer contre moi, de respirer ta peau
Envie de plein d'envies, envie de plein de vie...
Passe le temps, vite, plus vite...
Cours, saute, vole, rapproche moi d'elle...
Toi Eole, mon ami, souffle les secondes, chasse les nuages
Jupiter et Neptune, alliez-vous pour pousser le sablier du temps et rejeter les vagues de l'oubli
Toi Vénus, viens me porter la grâce et la sensualité qui seront son fourreau et son parfum
Dieux de l'olympe, du mont Parnasse, dieux païens et dieu du ciel, tournez vos yeux de l'incandescence de son brasier
Que brûle à jamais le désir de sa chair, de son âme et de nos cœurs partagés...

Toi

Juste après…

Notre complicité, nos rires me manquent

Les délices découverts à cette petite table d’un restau de l’arrière-pays me manquent

Nos caresses silencieuses dans la voiture ou devant la télé me manquent

Les petits fours qu’on s’est donné à la becquée me manquent

Le champagne sur canapé me manque
Ce qui a suivi, si long, si savoureux, plus que jamais… me manque
Ton regard sur moi à la tombée du jour, étonné, anéanti de plaisir, me manque
Ton regard sur moi, indéfinissable, ce dernier matin dans le miroir, me manque

Toutes ces heures magiques, ces sourires, les gestes que tu as faits, tes attentions, ta tendresse surtout, tout ce qui fait que je t’aime et qui ne se remplace pas, qui ne s’achète pas, qui ne se joue pas… me manquent
Tous les mots que tu n'as pas encore dit sur ces quelques jours ensemble, si ce n’est que je te manque… me manquent
Nos joies me manquent
TU me manques...

Moi

Roman2


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17 avril 2009

Débâcle

les_abords_du_continent_antarctique

Y paraît que ça fond… la banquise !

Un soleil timide, du bleu océan… j’ai pas retenu toute la recette, il me faut une piqûre de rappel je crois.

Donc, je m’échappe vers des chaleurs bienfaitrices et rassurantes.

Des vraies, pas en mots ou en vaines promesses : en peaux, en chairs, en regards, en tendresses, en rires !

Et pendant ce temps… et bien, j’sais pas moi, lancez un dé !

Si vous avez du bol, vous faites un bon score et vous tournez autant de pages… et vous tombez sur un texte sensuel et sympa (si, si, j’en ai commis ;-)

Et si vous n’avez pas de chance (ou beaucoup de paresse à compulser mes archives), vous risquez de percuter récemment un exemplaire de… comment dit-on en français châtié déjà ?... d’une logorrhée bien nauséeuse !

(Rhooo ! le pléonasme !)

C’est qu’on se culture sur les blogs aussi… parfois.

Enfin, pas ici.

Top baluchon et voilà des invitations à (re)lire mes écrits paléolithiques (oui, ceux d’avant mon ère glaciaire…)

Sinon… euh… sortez ce blog de vos favoris ;-)

Des bisous (à ceux qui veulent et sans langue bifide…)

Bonnes vacances !

Cara Mia

reine_glace

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12 avril 2009

Il m'a dit...

ete

Et si, la Méditerranée était l’Atlantique...

Et si, l'ouest se levait à l'est...

Et si, j'étais des seventy's plutôt que des sixty’s...

Et si, tes vingt ans avaient rencontré mes vingt ans...

Et si, ta rue donnait sur ma fenêtre...

Et si, toutes les nuits tu n'étais plus un rêve mais une réalité...

Et si, la vie prenait la couleur, chaque jour, de tes yeux...

Et si, la folie bousculait nos conventions...

Et si, pour moi, tu portais une robe blanche...

Et si, tes vacances étaient les miennes...

Et si, tes désirs prenaient corps...

Et si, le bonheur frappait chaque soir à ta porte...

Et si, nos fantasmes se nourrissaient à chaque seconde de nous...

Et si, ton sourire explosait sur mon cœur...

Et si, ...

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28 mars 2009

Fragrance

elles1


Un souffle de printemps avant l’heure, un astre aux lueurs timides que le vent léger rend fou… le soleil s’insinue partout !

Mon cœur s’affole, l’ascenseur est un sas interminable, je ne sais sur quel pied danser, les mots des couloirs bruissant jusqu’au cristal des rires, des fragrances angéliques.

Je sais qu’elle m’attend et je scelle par des murmures les promesses que je me suis faites… déjà, ne rien oublier, tout graver… le reste m’appartient.

Peaux qui se frôlent, regards qui s’affolent, nos corps se pausent puis s’apprivoisent, le plus simplement du monde. Après, bien après que nos âmes se soient enlacées… Il ne reste plus que des évidences… de chair et d’âme.

C’est si simple et doux, comme un apaisement entre deux batailles.

Mon cou s’offre, mes mains se font légères… surtout ne pas la brusquer. C’est un moment à part. J’ai laissé la "prédatrice" sommeiller, elle prend tellement de moi.

Et puis c’est elle qui me surprend !

Je ne fais bientôt plus que recueillir ses baisers passionnés qui me creusent, qui façonnent et aiguisent des envies bien plus acérées… je ressens cette vague furieuse qui me surplombe puis se retire pour ne jamais m’emporter… nos lianes s’entremêlent sauvagement, nos pudeurs s’apprennent l’indécence…

Goutte à goutte, les secondes s’accélèrent, le sang bat aux tempes.

Pas le temps, pas le temps…

Dans ma tête aujourd’hui perle cette bulle de Nous, miroir incandescent de nos découvertes saphiques. Le brouillard est incongru au printemps, il recouvre pourtant ces saveurs, ces parfums d’avant, les émotions se grisent autour, trésors volatiles… je dois les convoquer, les colorer à nouveau. Je m’en veux d’être raisonnable, de devoir m’effacer.

Fabuleuse mémoire ! Dans ce jardin secret, les contours de ma vie se suturent petit à petit… c’est fou ce que les souvenirs peuvent apaiser… presque comme l’espoir.

Et j’ai besoin certains soirs de caresser ce cristal limpide et fragile, profond comme le noir de ses yeux.

Pour que cette part de mon cœur automate reste en vie.

Cara Mia

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18 mars 2009

Mia Mort

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Une nuit je m'endors avec lui
Mais je sais qu'on nous l'interdit
Et je sens la fièvre qui me mord
Sans que j'aie l'ombre d'un remords

Et l'aurore m'apporte le sommeil
Je ne veux pas qu'arrive le soleil
Quand je prends sa tête entre mes mains
Je vous jure que j'ai du chagrin

Et je me demande
Si cet amour aura un lendemain
Quand je suis loin de lui
Quand je suis loin de lui
Je n'ai plus vraiment toute ma tête
Et je ne suis plus d'ici
Oh ! Je ne suis plus d'ici
Je ressens la pluie d'une autre planète

D’une autre planète...

Quand il me serre tout contre lui
Quand je sens que j'entre dans sa vie
Je prie pour que le destin m'en sorte
Je prie pour que le diable m'emporte

Et l'angoisse me montre son visage
Elle me force à parler son langage
Mais quand je prends sa tête entre mes mains
Je vous jure que j'ai du chagrin

Et je me demande
Si cet amour aura un lendemain
Quand je suis loin de lui
Quand je suis loin de lui
Je n'ai plus vraiment toute ma tête
Et je ne suis plus d'ici
Non, je ne suis plus d'ici
Je ressens la pluie d'une autre planète

D’une autre planète...

Véronique Sanson

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28 février 2009

Savoir rester à sa place

Savoir s'arrêter quand on est allé trop loin, trop haut
Savoir se retourner quand il faut
Savoir se dire "c'est fini"
Savoir noyer son corps dans l'ombre quand il est trop lourd à porter
Savoir encaisser les échecs, les humiliations
Savoir admettre "c'est plus pour moi"
Savoir garder ses maux et ses amertumes, ne plus les étaler ici
Savoir dire adieu, ou même simplement au revoir

Vanité

Je n'ai jamais su... Mais il le faut bien. J'apprends.
Alors, c'est la dernière fois.

Cara Mia

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17 février 2009

Fille de joies

tisbury


« Pourquoi aime-t-on ? Est-ce bizarre de ne plus voir dans le monde qu’un être, de n’avoir plus dans l’esprit qu’une pensée, dans le cœur qu’un désir et dans la bouche qu’un nom… » (Maupassant)

Elle cherchait à se fabriquer un visage parfait, séduisant, attirant.

C’était à grands renforts de brosse chauffée qu’elle lissait sa longue chevelure, avec application qu’elle traçait le sillon noir au ras de ses paupières rehaussées d’une poudre légère et dorée.

Des « ailes au coin des yeux », luisants comme des escarboucles, un grain de beauté au coin de l’un, comme une étoile sombre, couleurs de feu des sous-vêtements qu’elle avait choisis pour l’occasion, éclat vermeil de ses lèvres impatientes.

Et au milieu de cette âme ardente éclataient seulement ses yeux brûlants de ce désir qui l’avait toujours animé, qu’elle ne pouvait maquiller, qui engloutissait l’ombre comme le rayon vert précédant la nuit.

Une vamp, parlons-en ! Tout au plus une starlette qui aime jouer à l’amante religieuse… une fois oubliées les parures de nuit, elle ne rencontre au miroir qu’un sourire de rasoir.

Et lorsque le champagne s’évapore dans le temps feutré de sa solitude, seul le bourdonnement de la télévision lui cogne encore à la tête… ça, et son prénom, inlassablement.

Elle ne serait jamais sur les photos… du moins pas celles de son album de famille. Peut-être sur des clichés volés, parmi ses potes, ceux de la nuit.

Elle ne serait jamais sur des cartes postales, celles qu’elle brûle d’envoyer. Son nom déguisé, son prénom seul, sur des notes d’hôtel, celles qu’il vaut mieux brûler ou confier à des corbeilles, sur des aires d’autoroute…

Elle ne pourrait jamais lui offrir de bijou, s’enchaîner à son cou ou sertir son doigt, comme elle le rêvait à l’âge où elle jouait à faire des gâteaux de Peau d’Âne.

Elle se glissait encore contre lui, image persistante dont elle se délecte. Son corps ophidien frôlant le sien, aimanté, recréant le cocon éthéré d’une union qui jouait à l’éternité, jetant la pierre de la marelle jusqu’au ciel, à chaque fois. Elle sentait les battements de son propre cœur, obstinés, répercutés par sa poitrine à lui, puissante, impénétrable… la chambre sentait bon la fleur d’oranger, ouverte qu’elle était sur la grande salle de bains, et la chaleur suave des radiateurs les enveloppait de traces de caresses encore palpables.

Il avait eu soif d’elle, dès le début. Et elle s’était liquéfiée, offerte comme un breuvage exquis et délicieux, comme une unique fois, comme les autres fois… comment savoir que ça durerait ? Elle lui avait tout donné parce qu’il y avait urgence à vivre, à jouir, à être heureux, tout simplement. Et puis il était revenu. Elle était revenue.

Hier encore, elle l’avait suivi patiemment le long de cette route sinueuse, le long des trottoirs, à cinq pas en arrière, discrètement, volant plus que marchant jusqu’à son bureau, repaire improvisé de plaisirs rapides.

Collision sauvage. Après avoir tant donné, elle prend aussi… un peu.

Ils se connaissent par corps. Son cœur à elle détale vers l’heure qui suit. Ils vont jouer.

Comme elle a déjà joué à être sa femme, elle joue aujourd’hui à être sa collaboratrice.

Dans ce joli petit restaurant, ils déjeunent du bout des lèvres, des lèvres qui se retiennent de rire, qui mélangent le « tu » et le « vous », qui se taisent sous des yeux qui se dévorent.

Plus tard, l’hôtel, une sieste d’après-midi, comme s’en offrent les amants…

Des moments de paresse tendre entre les draps blancs chiffonnés, comme s’en offrent les amoureux… des instants de grâce. Les seuls.

Et après…

La nuit leur appartient.

Enfin, au moins jusqu’à trois heures du matin !

Elle avait osé désirer vivre d’autres moments, des sorties publiques, des matchs, des dîners… Il les lui avait offerts petit à petit comme un don émouvant, un simulacre de bonheur. La promesse mort-née d’une vie à deux.

Peut-être était-ce aussi un jeu dangereux… parce que chaque départ était un vrai, aussi douloureux que l’ultime. Parce que les rires, la complicité et même les jalousies ne faisaient que les rapprocher davantage.

Et puis demain… elle retrouverait le glas du départ, le silence d’un téléphone qu’elle préfèrerait couper, comme à chaque fois.

Et un jour ou une nuit, elle lui rendrait tout. Elle se rendrait.

Solde de tout compte.

Chacun sa place.

Mais demain, ça peut être encore loin !

Alors fermer les yeux, sourire, aimer, gémir, hurler, jouir, se faire une seconde peau de caresses…

La porte qui claque, ses pas qui s’estompent, étouffés par la moquette du long couloir.

Au creux de son ventre, le plaisir ne se dilue pas, lui. C’est une épine qu’elle s’est enfoncée elle-même, lui semble-t-il.

La fille de ses joies, peau arrachée, première, seconde ? Pauvre sourire,

Perdue dans ce lit soudain trop grand, elle sait pourquoi elle dort seule.

Elle se souvient…

Elle n’a pas été celle qu’on étreint au petit jour… ou si peu.

Celle qu’on regarde dormir.

Celle qui peut tout partager, bon ou mauvais.

Elle n’aura pas été une fille de joie non plus… il aura été le seul.
Elle effleure distraitement l’étoffe sombre de la robe jetée au sol, le cadeau qu’il vient de lui faire. Elle n’en a pas reçu beaucoup de lui, mais à chaque fois, elle a senti qu’il n’aurait pas fait cela pour n’importe qui.

Non, elle n’aura pas été n’importe qui.

La fille de ses joies.

Pour le moins…

Cara Mia

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07 février 2009

Une autre étoile

mon_soleil

Ignores-tu que chaque jour, chaque nuit, dans l’espace infini, certaines étoiles absorbent tant de lumière qu'on ne pourrait pas les voir ?
Ce sont les trous noirs, béants, avides, mystérieux, impatients…
Et il y a certaines nuits où mon désir m’éveille avec cette sensation cosmique au creux du corps qui me broie jusqu’à l’âme… un sentiment d’impuissance insupportable à retrouver cette lumière que j’ai absorbée et à la faire scintiller sur ma vie.
Vide.
Alors, mes pensées folles puisent au miel des souvenirs, des envies hébergées dans ce formidable laboratoire d’alchimie qu’est la mémoire de l’amour.
Des pensées qui papillonnent et se fondent dans le silence de mon sanctuaire.
Peu à peu, des pétales d’or scintillent sur le printemps de mon cœur rêveur, mon corps se diapre de lueurs timides, mes yeux les ressuscitent, les feux de nos désirs…
L’instant d’un soupir évasé, d’un voyage microcosmique, d’un vertige qui nous a fondus en Un.
Je bascule dans ce gouffre hors du temps, mes mains s’égarent peut-être, je ne sais plus.
La jouissance me flagelle de ses rayons éblouissants…
Elle est toujours au-dessus de moi ici, de toi là-bas, de nous séparés ou unis, passé ou présent… Notre étoile.

Ô toi, passant imprudent, spectateur de mes nuits de mystère, ne crains-tu pas que je t’absorbe, te dévore et ne te rende jamais à ton monde ?

Cara Mia

Posté par Cara Mia à 15:06 - Ecumes - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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