Bain de Mes Nuits

Cara Mia vous invite à découvrir la douce chaleur du Bain de ses Nuits et parfois les souvenirs de ses jours à travers ses textes, poèmes et photos érotiques soft.

16 mai 2008

Dîner

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Toute la soirée, ton regard ne m’a pas quittée, tes yeux parcouraient mes épaules dégagées,  ma poitrine encore couverte de ce tissu vaporeux qui laissait deviner mes seins palpitants comme deux oisillons frileux dans leur nid de satin écarlate.

Tu savais que sous ma jupe seconde peau, il n’y avait rien qu’une fine ligne rouge et tu l’imaginais déjà glisser hors de ma fente, hors de mes monts frémissants qui réclament tes caresses infinies, sans arrêt...

Le dîner auquel nous nous rendions était tardif, tu étais affamé et nous étions prêts depuis longtemps. Je regardais nonchalamment la pendule où le temps s’étirait sans fin… une autre faim m’animait pour ma part. Ce restaurant italien tenait toujours ses promesses, de la musique douce, des parfums suaves, des vins variés...
Te souviens-tu de mon pied sous la table, de tes mains qui cherchaient les miennes au milieu des couverts de cristal et d’argent, de cet éclat passionné dans mes yeux à l’heure du tiramisu lorsque la crème poudrée de chocolat avait fait l’objet d’un de nos jeux ? Tu avais voulu la goûter sur mes lèvres et nous étions alors seuls au monde… Ce soir, tes amis devaient nous y rejoindre mais je ne pensais pas que l’attente pouvait être enivrante…
Si, per favore, un regard en coin, mes battements de cils bavards, ta langue qui passait furtivement sur tes lèvres et  tu décidais finalement de déclencher les hostilités.

Une bouteille de rosé frais sur la table basse, quelques toasts que tu avais tartinés en deux deux et bien disposés dans un plat rond…

-         Pourquoi te mets-tu en frais ? Nous allons dîner…

-         Laisse, tu vas voir, c’est juste un avant-goût, pour passer le temps, non ?

Tu savais que l’alcool me montait vite à la tête, voilà que mon sourire s’étirait et mes yeux papillonnaient, signe d’une légère ivresse… je n’avais pas dîné que je songeais déjà au dessert en t’observant amoureusement te lécher les doigts. Je laissais couler quelques gouttes de vin à dessein le long de mes lèvres puis de mon menton, tu vins les cueillir.

-         On peut, n’est-ce pas, on est entre nous !

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Avides de nous retrouver, nous avons oublié le temps et le dîner, dessinant de nos doigts et de nos lèvres un pont d’après-minuit. Tu as effacé le noir de mes yeux fardés par les moiteurs de ta peau, j’ai effacé ta mise impeccable par ma vigueur effrontée. Tu sais que de loin ou de près, c’est toi qui me tiens debout, même tirée à quatre épingles, même dépenaillée comme une bohème, je me fiche de ce que l’avenir ou l’heure qui suit nous réserve, du moment que tu me tiens dans tes bras, dans l’espace de tes souhaits. Les images ont défilé en moi pendant que tu dégrafais ma robe, laissant s’affaisser le tissu sombre comme une écorce légère, j’étais ton fruit, ta gourmandise toscane. Ma mémoire et le présent se mélangeaient dans des vapeurs entêtantes, fouillant mon âme avec déraison comme tu t’apprêtais à fouiller mes chairs. Ton regard filtrant des paupières mi-closes m’intimait l’oubli… j’ai oublié la trame de cette soirée pourtant réglée comme du papier à musique. Hier et maintenant, tout à l’heure et demain, des flashes désaccordés…

La chaleur de ton cou puissant sous mes gants de soie noire, les seuls apparats que tu m’avais laissés pour enrober mes caresses.

La saveur de tes baisers sur mon ventre volcan qui t’appelait, qui t’appelle tant quand j’ai envie de croire.

Nos frissons, nos souffles échangés, la brûlure de ce désir comme une plaie béante au creux de mes cuisses… le feu sous tes reins qui t’allume et t’embrase, te pousse à me posséder.

Souvenirs, prémonitions… l’obscurité d’un parking désert, écrin d’ombre à un effeuillage en règle sous tes doigts pressés, la délicieuse gangue de frissons et ton rire lorsque je m’accroche aux barreaux noirs d’un lit-navire, mes dernières amarres, le roulis de tes hanches qui me fait chavirer…

Enlacés, basculés, chevauchés, accrochés, enfiévrés… le canapé craqua, gémit, les coussins glissèrent et tombèrent.

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Sonnerie de téléphone.

Saoule de toi, de nous, je te retenais par les hanches lorsque tu te dressais pour attraper le portable. Rebelle à briser la magie, je voulais te garder dans notre bulle.

Je t’entendis t’excuser et arguer je ne sais quelle raison. Appuyé sur ton genou, penché au dessus du dossier, tu te tenais en équilibre sur mon visage, conversant avec flegme. Je pris alors ton sexe arrogant dans le fourreau tiède de ma bouche, faisant coulisser entièrement sa masse avec une avidité non contenue, tant et si bien que tu te figeais dans cette position et que les inflexions de ta voix se firent plus saccadées. Je m’arrêtais…

Le dîner. Qu’allais-tu faire ?

J’empoignais tes fesses à pleines mains, t’enfonçant davantage dans ma gorge puis m’immobilisant soudain, taquine. Ton regard caressa les courbes brillantes de mon écrin de lingerie coquelicot, se fixa un instant sur mes mèches blondes déjà collées à ma nuque, à mes tempes, à mes pulsations intimes. Tu me dominais de toute ta taille et de ta virile démesure et pourtant, je te tenais, j’adorais sentir ton plaisir grandir et jouir en moi, ici ou ailleurs. Tu bredouillas quelques mots d’amitié et de feinte déconvenue à ton interlocutrice tout en entamant un va-et-vient audacieux entre mes lèvres.

Tu avais raccroché, tu me souris, ta peau sentait déjà l’été…

Tendre fruit, sucré-salé, soleil de nuit.

Te dégageant de mon étreinte humide, tu m’écrasas sous ton poids pour retrouver mes lèvres en un long baiser plein de promesses.

-         Alors, qu’y a-t-il au menu ?

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13 mai 2008

Evidence


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Sors, sors de moi !
Sourire…
Tu as pénétré en moi avec tant de douceur et de violence que chacune de mes cellules en frissonne encore…
Tu poétises ma vie
Faire l’amour n’est plus à la nuit
C’est l’évidence qui me lie à toi, chaque heure est perdue sans un
encore…

Cara Mia

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01 mai 2008

Partir

partir



Partir dans ce rêve… avec toi.
J’y étais toute la journée, la nuit d’avant, dans les rayons du jour d’hier et des jours précédents, je t’emporte avec moi, entre mes draps, à chaque fois…
Dis, pars-tu aussi comme ça ?


Partir pour se retrouver, nous deux, pour se retrouver, soi-même, chacun… quand on s’est trop oublié, depuis trop longtemps…  Les rêves savent voyager au plus secret de nos cœurs, je les emporterai.
Dis, partageras-tu mes rêves ?

Partir vraiment, demain matin, boucler mon sac, y déposer mes trésors de fuite, ceux qui ont toujours accompagné mes écoles buissonnières… Oublier le téléphone, les cartes et les écrans froids, franchir l’espace pour ces éternelles retrouvailles.
Dis, es-tu impatient ?

Partir, peu importe la destination, ce fut chez moi, ce sera chez toi, pourvu que l’on chemine à deux, redécouvrir le monde et ses simples plaisirs avec des yeux malicieux d’enfants grandis trop vite.
Emporter cette nouvelle bougie d’anniversaire pour souffler mon vœu sous tes yeux…
Dis, es-tu un cadeau ?

Partir s’isoler dans la foule, enfin inconnus, enfin libres… puis s’isoler pour de bon, dans un port lumineux ou une clairière complice, explorer nos accords pour que nos corps s’épousent à l’unisson de nos cœurs désaccordés.
Dis, te souviendras-tu de mes lèvres ?

Partir et errer aux soleils de nos intimes décors, laminés d’étoiles et de nectars soyeux, ombragés par le seul répit de nos jeux… puis oublier de revenir, oublier le passé et le futur, s’offrir le plaisir de se donner l’un à l’autre et de regarder ensemble, pour une fois, dans la même direction.
Dis, allumerons-nous une étoile ?

Partir et suspendre la course folle du temps, des autres et leurs leurres, ne plus voir que le vrai dans la lueur de nos yeux soudés, enfiévrés… Jouir indéfiniment jusqu’à mourir un peu, jusqu’à la fraîcheur des matins où l’on s’embryonne dans la chaleur de l’autre pour ne pas s’éveiller tout à fait.
Dis, aimes-tu ces heures bleues ?

Partir, repartir vers de nouveaux rêves et tenir cette main comme le dernier amarrage, l’ultime rivage, le lien fragile et précieux d’un don de soi, la force enfin d’espérer et de sourire à deux pour entreprendre cet immortel voyage.
Dis, me laisseras-tu repartir ?

Cara Mia

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28 avril 2008

La Belle s'est réveillée

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Les frous-frous prénuptiaux et les rêves de contes de fées vous émeuvent-ils encore ?
Avez-vous un conte de prédilection ?

J‘ai pris un livre de contes de Perrault et j’ai lu :
« Il était une fois un roi et une reine qui n’avaient pas d’enfant et qui en étaient fort désolés… »
Inquiète pour la présumée stérilité de ce couple, qui sans nul doute en ces temps reculés serait attribuée à la reine, j’imaginai les pires tourments s’abattre sur cette pauvre femme et me décidai à lire toute l’histoire par solidarité.

Passons sur la naissance miraculeuse (ouf ! pas de petit pois, pas de pomme empoisonnée, pas de panier avec galettes et beurre, pas non plus de construction périlleuse qui se termine en festin de jambonneau bien gras… moi qui suis sensible aux descriptions festives, je n’avais pas encore mal au cœur.)
Evidemment, la plus belle jeune fille du monde grandit et nous est présentée avec force détails comme si elle avait inventé la perfection physique, agaçante au plus haut point car elle aura non seulement conditionné les garçons au fantasme de l’Inaccessible mais aussi complexé les filles à vie.
Elle n’a pourtant pas inventé l’eau tiède et même si elle n’est pas sans savoir que les hommes ont découvert le feu, elle n’est pas encore capable de jouer avec !
C’est donc un ange de candeur et d'innocence, forcément aimable car silencieuse. *
Quand va-t-elle enfin me ressembler ?
A seize ans, je parlais plus souvent à mes parents qu’à ma quenouille (j’avais une quenouille ?) et pas seulement pour leur confier la recette de la tarte aux framboises.
Enfin ! Il se passe quelque-chose : la méchante sorcière qui n’a pas reçu de faire-part, la malédiction, les trois fées protectrices et, ô comble de merveille, le vrai, le fabuleux, le promis, le parfait car motivé au-delà du possible à donner sa vie pour une fille qu’il n’a non seulement jamais vue, mais surtout jamais entendue ! Le bellâtre fort et courageux qui délivre de son sommeil de cent ans une adolescente vêtue et coiffée comme sa grand-mère.
J’aimerais cependant la prévenir : il lui enverra certainement en pleine figure et à perpétuité « N’oublie pas que tu me dois la vie et que toi, tu t’es contentée de dormir ! » et ce, à chaque fois qu’elle lui reprochera d’avoir laissé traîner ses culottes (et oui, ses culottes) ou laissé tomber des poils dans le lavabo (auront-ils un lavabo ?)
Outre sa coiffure indestructible (vous savez, comme James Bond), Monsieur Charmant est assez sûr de lui, forcément, sa Belle ne se demande pas (et ne lui demande pas) s'il est bien membré... condition sine qua non selon moi (et mes contemporaines... avouez, les filles !) à une vie de couple qui durera plus de vingt minutes.

Bref, je passe outre ces questions existentielles et je constate, atterrée, que l’histoire ne se termine pas cette fois-ci par la sempiternelle formule « Et ils vécurent heureux, etc… » mais continue après le mariage.
Véridique.
Etait-ce une provocation de la part de Perrault que de vouloir montrer ce qu’il se passait ensuite ? Louable intention au demeurant car, en principe, on le découvre lorsqu’on le vit soi-même ! (voilà pourquoi ces faits "anecdotiques" ne sont pas dans les contes en principe... mais bon, aucune référence à leur vie sexuelle non plus, mystère.)
Donc là, la princesse devient mère de famille, terrorisée de surcroît par une ogresse, sa belle-mère. Elle appelle son petit garçon « Jour » (laissez-moi deviner, sa fille est baptisée « Nuit » ou « Ténèbres » ?) et, misère, misère, elle a à peu près textuellement « la peau un peu moins fine et la chair un peu moins ferme. »
Hébétée et fébrile, je cherche à savoir ce qui a bien pu lui arriver : A-t-elle fait la vaisselle ? Récupère-t-elle trop vite les cent ans qu’elle a passé à fainéanter au lit ? Après Jour et Nuit, elle n’a plus rien à faire de son corps et a arrêté la gym comme l'équitation, faute de monture ? Je ne peux pas compter sur elle pour me l’expliquer, elle est toujours aussi loquace…
Retour rapide, j’ai lu quelque-chose qui ne m’avait pas frappée au fil des pages. Ça y est, je l’ai trouvée, l’Infamie, c’est pire que tout ce que j’aurais pu imaginer... Devinez : elle a vingt ans !
Terrible malheur, non ? Je découvre alors amère, déçue (et en même temps ravie qu’elle ait enfin des défauts) que la « Belle au bois dormant » ne peut faire rêver qu’avant seize ans.
Je vais devoir renoncer à attendre Lancelot, je crois qu’il me trouverait un peu défraîchie…
Mais attendons la suite !
Foutu syndrome...


Cara Mia

* Erratum : autant pour moi, il est vrai qu’elle chante et parle aux oiseaux, aux écureuils, aux hiboux, aux lapins, aux arbres, aux abricots…

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24 avril 2008

Rhétorique du…

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Déshabille-moi… Explore-moi… Savoure-moi… Inspire-moi… Respire-moi

J’ai envie de ta langue sur mon texte…
Oui, sur mon texte !
Là, sur chaque mot que je tresse avec d’autres dans la douceur ou l’espièglerie…
Que tu ne retiennes pas ton désir de caresser mes verbes du bout des doigts, de promener tes lèvres sur mes « encore » ou mes « plus fort »… J’aime tant être ton trouble !

J’ai envie de ton souffle sur ma police, de ta chaleur virile qui fait naître de lancinants frissons, de ton regard friand d’ébats qui argumente bien mieux que des paroles…
Que tu suives pas à pas au rythme de ta faim le chemin délié de mes courbes jusqu’à l’encre promise, une liqueur humide qui pourra tracer ses stigmates à même ta peau…

J’ai envie que tu ramasses, gourmand comme un oiseau-lyre, ces petits points d’hésitation et de mystère, miettes de moi que je sème en Petit Poucet effronté… que tu les savoures…
Que tu viennes t’étendre contre ma bouche qui perd sa syntaxe, qui susurre ces mots avec pour seule sémantique celle d’un désir chevillé au cœur… que tu me nourrisses du tien.

J’ai envie d’un désordre affriolant d’adjectifs, un sanctuaire profond où je t’attendrais, dispersant ma ponctuation comme mes soupirs sans silence… que l’on se boive et que l’on s’enivre enfin de tout ce qui ne fut que suggéré.
Que de ta langue sans complexes, tu déclines sur la carte de mon corps impatient tous ce que les sons ne disent pas, l’essence des ces amours composées au fil des « vouloir » et des « donner »…

J’ai envie enfin de n’être plus qu’onomatopées, jetées hors des bulles de notre bouillant synopsis.
Que tu dégrafes mes graphes, que tu dévores mes rimes vaines, que ton stylet griffe ma page blanche et colore mes joues de l’incarnat du bonheur, qu’il me pénètre et grave son sceau au plus profond, que notre imagination se passe enfin de mots…

J’ai envie de ta langue sur mon sexe…
Oui, oublie le texte !

Cara Mia

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20 avril 2008

Corps à corps...

Voici les dernières contributions amicales que j'ai reçues pour mes albums.
Savourez-les et surtout passez voir leurs pages, au-delà de la beauté des corps, vous découvrirez tout un univers...
Merci à eux.


Angie02  patrick
Angie                                                               Patrick

Ainsi jetés l'un devers l'autre
Le lit de l'amour grand ouvert
Des doigts des lèvres délivrant
Des incendies de céréales
Des oasis des trouées d'or
Des nids dans la nuit de nos corps

sdb_anonyme  pour_CM_SdB3
Belle anonyme                                                  Cheyenne

Ainsi roulés de vague en vague
Parmi les planètes du sang
Dérivant à l'envers du temps
Nageurs remontant vers les sources
Nous allons naître corps à corps
De l'eau des neiges du néant

pour_CM_SdB  pour_CM_SdB2
Cheyenne

Ainsi l'un de l'autre affolés
À nous respirer nous résoudre
À nous découdre fil à fil
La nudité jusqu'à la trame.
Tu m'engloutis dans ton soleil
Je crève en toi l'oeil de la mort

Jean Vasca


Douche01 kattigPourCaraMia
Miss Pélisse                                                 Kattig

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14 avril 2008

Séance photo


Elle ouvrit le petit paquet, le plus plat.
C'était une paire de bas noirs ultrafins en soie.
Elle avait presque peur d'ouvrir les autres maintenant, mais tout était bien là, tout ce qui sert à alimenter les fantasmes les plus secrets : porte-jarretelles, string et soutien-gorge, tous noirs.

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Elle se détourna pour se déshabiller et alla dans la chambre.
A ôter ainsi ses chaussures plates, sa veste et son jean, son chemisier blanc, ses horribles chaussettes bleues son soutien-gorge et sa culotte ordinaire, pour enfiler... elle avait l'impression de se défaire d'une peau pour en revêtir une autre.

Elle enfila d'abord le porte-jarretelles, puis les bas.
Le string était en soie et en dentelle. Le soutien-gorge très échancré, avait des vues très ouvertes sur la manière dont ses seins devaient s'y loger.
La glace lui renvoya l'image d'une étrangère étonnamment sexy.

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Elle but une grande gorgée de champagne et repassa dans le salon, il la détaillait des pieds à la tête avec le plus vif intérêt.
" Je voudrais te prendre en photo..."

Il retourna le panneau en glace et le replia de manière à ce que chacun des pans renvoie la même image, mais sous un angle différent.
Elle le regardait ramener ses cheveux en arrière sur la nuque. Elle se sentait détendue, goûtant le contact de ses mains dans sa chevelure.

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Il prit plusieurs photos sous des angles différents, certaines d'elle, d'autres de son reflet dans la glace, avant de reposer l'appareil.
Du doigt, il lui écarta les seins, il lui prit le menton et lui renversa la tête pour l'embrasser sur la bouche. Puis il passa derrière elle, il lui pinça le lobe de l'oreille, lui caressa la joue et suivit du bout du pouce le dessin de sa lèvre inférieure.
Tout ceci était infiniment troublant.

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Cette fois-ci, elle dut s'asseoir en écartant légèrement les cuisses et, tout en gardant les mains ouvertes, glisser les pouces sous les bas. il ramena ses cheveux sur le devant pour leur faire épouser la courbe du sein gauche. Il la shoota sous tous les angles, longuement.
Elle n'aurait jamais pensé qu'être prise ainsi en photo puisse être aussi troublant. Elle s'en voulait presque de prendre autant de plaisir de s'exhiber ainsi.

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Il lui offrit une nouvelle gorgée de champagne, puis dégrafa son soutien-gorge et arrangea ses cheveux autour de ses seins, pour mieux les mettre en valeur.
Il fit rouler le bout de ses seins entre son pouce et son index, et elle les regarda se durcir et gonfler dans la glace.
Puis ses mains glissèrent sur ses hanches, faisant rouler le string de soie noire sur ses fesses. Il le fit descendre le long de ses jambes jusqu'aux pieds.
Avec pour tout vêtement son porte-jarrettelles et ses bas, elle était nue, pour l'essentiel, mais par certains côtés très habillée.

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Il la tourna légèrement de côté, les seins de profil.
Il lui fit glisser les doigts de la main droite entre la chair nue et les bas et poser la main gauche en haut de la cuisse gauche, la jambe droite à peine fléchie pour que la main reste visible.
Elle voyait dans la glace ce que sous-entendait la pose.
Il glissa sa main entre ses cuisses, dans la glace elle vit son expression changer immédiatement, se charger de langueur et d'attente.
Ses seins se gonflèrent comme pour mieux attirer les caresses...
Il prit toute une série de clichés.

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Puis il lui fit se croiser la jambe gauche sur la jambe droite, poser la main droite sur les fesses, glisser la main gauche entre les cuisses, renverser légèrement en arrière, puis l'incliner un peu pour se regarder dans la glace.
Il lui effleura les seins, dont les pointes se durcirent. Cette pose-là aussi fut immortalisée, sous tous les angles.

Il la fit asseoir sur son pied gauche d'une manière bien précise, de façon à ce que le talon et la cheville s'emboîtent dans l'entrejambe, puis lui fit rouler son bas avec une lenteur calculée sur sa jambe droite, tout en filmant chaque étape de l'opération.
Ensuite il la fit étendre sur le dos, jambe droite repliée pudiquement sur le ventre, tandis qu'elle retirait l'autre bas de sa jambe gauche levée.

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Elle ondulait sur la chaleur douce du couvre-lit. Il la dominait de toute sa taille, appareil au poing.
" Encore une "
Il lui fit mettre sa main gauche sous la tête, fléchir un tout petit peu le genou droit, ramener son pied gauche au plus près de son cul et la main droite en bas.
Il recula pour juger de l'effet dans l'objectif, prit la photo...
S'il la touchait là, maintenant, n'importe ou, elle exploserait en mille morceaux.

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Il se déshabilla ou plutôt arracha ses vêtements, nu au dessus d'elle.
Il s'allongea sur elle, entre ses jambes, prêt à la pénétrer, mais sans le faire encore.
Il la regarda...  Jamais personne ne l'avait regardée ainsi.
C'était peut-être le diable en personne, mais ni le diable, ni l'enfer ne lui faisaient plus peur.
Ses yeux lui disaient à quel point il la désirait, et elle avait tant besoin qu'on la désire.
Elle lui passa les bras autour du cou.

De sa bouche, il effleura la sienne. Il se mit à bouger, se pressant contre-elle. Elle ne put s'empêcher de répondre à son étreinte.
" Fais-moi l'amour "
Il se mit à effleurer tous les plats et les méplats de son visage, les creux de sa gorge, laissant sa langue s'égarer à dessein.
Elle gémit sous lui. Elle en avait assez de jouer, elle voulait qu'il la baise, entièrement, profondément...
" Baise-moi..."

Il s'enfonça en elle. Elle aimait être une femme plus que tout, quand elle sentait qu'être une femme n'était peut-être rien d'autre que ce vide permanent, cette attente d'un homme, et d'un seul peut-être pour le remplir...
Parfois elle se demandait si les hommes ressentaient ce vide intérieur...
Elle en arrivait presque à se demander si l'homme et la femme n'étaient-ils que boulon et écrou, contraires totalement complémentaires.

Elle s'accrochait à lui, ne relâchant son étreinte que pour mieux le reprendre.
Sensation de transparence, elle savait comment il la pénétrait, comment il voulait la sentir bouger.
Il lui murmura à l'oreille des mots crus, qui fouettèrent le désir qu'elle avait de lui.
Elle le laissa la prendre avec un mélange de douceur et de violence.
Cette force qu'il dégageait et c'est ainsi qu'elle mesurait son propre besoin, à l'aune de sa force.
Plus il démontrait cette force violente, plus il la désirait...
Ils jouirent ensemble, elle cria son prénom, il éructa le sien.

Elle lui caressa les cheveux, ce n'était qu'un désir parmi d'autres, tant chaque parcelle de lui était belle, chaque pouce de son corps désirable.
Il s'endormit ainsi dans ses bras...

Flint

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10 avril 2008

Closed


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Cher toi,
Où es-tu ?
Que fais-tu ?
Mon corps blessé s’est refermé, ma fleur sélène est muette.
Je n’ai envie de rien…
Ou plutôt si, j’ai envie de tourner ces pages si moroses ou pleines de tâches, de larmes, de longs traits d’amertume.
Retrouver cette page blanche, celle qui manque à ma vie et qui se balade, petit papier plié, au creux de mes poches, où que j’aille, comme un espoir.
J’attends d’y poser les premiers rayons, te laisser entrelacer nos calligraphies peut-être pour écrire à deux cette histoire qui a tant de fois commencé…

Cher toi,
Je me sens si fermée que j’ai envie de me coller aux barreaux, me liquéfier pour passer au travers. Passer par-dessus le temps, oublier ce dernier sang…
M’ouvrir à toi comme tu t’ouvres à moi, pousser toutes les portes qui nous emmurent, me dire et te dire que rien n’est infranchissable.
Me libérer des entraves que la morale enchaîne et traîne si facilement
Te laisser dévoiler l'étoffe qui me couvre pour redécouvrir mes courbes et cheminer d’abord doucement, de tes doigts légers comme une caresse du vent...
Ouvrir ma bouche, lentement. Lui offrir à nouveau la douceur de la tienne, sa langue habile qui l’a tant de fois affolée.
Ouvrir mes lèvres frémissantes de crainte d’une douleur possible, d’envie renaissante aussi. Laisser mon ventre s’apprivoiser à nouveau puisqu’il le faut…
Oui, j’ai envie de toi en fait, de partager un petit bout de présent, un cadeau entre demain et hier. Après avoir fait tomber ces barrières qui me gênaient, j’ai envie d’écrire ces mots rien qu’à nous… ça fait trop longtemps que je n’ai plus pensé « nous » !
Je suis tant de fois devenue transparente, je me mirais dans des miroirs factices, les yeux des ombres passantes qui venaient s’abreuver de moi.
Besoin, envie, désir, tout se mélange et se bouscule sur le seuil de mes pensées...
Seras-tu doux ?

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Cher toi,
Je suis si fermée que je voudrais que tes mots écartent encore mes réticences.
M’ouvrir comme ce soir car j’ai envie d’être juste moi, parce que c’est à toi que je m’adresse, pas à je ne sais quel fantasme.
Tu regardes mes images, je le sais…
Je sens que l'inspiration te titille ou je me trompe ?
Peut-être sont-ce les prémices d’une lettre qui chatouillent ta plume ou bien juste une idée qui ne concerne que nous… ?
Voilà que je me surprends à rêver de cette lettre car je n’ai si souvent eu que le bonheur de te lire et te relire.
Décacheter cette enveloppe virtuelle, m’enivrer de graphes choisis, de mots colorés qui se crient au cœur de la nuit et se répètent à l’envi, s’adoucissent à la lumière du soleil.

Cher toi,
Je ferme.
Je te laisse un moment mais ne t'y trompe pas, pas très longtemps car je n'ai que ma vie et c’est bien peu. Je compte t'accaparer égoïstement et viscéralement pour vivre encore les mêmes sourires.
Nous n’avons pas le temps, jamais, et ce temps que nous avons parfois, je veux le saisir sans concessions, je veux en extirper l’or…

Je t’embrasse.
Et je ne reçois tes baisers virtuels qu’avec la promesse que me souffle le vent : celle de les retrouver un jour ou une nuit.

Cara Mia

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08 avril 2008

Elles

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Des ombres de silence habillaient parfois mon âme
Je n’entendais plus les feux ni les vents ni les prières
Les froissements de satin sur des corps de fer
Les angoisses dévidaient en boucles sombres leur trame

Puis une douceur tiède vint toucher mon cœur
Je la croisais, elle, au fil hasardeux de mes errances
Elle brisait déjà les silences et les intolérances
Entière et touchante, éternelle Victorieuse des peurs

Tous les maux endormis donnèrent aux mots leur poids
Entre nous, échos et différences pouvaient se blottir
Les murmures se crier, les intrigues se dévêtir
Parfois quelques silences dont nous saisissions la voix

J’ignorais que l’amitié était à l’horizon de ma nuit
Je semais mes cailloux de tendresse ça et là
Elle essaimait sa douce chaleur pas à pas
Ses rires, ses blessures, ses forces, sa Vie

N’oublie jamais qui tu es et ce que tu as bâti
Dans la tourmente, tu étais là et je le suis aujourd’hui

Pour toi, V.

Cara Mia

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04 avril 2008

Un matin...

lumiere

Envie de tendresse,

Envie de caresses,

Envie de Te retrouver,

Ma lumière...

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02 avril 2008

Murmures

A ceux qui me demandent où je suis...

murmures

Pour l'instant, je suis moins ici que ...
Et demain, on verra bien.
Je sourirai peut-être.

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26 mars 2008

Sur un clavier black, blanc, blues



bbb


Lumières tamisées.
L'atmosphère est ambrée, chargée, capiteuse.
Elle le regarde déposer son single malt sur la table basse du salon. Ses yeux brillants croisent son demi-sourire, limite insolent, remontent sur sa main qui caresse le verre de haut en bas et de bas en haut en un mime suggestif mais quasi-innocent. Lorsque son regard se pose sur sa bouche, une envie violente de lui la submerge comme une lame de fond. Se pourrait-il qu’elle ait rougi ? De pudeur, de chaleur, de désir contenu ? Avec un peu de chance, l'ambiance obscure n’aura pas laissé apparaître ce trouble. Elle s'avance vers lui jusqu'à le frôler, se penche sur la table, lui offrant une vue plongeante dans l'ombre faufilée entre ses seins frémissants. Mutine, elle remue les glaçons qui flottent dans son whisky avec son index, avant de le sucer. Elle lève les yeux sur lui, laissant son doigt s'attarder à la commissure de ses lèvres parées d'alcool. Il la stimule, c'est évident, comme ça, sans bouger... Elle l'attire, c'est plus fort que tout. Chaque mouvement est une promesse d'instants délicieux. Il lui suffit de regarder l’éclat de son sourire qui s’étale, joueur, sur ses dents voraces.
Elle a envie de lécher sa peau, de se faire happer la langue. Apparemment impassible, il va porter à nouveau son verre à sa bouche, mais elle le saisit et sans lâcher prise sur ses doigts, elle boit une gorgée de son whisky, les yeux arrogants plantés dans les siens tout en s’asseyant à cheval sur lui. Elle verse alors elle-même le liquide doré au plus près de sa bouche et en ramasse à petites lampées les gouttes échappées, gourmande, sur la peau à peine râpeuse de son menton. Le contact de son sexe nu sur la toile du pantalon l'électrise complètement. Il place ses mains sur son cul pour la presser contre son désir déjà puissant. Là, dans ce profond et confortable fauteuil de cuir, va-t-il résister longtemps à l'envie de la débarrasser de ce bout de voilage léger ?


Lui, sa queue raide, tendue sous l'étoffe de son pantalon en toile, regarde autour de lui, personne ne leur prête attention, il en est presque déçu... Il remonte le tissu de sa robe découvrant sa chatte finement épilée et son cul déjà ouvert...
Il trempe son index dans son malt, le gorgeant du breuvage écossais, puis portant ce dernier à la bouche gourmande de sa belle.
Celle-ci, suce, lèche le doigt comme si elle s'emparait du fourreau de son sexe, goulument et joyeusement...
Son sexe, déjà humide, se frotte contre le pantalon sur la cuisse dure et musclée.
Elle sentait monter en elle, les prémices d'un orgasme, fort, intense.
Elle voulait sentir sa queue en elle, là maintenant, de suite.
Elle déboutonne le pantalon de son amant, en un tour de main, faisant jaillir l'objet de ses désirs au plus haut de sa forme...
Soulevant son bassin, elle s'empale presque doucement sur la saillie princière et ne peut réprimer un gémissement lascif.
Alors qu'elle commençait à bouger sur lui, certains convives de l'endroit les remarquèrent, et se rapprochèrent du lieu du débat.
Elle toute à son plaisir, ses yeux verts presque mi-clos, ne s'était rendue compte de rien.
Lui, encore plus excité, fit glisser son bustier sur ses seins nus.
Une main inconnue glissa doucement le long de son dos...

Sans même tourner la tête, elle avait reconnu une caresse féminine, sa douceur, sa légèreté… Le regard de son amant se fit plus vorace en croisant celui de la jeune femme derrière elle puis le sien. Acquiescement muet, immersion dans les vapeurs d’alcool et d’envies qui les tenaillent. Lui, son sexe bandé s’épaissit encore. Elle, devient fiévreuse, accélère la cadence. Elle aime avoir prise sur son plaisir, elle accepte la main inconnue sur ses seins tendus, elle lui en offre la sensation décuplée, elle ne s’offre qu’à lui,  elle l’aime... L’autre femme s’est emparée de sa bouche à elle, mordillant doucement ses lèvres, puis y plongeant avec avidité, déglutissant sa jouissance montante. Lui, salive de ce feu communiqué à tout son corps, se mord les lèvres. Ses yeux glissent sur les courbes de son amour, de la femme en miroir qui la rend plus belle encore, double et comblée. Puis il considère dans un rapide coup d’œil les hommes qui les observent, qui les violent de leurs yeux concupiscents. Il pense à ces sexes gourmands qui se tendent forcément dans des murmures feutrés, qui se rapprochent lentement d’eux, d’elles. Il a tant de désirs, elle a tellement de désirs… Elle se déchaîne sur lui, elle sait que les peaux peuvent bien se mélanger, lui seul la possèdera. Elle seule le fera jouir.

Les mains de la jeune métisse caressent la pointe de ses seins, pendant que lui la prend avec encore plus de force.
Les bouches des deux femmes scellées l'une à l'autre dans un long baiser sensuel, leurs langues emmêlées, se mordillant les lèvres pour mieux se goûter...
Elle sent monter en elle, la vague d'un orgasme qu'elle va lui offrir.
Lui enfoncé dans le cuir de son siège, la maintenant tout contre lui, dévalant des yeux les courbes de son corps qui se soulèvent au rythme des spasmes secouant tout son être.
La jeune black, dévoilant sa poitrine soyeuse pour y nicher son visage grimaçant d'un plaisir intense... tous ces hommes cachés dans la pénombre regardant cette union, ce trio comme échappé d'une réalité figée dans des convenances moralisatrices et réactionnaires.
Le cri de plaisir qu'elle poussa quand il gicla au fond d'elle emporta tout sur son passage...
Le silence des soupirs referma la porte à peine entrouverte.
Quelques instants plus tard tous trois avaient disparu...

Elle et Lui

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24 mars 2008

Plaisir d’un des sens

chocolat2


« Le chocolat est bien évidemment la matière dont sont faits les rêves.
Des rêves riches, noirs, soyeux et doux qui troublent les sens et éveillent les passions » (Judith Olney)

Délectable frisson sous les papilles
Du bout des doigts, étaler, dégouliner,

Du bout du nez et des lèvres, sentir la volupté chocolat
Finesse caressant le palais rose des jeux
De saveurs inégalées, chaque sens en veut

Délice lointain des mille et une nuit
Mille et un voyages peuvent l’échouer au lit
De nos ébats odorants, onctueux, veloutés
En bain de plaisir aux supports variés

Avec ce noir, amer, profond comme la nuit
Ou ambré, doux, constellé de délits
Tu peux redessiner sur ma peau offerte à tout
Des trajets gourmands pour ta langue de sioux

Et puis déguster ses chauds effluves à l’aurore
D’un matin câlin qui succède à l’embrasement des corps
Partager en un regard coquin un souvenir sensuel
Où des formes exquises s’enrobent, se fondent, se mêlent

Cara Mia

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21 mars 2008

Offrande

rose
Photo Stefan De Lay


A l'annonce du printemps...

Mon écrin carminé renfermant une fleur si fragile s’ouvre devant toi et déjà tu gémis. Tu souris, un peu gêné devant ce cadeau inattendu, offert si effrontément.

Pour l’instant, seul ton regard le caresse de façon appuyée. Certaines y verraient un regard indécent mais moi j’en fais un jeu : je veux voir combien de temps tu vas réfréner le désir d’y poser ta bouche affamée. Maintenant, ta lenteur inattendue m’excite encore plus : gêne, peur, scrupule ou simplement faire durer le plaisir de l’attente ?

Aucun poil entre toi et moi, juste cette tension sexuelle (textuelle, me direz-vous ici…) qu’on pourrait presque saisir.

Mon intimité exhibée, j’imagine, un court instant que tu y décèles un défaut, une aberration dans la lumière crue et que tu fermes les yeux pour ne plus me voir. Je commence à resserrer mes cuisses quand, tes yeux dans mes yeux, tu approches tes lèvres des miennes et souffle doucement sur ces pétales offerts au cœur desquels un bourgeon rosé se tend déjà vers toi, gonflé de désir.

Tu décides enfin de fouiller de ta langue ces abysses brûlants afin d’atteindre cette perle érectile que tu as entrevue.

Abandonnée, tremblante du désir d’être fouillée, léchée, aspirée, jusqu’à l’extase, mes mains emprisonnent tes cheveux avec impatience. J’aime ton avidité perfide, la façon dont tu joues à effleurer puis dévorer alternativement, le manque total de décence de ta faim de moi. Vas-tu boire tout ce fluide ou venir en répandre un peu sur mes autres lèvres lorsque le plaisir m’aura soulevée et t’aura repoussé ?

Jamais, plus jamais d’épines entre nous…

Cara Mia

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18 mars 2008

Veiller tard

veiller_tard

Tant de choses à taire... plus de mots.
Je les emprunte :


Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève
La plainte douloureuse d'un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde disparu l'on est face à soi
Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent
Le noir où s'engloutissent notre foi nos lois
Cette inquiétude sourde qui coule en nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies
Ces visages oubliés qui reviennent à la charge
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces paroles enfermées que l'on n'a pas su dire
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris
Ces appels évidents ces lueurs tardives
Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit
Ces solitudes dignes au milieu des silences
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés
Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Jean-Jacques Goldman

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06 mars 2008

Prédatrice

predatrice

A la lueur du jour, je sais et tu as compris
Que je ne peux rien pour ta liberté,
De moi tu ne peux et ne pourras rien posséder
Rien qui ne soit parjure ou compromis

Mais la nuit m’habille de clartés nouvelles

Et je me cavalcade du monde en ruades rebelles…

Incarnant ta sauvage amazone, je m’approche

En conquérante féline de tes jeux sombres,

Dans ma chevelure de lumière qui s’accroche

Des clairs-obscurs sourdent doucement de l’ombre

Je deviens animale et j’esquisse l’éternelle danse

Celle qui m’envoûtera d’une fièvre carnassière

Hypnotiques, mes prunelles oblongues s’avancent

A l’affut, te toisant, appréciant un butin de guerrière

Laisse-moi  t’enlaisser de mes atours ondulant

Je te tiens par le fil capiteux de ma faim

Ce soir tu seras ma proie sans lever ni couchant

Notre étoile dévorera le soleil pour une nuit sans fin

A ma bouche, à mes yeux tu boiras l’enivrant élixir

Le verre d’eau de vert, secret des faunes et des fées

Je dérouterai tes sens par l’absinthe du plaisir

Colorée à l’écorce amère des songes dévoyés

Femelle, je te laisserai deviner mes élans

Ma langue gourmande te promettra des assauts

Des entrailles couvertes d’écume pur-sang

Une chevauchée jusqu’à plus soif de sueur et d’eau

Sous le clair de terre, dédier à la lune mon cri de bête

Quand à la pointe d’argent de son doigt inquisiteur

Je fondrai sur toi, rapace, chien et loup en conquête

Le murmure primal du monde chevillé à mon ardeur

Assoiffée de silence, je banderai cette angoisse

Mes râles de plaisir, tes moindres gémissements,

Des corps qui se percutent, des peaux qui se froissent

Je voudrai laisser frémir cette musique, étrangement

Des profondeurs de mes chairs où nichent les orages
Mes feulements surgiront alors en furieux mélange

Dévastant tes oripeaux, je te prendrai enfin, sauvage

Et tu te laisseras envahir, ardent et consentant, mon ange

C’est une larme sans sel, douce et amère,

Un brouillard hors saison qui me réveillera repue,

Un goût métallique et âcre sur ma langue et derrière

Le corps au cœur d’une solitude sans nom, vaincue.

Cara Mia

Note : L'une de mes photos a fini 3ème du concours "Jeux de mains" sur le site Photosensualité, à la demande de certains, je la reposte en noir et blanc. Merci pour vos votes et vos gentils mots. Bisous à tous.

jeux_de_mains

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03 mars 2008

Tatoo heure

tatoo_heure


"Pique-moi encore !"
"Tatoue-toi sur ma peau, dans mes chairs !"
La morsure de l’aiguillon qui va et vient autour du motif me rappelle celle de tes dents. Tour à tour tendres, agaçantes et cruelles. Libérant des milliers d’insectes vibrant jusqu’au creux de mes reins
, la douleur est douce, entêtante, envoûtante…
Je rêve déjà à ce soir.

Lorsque ma peau apaisée aura retrouvé le chemin de tes doigts, je dévoilerai alors à tes yeux surpris, le motif gravé à tout jamais dans l’intimité de mon corps. Je te dirai comment son avènement m’a fait penser à toi, comment ses multiples contours, pleins et déliés ont attendu la pulpe de tes doigts et le nectar de ta langue, sillon incisif, sel sur la plaie, baume de douce heure...

"Tatoue-moi à ton tour ! "
Use de dards doucereux, de mélodies bourdonnantes, de marbrures sinueuses. Empreinte-moi de moiteurs parfumées pour compléter l’ouvrage.
Un souffle frais du bout des lèvres surlignera ta signature.

Cara Mia

Merci à la belle et talentueuse Narracoeur pour son intervention sur ma photo.

Posté par Cara Mia à 00:11 - Ecumes - Commentaires [43] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 février 2008

Alchimie